04.09.2010

Position officielle: M. B. Gruson

M. B. Gruson a accepté de répondre aux questions que tink se posait sur le HUG.
Par Frédéric BISSON

Réponses de M. B. Gruson, Directeur général et Président du comité de direction

 

Généralités

 

1. Est-ce autorisé d’utiliser une jeune patiente pour s’instruire sans demander ni son avis ni celui de ses parents ?

Les HUG sont un hôpital universitaire, la formation des médecins est donc l’une de nos missions. Celle-ci intervient à  de nombreux moments, même lors de la visite où le médecin responsable est entouré d’internes, d’infirmières, du responsable de l’unité, etc. Cela peut représenter une grande équipe de blouses blanches et impressionner un enfant. Cela dit, toutes ces personnes sont impliquées dans la prise en charge du patient lors de son séjour, d’où l’importance de cet échange.

Pour tout ce qui est de la recherche, nous avons des protocoles de recherche très précis, qui doivent être validés par le comité d’éthique. Ce protocole doit bien évidemment recueillir l’accord des parents.

 

2. Les médecins et les infirmières de la pédiatrie ont-ils suivi des cours les préparant à  s’occuper d’enfants ?

Le département de l’enfant et de l’adolescent est le département qui exige le plus de formations. Les infirmières suivent une formation spécialisée santé de l’enfant, de l’adolescent et des familles et le personnel qui ne détient pas ce diplôme est formé dans le cadre de cours dispensés par le département sur plusieurs années.

Pour les médecins, la plupart s’est spécialisé en pédiatrie. Les autres suivent une formation « comment travailler avec les parents et les enfants ».

 

3. Est-ce qu’il y a des opérations d’enfants qui doivent obligatoirement se dérouler à  l’hôpital cantonal?

Les HUG répondent aux besoins de soins de la population dans le domaine des soins de proximité en tant qu’hôpital général public, et dans le domaine des soins spécialisés et de référence en tant qu’hôpital universitaire offrant des compétences professionnelles spécifiques et des techniques médicales de haute technologie. Ainsi, tous les cas graves et aigus arrivent aux HUG, notamment ceux qui relèvent de la chirurgie cardiaque ou de la transplantation hépatique.

 

4. Si oui, les infirmières sont-elles préparées à  s’occuper d’enfants ?

Oui.

 

Le cardiopathe

De manière générale, les HUG ne s’expriment jamais via la presse sur la prise en charge d’un patient. Je ne pourrai donc pas répondre à  toutes vos questions. Par contre, le patient ayant rencontré un problème a la possibilité de

demander un entretien particulier avec le médecin-chef de clinique et l’infirmière responsable de l’unité où il a été pris en charge, ou contacter le médecin chef de service,

contacter l’espace médiation qui a été créé en 2007 pour toute réclamation ou suggestion

contacter l’antenne de l’organisation suisse des patients (OSP)

adresser une réclamation écrite à  la direction générale des HUG

déposer une plainte concernant la nature ou la qualité des activités médicales et de soins auprès de la commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients.

 

1. Que pensez-vous du fait qu’ils aient déplacé les heures des opérations sans prévenir les parents ?

Je ne peux pas vous parler du cas particulier mais de manière générale, les équipes soignantes n’interviennent jamais sans l’accord des parents. Il se peut toutefois qu’une opération soit décalée pour une raison d’urgence ou parce que l’opération précédente a duré plus longtemps que prévu. L’autre cas de figure peut-être l’urgence ou la nécessité vitale pour le patient lui-même qui ne nous aurait pas laissé le temps de contacter les parents. Cette situation est extrêmement rare, car les parents ayant un enfant hospitalisé, laisse en principe des coordonnées où ils sont joignables à  tout heure.

 

2. Les enfants ont besoin d’être rassurés avant de partir au bloc opératoire. Donc de voir un parent, n’êtes vous pas d’accord ?

Normalement les parents sont toujours là  pour accompagner l’enfant au bloc. Certains parents l’accompagnent même jusqu’à  l’intérieur de la salle d’opération.

