06.03.2012

La démocratie en question à  la Chaux-de-Fonds

Text by Lena Würgler | Photos by Lena Würgler
Le samedi 3 mars, sous une tente montée au centre-ville, le Service de la Jeunesse de la Chaux-de-fonds a organisé une manifestation invitant toutes les générations au débat et à  la réflexion sur la démocratie helvétique.
Plusieurs de ces stands leur offrent la possibilité de partager leurs idées sur un mur d'expression.
Immagine: Lena Würgler

Par cette journée ensoleillée, en allant faire ses courses au marché ou en se promenant simplement sur la place de la Carmagnole à  la Chaux-de-Fonds, les passants s’arrêtent un instant, intrigués par la grande tente montée à  cet endroit. Sous cette dernière se tient un événement inédit, mis sur pied par les animateurs du Service de la Jeunesse. Les badauds y découvrent différents stands interactifs visant à  se questionner sur la démocratie, sur le pouvoir de chacun au niveau national aussi bien que communal, ou encore à  l’échelle de son quartier. Plusieurs de ces stands leur offrent la possibilité de partager leurs idées sur un mur d’expression, ils peuvent coller un post-it sur lequel ils écrivent ce qu’ils souhaitent changer ou ce dont ils rêvent. Juste à  côté, ils peuvent former les phrases qui leur passent par la tête avec des mots magnétiques. Un vidéomaton leur permet de partager leur pensée devant une caméra, s’ils en ont envie. Enfin, une tribune libre offre la possibilité à  quiconque le souhaite de venir défendre, haut et fort, une opinion spécifique. Un peu provocatrice, cette dernière restera inutilisée ce jour-là .

 

D’autres stands visent à  enclencher la réflexion autour des possibilités d’action et d’influence de chaque citoyen, à  tous les niveaux (ville, canton, état) de la vie politique, mais aussi sociale ou économique. Une maquette géante, constituée d’éléments en carton, permet à  chacun de construire son propre quartier idéal, en plaçant les pièces (hôpital, végétation, école, habitations, etc.) selon ses propres désirs. Sur une table plus loin, enfants comme adultes sont invités à  répondre à  des questions traitant de la Suisse sur un jeu de plateau. Les organisateurs de la Marche du 1er mars (fête de l’Indépendance neuchâteloise) tiennent aussi un stand commémoratif de la révolution. D’autres espaces ont pour but, eux, de rendre l’endroit convivial, accueillant et appétissant. À l’entrée de la tente sont servies de la soupe gratuite, des salades et des saucisses. Les boissons sont vendues à  l’intérieur, près de la dizaine de tables montées pour l’occasion. De la musique d’ambiance remplit l’espace.

 

Un coin média est prévu pour prendre le pouls des citoyens. Sur un écran sont diffusées les photos et les commentaires de personnes interrogées lors de « micros-trottoirs », de petits interviews filmés. On peut aussi y voir les photographies des phrases marquantes écrites sur le mur d’expression. En général, il ressort de la majorité de ces interviews, visibles en intégralité sur le site de la manifestation (www.demarche-participative.ch), que la démocratie directe est bénéfique, car elle offre le droit de vote, une chance que tout le monde n’a pas ailleurs. Toutefois, beaucoup soulignent la lenteur et le manque de réactivité de la politique suisse ainsi que la complexité du système. Enfin, certains avouent ne pas voter principalement en raison d’un manque d’intérêt pour la majorité des sujets soumis à  l’avis du peuple.

 

Tout à  fait novateur et original, ce concept a plu à  ceux qui l’ont découvert. Mais son impact serait plus fort si, comme lors des votations, la participation était plus importante. Nul doute que ce sont le soleil et les vacances scolaires qui ont éloigné les habitants de la Chaux-de-fonds loin de leur ville.

 

 

 

 

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