12.03.2012

La nouvelle croisade de Schwarzie

Text by Doryan Givel
Mercredi passé il y avait foule à  l'Université de Genève pour assister à  une conférence sur le climat et l'économie. La raison en était simple : Arnold Schwarzenegger, ambassadeur vedette un peu bling-bling, était venu défendre son nouveau combat contre le réchauffement climatique et présenter son organisation, le R20 (Régions 20). Mais derrière cette figure emblématique qui attire forcément le regard du public, quels sont les enjeux de cette initiative et les nouvelles solutions qu'apporte ce type d'organisation régionale ?
« N'attendez pas que les gouvernements fassent le travail pour vous ! », a insisté Arnold Schwarzenegger (photo : newsnetz.ch)

Après les échecs des conférences de Copenhague en 2009 et Durban en 2011, on pourrait penser que les efforts internationaux de lutte contre le réchauffement climatique sont au point mort. Cependant, d’autres formes d’accords pour promouvoir et mettre en réseau des moyens régionaux de développement des énergies renouvelables se mettent en place. Le R20 en est un ; cette organisation non gouvernementale n’entend pas attendre les États pour agir. Actuellement 24 régions du monde entier en font partie et à  terme, l’organisation espère atteindre le cap de 200 régions et gérer plus de 100 milliards d’investissements sur 5 ans.

 

Le niveau d’action choisi par le R20 est intéressant car c’est à  l’échelle régionale que les décisions les plus importantes en termes d’aménagement du territoire sont prises au sein d’un État. Ce sont donc les municipalités et les gouvernements régionaux qui s’engagent à  faire des efforts pour tenir compte des problématiques environnementales dans leurs prises de décisions. Le R20 apporte une plateforme de soutien qui permet de faire circuler les idées et les projets en mettant en contact les investisseurs privés et le secteur public.

 

Arnold Schwarzenegger n’en est pas à  son coup d’essai ; en tant que gouverneur il avait déjà  profondément transformé la Californie, au point que cet état est devenu le pôle de développement des énergies vertes aux USA. Et comme il aime à  le rappeler, la Californie est la 8ème économie mondiale, ce qui montre bien le poids que les régions peuvent représenter en marge des pays. C’est de cette expérience qu’il a tiré l’envie de s’engager au niveau mondial pour fédérer des régions autour de cette croisade en faveur des énergies vertes. Mais « Governator » se défend d’être un culpabilisateur ou un moralisateur, il aimerait rendre la cause verte sexy et attractive d’un point de vue économique. Il se vante même de rouler en Hummer consommant du biocarburant.

 

Son message est donc qu’il ne faut pas voir les énergies vertes comme un retour en arrière, mais comme des nouveaux moyens d’assurer le niveau de vie des pays développés en consolidant leurs économies. Il s’agit aussi de permettre aux pays en voie de développement de continuer à  croître sans commettre les erreurs que l’on a pu faire et devenir complètement dépendants du pétrole ou du charbon. Ces énergies sont en effet de véritables gouffres économiques dévastateurs pour la balance commerciale des États qui doivent les importer. Alors qu’utiliser cet argent pour investir dans la production locale d’énergie verte pourrait créer des emplois au sein des régions qui développent de telles technologies.

 

Le R20 et son ambassadeur de choc sont donc une initiative de plus qui permettra peut-être de faire avancer le changement de mentalité dont le monde a besoin pour faire avancer la cause écologique. Mais Schwarzie tient aussi à  véhiculer un message plus universel de prise de conscience individuelle. « N’attendez pas que les gouvernements fassent le travail pour vous ! »; car les choix des particuliers dans la vie de tous les jours seront toujours une des plus grandes forces pour lutter contre le réchauffement climatique.

 

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