 

3. Est-ce que vous trouvez bien à  propos de dire à  des enfants qui sortent d’opération diverses qu’ils ne rentreront pas chez eux s’ils ne finissent pas leur petit-déjeuner ? Ou n’est-ce pas là  de la méchanceté gratuite ?

Je ne comprends pas à  quoi vous faites allusion.

 

4. Les médecins ne sont-ils pas tenus de prévenir les parents s’ils doivent refaire une intervention sur un jeune patient ?

Voir réponse à  la question 1

 

5. Si oui pourquoi dans le cas du cardiopathe les choses ont-elles été cachées et niées d’après vous ?

Pas de commentaire sur le cas particulier.

 

6. Si non pourquoi ne sont-ils pas tenus de prévenir les parents ?

Pas de commentaire sur le cas particulier.

 

7. Lorsqu’il y a une intervention importante à  faire, est-ce que les collaborateurs de l’ Hôpital Universitaire de Genève sont-ils tenus de s’informer auprès d’autres hôpitaux qui connaissent mieux le sujet ?

Ce genre de collaboration et d’échange est très courant, notamment dans la médecine de pointe. Les médecins interpellent régulièrement leurs confrères qui ont plus d’expérience dans un domaine précis. Il arrive ainsi que des spécialistes d’autres hôpitaux viennent assister lors d’opérations complexes ou que des médecins des HUG se rendent dans un autre canton ou dans un autre pays pour apporter leur expertise. Il se peut aussi qu’une opération soit suivie par visioconférence et que les professionnels soient guidés à  distance par un spécialiste plus expérimenté.

 

8. Quels facteurs peuvent-ils amener à  faire beaucoup d’erreurs lors d’une intervention ?

Il y a beaucoup de facteurs qui entrent en ligne de compte et c’est une priorité institutionnelle d’augmenter la sécurité dans les blocs. Depuis plusieurs années déjà , les HUG ont pris plusieurs mesures : bracelet au poignet du patient pour le contrôle de l’identité, marquage de l’organe et du côté à  opérer, check-list avant l’intervention pour une vérification croisée des informations. Le facteur sur lequel nous nous concentrons aujourd’hui est le facteur humain. Il faut savoir qu’une équipe au bloc est composée de 10-12 personnes, chirurgiens, anesthésistes, infirmières instrumentistes, aides en salle, transporteur, etc. Il y a donc d’importantes interactions et l’objectif est d’améliorer la communication et la coordination au sein de l’équipe. L’exemple est pris sur l’aviation et nous travaillons avec un pilote de SWISS pour nos formations. Le principe est le suivant : recueillir les dysfonctionnements, les analyser et les exploiter. Lorsqu’il y a un accident, il y a rarement une seule cause. Les problèmes sont possibles à  tout moment, mais c’est seulement lorsque plusieurs défaillances se combinent que l’on aboutit à  un accident. Le but est donc de bloquer l’enchainement des erreurs.

 

9. Lors d’interventions avec plusieurs erreurs, comme pour celle du cardiopathe, dont les opérations ont aggravé son état de santé, comment le HUG est-il tenu de réagir (auprès de la famille/ patient/ à  titre professionnel) ?

Les HUG ont mis en place une procédure de gestion des incidents et des faits graves qui englobe toutes les activités conduites au sein de l’institution et qui concerne tous les corps de métier. Chaque collaborateur qui constate un événement susceptible de constituer un incident ou un fait grave, qu’il y soit directement impliqué ou simple observateur, doit le signaler à  l’aide d’un formulaire type. La déclaration de l’incident ou du fait grave peut se faire de manière anonyme car elle poursuit un but prioritairement pédagogique. Il s’agit d’apprendre au travers des événements qui sont signalés comment combler les lacunes relevées ou pallier les dysfonctionnements constatés afin d’éviter qu’ils ne se reproduisent.

 

Les collaborateurs

1. Dans un des témoignages il est question d’irrégularité des gardes, l’impossibilité d’avoir une vie privée, comment s’organisent-elles?

