14.01.2011

Comment protéger les enfants?

Les chatrooms deviennent la cible privilégiée de délinquants sexuels. Selon l'Office Fédéral de la Statistique, 94% des 14-19 ans utilisent régulièrement Internet. Les chatrooms deviennent donc la cible privilégiée de délinquants sexuels, qui utilisent ces forums de discussion pour attirer leurs victimes. L'un des groupes de travail (durant la session des jeunes de novembre) a mené une réflexion sur ce thème sensible mais plus que jamais d'actualité.
Groupe de discussion à  la Session des jeunes

Comment expliquer la pédophilie? De l’avis général du groupe, la pédophilie est une maladie. Les experts présents exposent toutefois un autre point de vue: selon eux, il s’agit surtout d’une orientation sexuelle. L’un d’eux explique que pour la majorité des pédophiles, il est difficile d’avoir un bon contact avec le monde adulte; ils se sentent affectivement plus proches des enfants.

 

 

En Suisse, la pédophilie est interdite par la loi; alors souvent, selon les experts, le pédosexuel qui se rend compte de son orientation cherche à  se libérer du poids qu’il ressent et se tourne alors vers Internet, car il se sent à  l’abri derrière son écran. Il s’engage ainsi dans une spirale qui le poussera à  passer à  l’acte, en regardant des films à  caractère pédophile sur le net, puis en prenant contact avec des enfants via des chatrooms.

 

La prévention avant tout

 

Vient alors la question de la prévention et de la répression de la pédophilie sur le net. Un problème se pose: dès le 1er janvier 2011, la police n’aura plus le droit de procéder à  des «enquêtes cachées» pour démasquer les comportements pédophiles dans les chatrooms. Cette méthode avait pourtant prouvé son efficacité: des cyberpoliciers, sous couvert d’une fausse identité virtuelle, se faisaient passer pour des enfants sur les forums de discussions afin de surveiller et même d’appréhender les pédophiles qui sévissent sur la toile.

 

 

Un autre problème est la procédure beaucoup trop longue engagée par les victimes d’abus sexuels. Le groupe souligne également qu’il manque de centres d’information et d’accueil pour ces victimes, mais aussi pour les pédophiles. Des structures plus nombreuses et plus accessibles pourraient permettre aux personnes à  tendance pédosexuelle de parler de leur orientation affective et ainsi de diminuer les risques de passage à  l’acte. La priorité est donc l’amélioration de la prévention et de l’accompagnement des victimes.

 

Castration – peine légitime ou atteinte à  l’intégrité?

 

L’une des grandes questions abordée est celle de la castration. Est-il possible de l’imposer aux pédophiles récidivistes? Les jeunes reconnaissent qu’il s’agit d’une atteinte grave à  l’intégrité de la personne. De plus, qu’elle soit physique ou chimique, la castration n’apporte parfois pas une solution définitive aux pulsions sexuelles ressenties par les pédophiles. Il arrive qu’elle ne suffise pas car, si la pulsion physique peut disparaitre avec un tel traitement, l’attirance affective pour les enfants et parfois même le sadisme sont ancrés dans le caractère de la personne.

 

 

Concernant les mesures de répression, le groupe s’indigne du fait que, dans certains cas, seule une condamnation avec sursis avec une peine pécuniaire est prononcée. De l’avis de tous, il faudrait augmenter la durée des peines et ne plus limiter la peine maximale à  cinq ans de prison, tout en instaurant un suivi psychologique systématique pour les délinquants sexuels.

 

Des revendications concrètes

 

Aux termes des discussions, l’objectif du groupe était de présenter une proposition concrète qui serait soumise au vote lors de la séance plénière de la Session des jeunes. La proposition rédigée demandait ainsi la prolongation de la durée des peines privatives de liberté en cas de pédosexualité, ainsi que la suppression des peines pécuniaires qui se substituent parfois à  la prison. Ils estiment aussi que le criminel récidiviste doit choisir entre la castration ou la prison à  vie, avec consultation d’un comité d’éthique. L’enjeu est alors de ne pas remettre en liberté les pédosexuels qui présentent un risque élevé de récidive, en procédant à  une analyse psychologique systématique pour chaque détenu.

 

 

Le renforcement de la prévention est un autre pilier du projet rédigé: les jeunes, qui se sont fortement opposés à  l’interdiction des «enquêtes cachées», demandent que des moyens soient accordés à  la police afin qu’elle mène des actions préventives efficaces.

 

Le dimanche, le projet sur le thème «Chatrooms et pédophilie» a été accepté avec un succès mitigé;  saluons tout de même les jeunes qui ont analysé avec beaucoup d’attention ce sujet délicat et complexe à  traiter.

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