09.01.2012

Kiss-in contre l’homophobie

Tout le monde a connu, pendant ses études, "la tapette du collège". Celui qui a osé faire son coming out ou qui est tout simplement efféminé et incompris. L'homophobie dans les préaux est un fléau... pour les personnes concernées. Car pour les autres, il s'agit d'un sujet de divertissement, de moquerie. Le phénomène est généralisable aux deux sexes, mais il est toutefois accentué chez les garçons, plus attachés à  leur masculinité.
"Ca te pose un problème ?" (image: www.onlyphotos.org) Kiss-in contre l'homophobie à  Bruxelles (image: www.lesoir.be)

Ce constat a notamment été fait par Haidar Hussain, homosexuel affirmé de 14 ans. Il ne fait pas son âge quand il défend sa cause devant le Conseil de Jeunes de Lausanne. Pour lui, ces insultes sont dues à  un manque d’information dans les écoles, une incompréhension de la différence. Il a été entendu, et depuis plus d’une année, les autorités compétentes essaient de palier au problème.

 

Le projet est qu’un cours de 2 à  3 heures soit donné par des professionnels en cinquième et huitième année. Jusqu’à  présent, il y avait la prévention sur le SIDA, les drogues, les dangers de la route, etc., mais rien sur l’homophobie, qui fait pourtant des ravages psychologiques. Tous perdent confiance en eux, certains envisagent même le suicide. Surtout qu’à  l’adolescence, période de chamboulements mentaux, la lutte contre la différence est déjà  rude.

 

L’homophobie est une forme de racisme encore plus destructrice que les différences ethniques. La personne homosexuelle n’a pas forcément de modèle auquel s’identifier ni de réelle compréhension de la part de son entourage. Elle ne partage pas cette différence avec ce dernier, par opposition à  la couleur de peau, par exemple.

 

Il est donc indispensable qu’une éducation sexuelle au sens large soit développée dans les écoles, dès le plus jeune âge. C’est le rôle que tient Elisabeth Thorens-Gaud depuis que le projet a été lancé en 2010. Avec un leitmotiv : l’homosexualité n’est pas une maladie, ni un choix, mais des sentiments entre deux personnes de même sexe. Elle parcourt les écoles, son livre éducatif “Adolescents homosexuels, des préjugés à  l’acceptation” sous le bras. Elle a aussi créé en parallèle l’association Mosaic-info qui a pour but de sensibiliser aux discriminations homophobes.

 

L’acceptation de l’homosexualité dans notre monde est encore loin d’être naturelle. Pas uniquement dans le domaine scolaire. Des écoles primaires, par exemple en Suède, confrontent très tôt les enfants à  un environnement social inhabituel. Les jouets sont unisexes, les préjugés prohibés et les livres mettent en scènes des familles recomposées, par exemple. A quand de telles initiatives chez nous ?

 

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