02.10.2010

Nouveau moteur de recherche

Saviez-vous qu'un moteur de recherche Internet pouvait causer des dégâts à  l'environnement ? Dans le cadre de l'Action 72h, un groupe de jeunes s'était intéressé au moteur de recherche écologique Ecosia. Ils présentent ici le résultat de leur travail.
Image: http://ecosia.org/share.php

Du jeudi 9 au dimanche 12 septembre, dans le cadre de l’Action 72h, notre groupe a reçu la mission de « découvrir et faire connaître une association, une Š«uvre ou une problématique d’intérêt public ou écologique ». Pour ce faire, nous devions créer une plaquette publicitaire, passer à  la radio à  l’émission « On en parle » de la RSR le lundi 13 septembre, et rédiger le présent article de journal.

 

Nous avons choisi de nous pencher sur le moteur de recherche Internet Ecosia. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une association, ce site est d’un intérêt écologique certain. En effet, il a été créé dans l’unique but de protéger la forêt amazonienne. Comment est-ce possible, me direz-vous ? Tout simplement en reversant le 80% des revenus générés au WWF, qui les investit ensuite pour entretenir et agrandir le Parc National Juruena, au Brésil.

 

Choisir un thème était la partie la plus facile. De la Suisse jusqu’en France, en passant par l’Allemagne, il a fallu trouver un moyen de contacter les principaux intéressés ainsi que leurs associés, Ecosia et le WWF. Après avoir récolté suffisamment d’informations, nous nous sommes lancés dans la création de notre plaquette publicitaire, aux couleurs de l’écologie. Nous y avons présenté en quelques lignes, le moteur de recherche Ecosia, ce que nous allons répéter ici, mais en plus approfondi.

 

Ecosia a été créé en décembre 2009 par l’allemand Christian Kroll. Comme tout moteur de recherche, celui-ci tire ses revenus de « liens sponsorisés ». Les détenteurs de ces liens payent le moteur de recherche pour qu’ils soient mis en valeur dans les résultats de la recherche. En moyenne, chaque clic sur un lien sponsorisé rapporte 0.13 centimes d’euro à  Ecosia.

 

Au final, seuls 2% des recherches rapportent de l’argent au moteur, mais ces 2% ont déjà  mis 100’000€ à  la disposition du WWF, ce qui a permis de protéger 16’000hectares de forêt en moins d’une année. Le tout sans que personne n’ait eu l’impression de débourser un franc. En effet, Ecosia remplit tout simplement ses fonctions de moteur de recherche, tant du point de vue de l’internaute que du détenteur d’un lien sponsorisé, avec le petit plus que l’argent ne part pas dans les poches de M. Kroll, mais dans les poumons de notre planète.

 

Cependant, du point de vue des Internautes, les avis restent mitigés. D’une part, très peu de gens connaissent Ecosia. Nous avons effectué un petit sondage et, tant dans les classes et familles des membres de notre groupe que parmi les utilisateurs de Facebook, seulement un très petit nombre de personnes avait entendu parler de ce site. D’autre part, Ecosia ne propose pas de système de recherche d’images, de plans ou d’actualités en direct, comme le fait par exemple Google. Aussi, si Ecosia suffit amplement pour les recherches générales, il faut parfois malgré tout faire fi de ses convictions écologiques et avoir recours au géant de la recherche Internet.

 

Néanmoins, une recherche sur Google n’expédie pas moins de… 7 grammes de CO2 dans l’atmosphère ! Ce chiffre aberrant est avancé par le Dr Alexander Wissner-Gross, de l’Université de Harvard. Cette consommation est principalement due aux multiples serveurs qu’utilise le moteur pour générer ses résultats de recherche. Ces machines, fonctionnant 24heures sur 24 et sollicitées par le moindre clic d’un Internaute curieux, que ce dernier soit positionné à  Tombouctou ou à  Dublin, sont extrêmement gourmandes en énergie. Et qu’en est-il d’Ecosia ? Bien que le moteur se vante du fait que ses installations propres fonctionnent à  l’énergie verte, nos investigations personnelles nous ont amenées à  relativiser les choses. En fait, Ecosia utilise les serveurs de Bing et de Yahoo pour générer ses résultats de recherche. Or, ces derniers ne prêtent aucune attention particulière à  l’écobilan de leurs installations. Ecosia lui-même ne fait que la présentation des résultats de la recherche, et la quantité de CO2 dégagée n’est donc qu’un tout petit peu moins élevée que pour une recherche avec un moteur « normal ».

 

Il y a donc du vert et du moins vert dans le fonctionnement d’Ecosia. Mais le bilan global reste très largement positif. En effet, le réinvestissement des bénéfices dans la protection de la forêt amazonienne est extrêmement favorable à  l’environnement. Quant aux émissions de Co2, elles sont en quelques sortes inévitables, car l’Internaute a bel et bien besoin d’effectuer sa recherche. Autant, alors, qu’il utilise un moteur compensant ses émissions. Il ne s’agit bien sûr pas d’une manière de sauver la planète, mais d’un petit plus écologique à  disposition des Internautes.

 

Cependant, aux yeux de beaucoup, ce petit geste vert semble négligeable. Nous tenons cependant à  rappeler que, sur le long terme et en s’y mettant à  plusieurs, cela peut faire une grande différence. En effet, si seulement 1% des Internautes utilisaient Ecosia, cela permettrait de protéger annuellement l’équivalent de la superficie helvétique dans la forêt amazonienne. Pour mémoire, notre pays fait quand même un peu plus de quarante mille kilomètres carrés.

 

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