Par définition, un hôpital fonctionne 24h/24, 7j/7 et 365j/365. Les professionnels qui font le choix de travailler aux HUG connaissent cette réalité et savent que leur fonction les amènera à  travailler parfois les dimanches, les jours fériés ou la nuit. Cela dit, leurs horaires sont agendés à  l’avance et établis par la hiérarchie directe qui tient compte, dans la mesure du possible, des désidératas des collaborateurs, sauf urgence. Par ailleurs, le temps de travail est règlementé par la loi du travail.

 

2. Fait-on quelque chose pour améliorer le quotidien des médecins, dont le travail est déjà  suffisamment éprouvant?

Avec l’association du personnel Culture & Loisirs, de nombreuses prestations sont proposées aux collaborateurs : voyages, réductions sur les billets de concerts et de spectacles, sur des abonnements au fitness ou des cours de langue, prix préférentiels pour des souscriptions d’assurance, etc.

Sur l’initiative des collaborateurs, les HUG disposent également de plusieurs équipes sportives, comme l’équipe de coureurs et coureuses à  pied qui participe régulièrement à  des courses inter-entreprises ou aux marathons organisés dans la région.

S’ajoute à  cela que les HUG ont deux crèches pour le personnel, qui accueillent en priorité les enfants de médecins et de soignants aux horaires décalés. Chaque site hospitalier dispose également d’un restaurant d’entreprise dont les tarifs sont largement inférieurs des prix en ville, les HUG prenant en charge une partie pour offrir ces réductions.

 

3. Cela a une certaine importance, il faut que le soignant soit en forme s’il veut venir en aide à  autres personnes.

Oui, c’est effectivement très important. Je pense que toute personne, quel que soit son lieu de travail, doit pouvoir trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Mais il est clair que certains métiers ont des contraintes specifiques.

 

4. Est-ce que la plupart des personnes qui travaillent chez vous n’arrivent pas à  garder une vie privée satisfaisante ou tombe-elle en ruine?

J’ose espérer que la plupart des collaborateurs mène une vie privé satisfaisante ! Si l’on compare il y a 30 ans, les heures de travail se sont fortement réduites. De l’ordre de 70 à  80 heures hebdomadaires à  l’époque, elles sont aujourd’hui limitées à  50 heures / semaine.

 

5. Fait-on un suivi des médecins (psychologique, travail)?

L’ensemble du personnel peut faire appel au service de santé du personnel dont la mission est de promouvoir, améliorer et préserver la santé physique et mentale de tous les collaborateurs des HUG. Il peut intervenir dans les domaines professionnels, médicaux et sociaux et se tient à  la disposition des collaborateurs pour leur permettre de remplir au mieux leur mission aux HUG. Il est composé de médecins, d’infirmiers(ères) de santé publique et d’un psychologue conseil. Une attention particulière est portée sur les risques psychologiques tels que le burn-out ou le stress post-traumatique du personnel médical et soignant qui peut, en cas de besoin, se tourner vers des médecins externes à  l’hôpital.

 

6. Avez-vous des chiffres concernant le nombre de collaboratrices chez vous?

Nous sommes plus de 10’000 dont 68 % de femmes.

 

7. N’est-il pas regrettable que des anciens collaborateurs disent avoir fait plus de secrétariat que de médecine? Comment se fait-il que leurs compétences n’aient pas été utilisées à  bon escient? Que faire pour changer cette regrettable situation?

Dans tout poste, vous trouverez toujours une part plus ou moins importante de tâches administratives, et ce même pour les médecins et les soignants. Ainsi, les changements d’équipe demandent une passation d’informations qui se fait à  l’aide de dossiers constitués par les soignants et les médecins. Ce travail administratif est incontournable et garanti la qualité et la sécurité des soins aux patients. S’ajoute à  cela un travail de suivi, de facturation, etc.

 

En outre, plus on avance dans la carrière, plus la part administrative augmente. Ceci est dû aux responsabilités grandissantes en matière d’encadrement. Ainsi le cadre aura une charge administrative plus importante liée à  la gestion des ressources humaines, à  la facturation ou à  la gestion des budgets pour n’en citer que quelques-uns.

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