17.04.2010

« Röstigraben »

Text by Eva Hirschi
Il n'y a quasiment aucune différence entre Berne et Genève par rapport aux plaques des voitures. Tout est identique, sauf qu'il y a un -~B' à  la place de 'G', sinon les abréviations sont pareilles - même les armoiries ont les mêmes couleurs. Mais en tant que Bernoise habitant à  Genève, je découvre quand même quelques différences entre les deux villes les plus belles de la Suisse...

A Genève, ce que j’ai remarqué le plus rapidement, comme piétonne convaincue, mise à  part de la circulation plus rapide et plus agressive, ce sont les signalisations pour piétons. À gauche celui en rouge, à  droite celui en vert qui commence à  clignoter avant de changer. À Lausanne il y a les mêmes signalisations pour piétons qu’à  Berne, donc pas de « Röstigraben » entre la Suisse allemande et la Suisse romande à  cause des feux. Un autre indice pourrait être la prise d’eau murale. À Berne, très neutre et souvent en gris simple, il se présente ici frappant en rouge. Et en plus courbé.

Les genevois sont un peuple pétulant et joyeux, souvent serviable et patient avec les suisses allemands qui ne savent que très mal le français. Le cliché que les bernois sont plus lents me colle à  la peau et parfois, les bernois le confirme avec leur débit d’élocution, je l’avoue, un brin rasant.

-¨« Votre chauffeur vous souhaite une bonne journée »
La circulation à  Berne est vraiment plus agréable, plus calme et plus gentille qu’à  Genève. Ici c’est tout à  fait normal que l’ambulance, les pompiers ou la police vont à  toute vitesse à  travers la ville au moins trois fois par jour. La plupart des gens ne lèvent même plus les yeux.

Par contre, les transports publics sont très pratiques. Dans les bus et trams genevois la prochaine station est toujours signalée – mais bien entendu c’est aussi le cas à  Berne. Ce qui fait la différence ce sont les écrans au-dessous qu’on trouve dans les trams plus anciens. Ils laissent passer des phrases comme « Faites attention sur vos objets de valeurs » ou « On peut trouver les objets perdus sur l’office des objets trouvés », suivant un numéro de téléphone ou une adresse internet. Une fois, il était même inscrit que le chauffeur nous souhaitait une bonne journée.

Dans les trams les plus nouveaux il se trouve un deuxième écran à  côté de celui avec les stations. Là  il y a de la publicité, souvent à  travers de petits films ou des animations. Et, comme si cela ne suffisait pas, la  carrosserie des trams est également utilisée comme écran pub. C’est pour ça qu’on peut voir un tram quadrillé en blanc et rouge avec des canards en caoutchouc jaunes traversant la ville.

Le -¨Weekend, c’est à  partir de mercredi
« Plus on va au sud, plus sympa seront les gens. », dit le cliché. Mais je confirme volontiers l’adage entre la Suisse allemande et Genève, même si c’est seulement un peu plus au sud que Berne.  Même les panneaux sont plus sympas.  J’en découvre un, qui remercie que l’on pense aux gens qui dorment la nuit.

À Berne ça serait austèrement intitulé : « Silence, s’il vous plaît ».  Il semble que les genevois prennent la vie plus légèrement que les bernois. La pratique veut même que l’on se souhaite un bon week end presque déjà  le mercredi soir. Et, par exemple, au lieu d’informer les étudiants nouveaux une ou deux semaines avant le début officiel du semestre comme dans presque toutes les universités suisses, l’université de Genève informe les débutants que le 14 septembre, les cours commencent deux jours après.

Je suis un peu étonnée de l’aversion des genevois contre les points. Par exemple en écrivant une multiplication il utilise un -˜x’, par contre à  Berne on apprend qu’il faut écrire un point. La même chose avec les dates, après les chiffres ils utilisent les barres.

Même avec les différences – voire même peut-être à  cause de ces variations – j’aime bien ma vie divisée entre ces deux villes les plus belles de la Suisse…. Pourvu que ça dure !

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