15.05.2010

Amour à  Burier

Deux événements majeurs dans la vie du gymnase de Burier prouvent l'omniprésence de sentiments très forts dans le corps des étudiants.

Une des grande traditions du gymnase de Burier est, durant le mois d’avril, de distribuer le prix de la nouvelle au texte le plus méritant. Cette année, elle a déjà  eu lieu il y a quelques semaines. Mais ce qui ravive mon envie d’en parler est un autre événement majeur dans la vie de ce gymnase : le spectacle annuel de la troupe interne de théâtre qui a eu lieu cette semaine. En effet, un thème récurrent parcours ce gymnase cette année : l’amour déchu. Que ce soit dans la plupart des nouvelles ou comme sujet principal du spectacle susmentionné.

Commençons par le prix de la nouvelle. Le principe est simple. Il suffit d’écrire un texte pas trop long. Une nouvelle quoi. Toutes les personnes se sentant l’âme d’une écriture inédite, touchante et – avant tout – imaginative, ont le droit de participer. Cette année, une grosse vingtaine de textes ont été soumis au jury, composé de professeurs de toutes matières. Comme l’a fait remarquer Monsieur Nahal qui présidait l’édition de cette année et confirmé par la totalité du jury, les 90% des textes portent sur l’amour déchu et la mort.

Cette année, en inédit, contrairement aux précédentes éditions, le contenu de toutes les nouvelles nous a été révélé. D’habitude, seul des passages des trois nouvelles lauréates ( comprenez par là , celle qui reçoivent un prix ) sont lus par des professeurs. Mais, dans son discours mêlé d’humour pas très catholique ( qui a fait rire l’Aula à  gorge déployée à  plusieurs reprises ) et de gravité, Monsieur Nahal a résumé toutes les nouvelles, trouvant dommage qu’elles sombres dans l’oubli. La première – son titre est La gare, si je me souviens bien – m’a profondément marquée par l’abrupteté de sa chute. Un homme, après s’être fait largué par sa chère et tendre…

Remarquez en passant que c’est souvent la femme qui quitte son conjoint. Est-ce que ça veut dire que c’est l’homme qui ne sait pas s’y prendre ou que la femme est cruelle. Je pencherais plutôt pour la première proposition, bien qu’elle n’empêche pas aux femmes d’être cruelles. Mais revenons à  cet homme sur son quai de gare. Il attend un train. On ne sait pas où il va, ni ce qu’il va faire. Seulement qu’il attend son train. Puis, la nouvelle fini avec l’annonce de l’arrivé du train en gare… et la phrase : « Puis, il sauta. »

Mais pourquoi l’amour est-il indissociable de la mort ? Je modulerais ma question en rajoutant l’adjectif déchu au nom amour. Car l’amour en tant que tel est tout à  fait antagoniste à  la mort. Pourtant, dès que deux personnes ne peuvent pas s’aimer – pour diverses raisons – la mort est le seul moyen de les réunir. Même sans parler de mort, posons-nous la question : « Pourquoi les jeunes s’obstinent avec l’amour ? » Dans les moments difficiles que sont ceux que peut traverser un adolescent, il faut absolument des alliés. Ces personnes peuvent être de n’importe quel sexe, mais la relation est plus forte s’ils sont opposés. De plus, il est normal que les garçons soient attirés par les filles, et inversement ( bien que ça soit moins flagrant… ). Je ne peux pas vous dire si le sujet est plus d’actualité aujourd’hui, mais on en parlait en tout cas moins il y a quelques dizaines d’années. Nous sommes dans un société moins pudique et sans tabous. Peut-être que nous allons retourner en arrière, qui sait ?

Les vampires sont peut-être une coïncidence, mais ils lient aussi très bien les deux sujets principaux de cet article. Ces premiers sont morts alors que, dans la plupart des cas, ils lient une solide amitié qui se renforce avec le temps. La folie des filles pour Twilight n’a rien d’étonnant. Elles s’identifient dans les personnages des films, ont besoin d’être rassurées qu’elles sont normales, mais c’est pareils pour les garçons. Car il est bien clair que je ne peux que faire des suppositions en ce qui ne me concerne pas.

Omniprésence, si ce n’est même obsession, de l’amour à  Burier ( mais sûrement partout ailleurs aussi ). Autre illustration que j’ai déjà  mentionnée, le théâtre. Ce spectacle qui, par son titre : Attractions, annonce déjà  la couleur. Une petite vingtaine de sketches ont été joués par une dizaine de comédiens ( dont seulement deux hommes, je ne sais pas si c’est important ) tous très à  l’aise avec leurs personnages. Comique la plupart du temps, la troupe n’a pas été gênée de passer la frontière de l’érotisme ( léger, bien entendu ).

Sans même plonger dans l’extrême, de tels sentiments sont indispensables à  la vie de n’importe quel adolescent. Que ce soit pour des relations charnelles ou émotionnelles, le contact de notre antagoniste apporte toujours réconfort et bien-être. Un ressenti que personne ne peut égaler. Pas même un membre de sa famille. Un lien bien plus fort, qui est pourtant voué à  l’échec pour la plupart de ces étudiants…

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