04.09.2010

Témoignage du cardiopathe

Text by Natacha Duran
Natacha a recueilli ce témoignage poignant et bouleversant par le nombre d'erreurs commises sur ce jeune patient. A lire!

La mère du cardiopathe:

 

Mon fils est né avec une grosse cardiopathie, en trois jours il a subi deux opérations : la première a raté, la seconde a réussi.

 

Quand il a eu 18 mois, il a subi une grosse chirurgie qui a duré 9h car on lui a refermé le cŠ«ur.

 

En 1996, alors qu’il avait  huit ans, il s’est fait de nouveau opérer mais ça ne s’est pas bien passé. Les médecins ont décidé de le rouvrir sans nous prévenir, mais mon mari est arrivé au moment où ils le sortaient des soins intensifs. Il leur a demandé ce qu’ils faisaient et ils lui ont répondu seulement parce qu’il a insisté : « ils devaient le rouvrir mais ce n’était pas grave. » Mais après les médecins ont nié avoir rouvert notre fils, ils disaient qu’on avait tout inventé. Nous avons tellement insisté pour qu’on nous dise la vérité que des médecins, pas ceux que nous avions vu jusqu’à  présent, nous ont dit qu’il avait bien été rouvert parce que le fil qui tenait le cathéter dans le cŠ«ur ne s’enlevait pas ; alors qu’il est sensé s’enlever facilement…

Nous avons aussi appris que notre fils était tombé de son lit parce qu’ils avaient oublié de remonter la barrière de sécurité et

une des infirmières m’a dit qu’ils avaient fait pleins d’erreurs avec mon fils, comme celle de se tromper de médicaments mais je n’ai pas eu envie d’en savoir plus.

 

Trois mois plus tard c’était pire qu’avant l’opération alors nous avons décidé de demander un deuxième avis et nous sommes allés à  Paris à  Necker. Là , on nous a dit qu’ils n’auraient pas fait comme ça, qu’avec eux, notre fils aurait eu moins d’interventions.

 

Huit mois plus tard, Nous l’avons fait opérer dans une clinique : Genolier. Le médecin qui était un chirurgien cardiologue nous a expliqué pourquoi la dernière opération n’avait pas fonctionné, la greffe d’artère n’avait pas été faite correctement. Après cette dernière intervention, notre fils a vécu pratiquement normalement.

 

Le cardiopathe:

 

A  huit ans je sais qu’on m’a opéré, je me souviens qu’ils m’ont mis sur la table d’opération alors que je n’étais pas encore endormi et il y avait une énorme lumière qui me tenait trop chaud, ça me dérangeait. Le même jour, je crois, j’étais sous morphine aux soins intensifs et en fait, ils sont revenus me voir, ils ont discuté entre eux. Ils ont enlevé les freins de mon lit et ils m’ont sorti sans rien me dire. Je leur aie demandé où on allait, ils m’ont répondu que c’était juste un petit contrôle. Mais à  ce moment là , mon père est arrivé. Il s’est énervé et leur a demandé ce qu’ils foutaient mais je ne sais pas ce qu’ils lui ont répondu. J’ai compris que j’allais être réopéré quand je me suis retrouvé dans la pièce avec la lumière qui me tenait trop chaud.

 

A dix-sept ans je me suis fait opéré pour une greffe d’artère, je me suis senti plus encadré, on m’a mieux expliqué ce que j’avais comme problème. Le seul problème que j’ai eu cette fois là  c’est que je n’aimais pas les effets de la morphine et la dose supplémentaire qu’on a le droit de s’auto injecter, j’en avais pas du tout envie et étant donné que les infirmières et les médecins n’ont pas le droit d’appuyer à  notre place, ils m’ont poussé à  bout pour que j’en utilise au moins une.

Alors j’ai fini par craquer et appuyer alors que les goutes de base me suffisaient et ça m’a fait chier.

 

A vingt et un ans on a du me poser un défibrillateur, on m’a bien expliqué à  quoi ça servait, comment ça fonctionnait, comment on allait me le mettre et dans quel recours il allait être utilisé.

Ils ont fait le maximum pour qu’il se voie le moins possible.

Mais maintenant je dois souvent passer par le cardiologue quand j’ai un souci de santé.

 

Quand un soir je me suis mis à  saigner du nez et que le lendemain ça s’arrêtait toujours pas, j’ai été dans une permanence, là -bas on m’a fait mettre une mèche dans la narine.

Le lendemain j’y suis retourné et ça saignait toujours. Alors ils m’ont remis une mèche parce qu’il y avait pas d’ORL disponible. Je suis rentré et la deuxième narine c’est aussi mise à  saigner et la mèche ne retenait pas très bien le sang de mon autre narine, du coup on a appelé la permanence et ils nous ont dit qu’un ORL pouvait me prendre directement.

Cet ORL a regardé et m’a dit que la première narine commençait à  s’arrêter de saigner mais pour l’autre il fallait cautériser. Mais à  cause de mon défibrillateur on ne pouvait pas car il aurait fallu enlever mon défibrillateur pour cautériser. Alors il m’a remis des mèches. Ensuite il m’a envoyé à  l’hôpital au service urgence ORL, ma mère leur a expliqué mon cas et on lui a répondu qu’il y aurait 1h30 d’attente, heureusement ils m’ont pris au bout de dix minutes.

 

Quand l’ORL m’a regardé il m’a fait remettre des mèches mais cette fois pendant trois jours quand j’y suis retourné pour me les faire enlever ça saignait plus et on m’a donné une crème cicatrisante. J’étais très fatigué mais on m’a rien donné à  part du repos.

 

Comme aucun cardiologue ne s’est déplacé pour me voir, alors que les ORL étaient obligés de passer par eux pour le traitement, j’ai décidé avec mes parents de prendre un cardiologue privé.

 

 

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