21.03.2011

Fumer moderne

Venue tout droit de la Chine, elle vient remplacer la cigarette traditionnelle en lui subtilisant son apparence, mais l'intérieur change complètement.
La cigarette électronique © LCI

En effet, ce n’est plus du tabac, mais une batterie, un microprocesseur et une capsule que renferme l’e-cigarette. Distillant de la vapeur à  travers une recharge aromatisée (contenant de la nicotine ou non) à  la place de la traditionnelle fumée, elle est en train de faire fureur en Suisse. De plus, elle permet de vapoter (équivalent de « fumer », provient de vapeur) dans les lieux publics. Mais quelles conséquences entraîne-elle ?

 

Santé

En ce qui concerne la santé, les cigarettes électroniques sont évidemment moins dangereuses que les traditionnelles, car l’utilisateur inhale de la vapeur d’eau et de la nicotine aromatisée. Adieu les produits toxiques, cancérigènes, herbicides et corrosifs ! Néanmoins, la dépendance liée à  la nicotine est persistante et, vu que le dosage est réglable, beaucoup sont tentés d’augmenter les taux de manière considérable.

 

Aide au sevrage

Par contre, ce genre de cigarettes pourraient être utilisées pour aider au sevrage, car il est plus facile de gérer le dosage et de le diminuer progressivement. En revanche, la personne doit être complètement déterminée si elle tient à  pouvoir arrêter, puisque la tentation est plus forte à  cause de la possibilité de fumer partout, lieux publics compris. Il faut aussi savoir que le CIPRET (centre d’information pour la prévention du tabagisme) ne considère pas la cigarette électronique comme une aide au sevrage en arguant que « leur composition est peu claire, surtout lorsqu’il s’agit de produits importés ».

 

Dérangeant / Provocant

L’e-cigarette ne produit aucune odeur et fumée, c’est ce qui autorise son apparition dans les lieux publics. Évidemment que le lobby anti-tabac a vivement réagit à  cette tolérance, la loi interdisant de fumer, c’est-à -dire de consumer un objet pour en avaler la fumée. Selon un test effectué par Le Matin (jeudi 10 mars), d’autres personnes font mines d’être dérangées et de trouver cela provocant. Le ridicule ne tuant pas, des « … mouvements faisant mine de chasser une odeur … » ont été faits dans les transports publics, alors qu’aucune odeur n’est dégagée de la cigarette. Ceci prouve que les gens ne sont pas encore habitués aux vapoteurs.

 

Industrie du tabac

Quant aux entreprises de cigarettes, elle trouvent enfin un concurrent de taille, après avoir résisté aux nombreuses enquêtes sur la toxicité des « clopes » et à  l’interdiction de fumer dans les lieux publics. En plus, au vue de l’engouement provoqué par l’e-cigarette, il est certain que l’industrie du tabac va payer cher, car le consommateur a vite fait de rentabiliser son acquisition technologique  (~100.- CHF la cigarette rechargeable / ~1.30 CHF la cartouche, équivalent de 10 cigarettes traditionnelles).

 

Au final, le consommateur paye moins cher, pour un produit de substitution bluffant évitant les produits cancérigènes qui, de surcroit, est utilisable partout. Cependant, celui-ci devra tout de même faire face à  des parfums légèrement trop sucrés selon Femina (13 mars).

 

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