21.11.2011

De la Blindekuh au Runway

Text by Myriam Blal | Photos by © Sarah Blal
Mettez vos mains sur ses épaules et laissez-vous guider.
Immagine: © Sarah Blal

Une statue de vache colorée à  l’extérieur, une entrée cosy et un accueil souriant, mais nous voilà  déjà  démunis de tout effet personnel à  faire la queue leu leu derrière notre guide. Nous traversons un épais rideau de velours qui caresse nos yeux clos et soudain c’est le néant.

 

Le noir complet, pas une lueur d’espoir, nous venons de perdre la vue.

 

Sur le chemin qui nous amène à  notre table, nous avançons à  tâtons dans une atmosphère qui semble particulièrement bruyante tout à  coup. Du bois froid, cela doit être la chaise. Une nappe en coton, des couverts, un verre et en tendant les bras au maximum on arrive à  toucher du bout des doigts la personne qui nous fait face. Le menu était affiché à  l’entrée, mais il n’avait malheureusement pas retenu notre attention.

 

Entrée, plat et dessert se succèdent. On en devine les saveurs, on en décortique les goûts. Soupe de potiron, de la chasse avec son accompagnement sucré-salé et une glace vanille aux fruits rouges tièdes à  déguster sans cuillère. Les bonnes manières ont été laissées au placard, on se débrouille comme on peut pour trouver les aliments sur l’assiette.

 

Après cet interlude reposant pour certain et angoissant pour d’autres, nous retournons à  la lumière, qui paraît tout à  coup bien agressive.

 

La suite de la soirée se déroule dans une ambiance totalement opposée. D’un coup de bus, nous nous retrouvons au Puls 5: aux Fashion Days zurichois. Ici, ce sont les flashs, le luxe et le paraître à  outrance qui nous attendent. Dans un hangar particulièrement fashion une fois que toute la jet-set a pris place sur de petits strapontins en plastique, le show peut commencer. Les jeux de lumière n’en finissent plus, accompagnés d’effets sonores, de musique et de mannequins filiformes aux vêtements colorés délicieusement rétro.

 

Des designers suisses reconnus côtoient la jeune génération qui espère devenir le/la futur/e stagiaire de Roberto Cavalli, le grand invité de cette soirée. Entre avant-première de la saison été 2012 et discours de ces invités glamours, le temps file à  tout vitesse.

 

Une dernière ovation à  la collection Just Cavalli, une symphonie de flashs et de lumières.

 

Puis, plus rien. Les micros se taisent, les journalistes s’en vont et les sourires forcés s’évanouissent. Il est temps de quitter la scène, de se réveiller de ce monde de paillettes qui le temps d’un instant paraissait si proche, si accessible.

 

Retour à  un froid glacial, une course en taxi bien trop chère et un appartement mal isolé. Un passage de l’ombre à  la lumière et inversement ou le récit d’une soirée aux extrêmes.

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