03.04.2010

Oeufs, lapins et Jésus

La chasse aux oeufs est devenue une habitude. Mais quel rapport entre la mort du Christ et les S«ufs ?

Premièrement, trois symboles sont actuellement omniprésents lors des fêtes de pâques : les Š«ufs, le lapin et le chocolat. Les deux premiers viennent d’anciennes traditions tandis que le chocolat ne date que d’une centaine d’années. Il est maintenant de plus en plus développé pour le marketing. Mais quelles sont ces traditions ?

La période des quarante jours avant Pâques s’appelle le Carême. Les chrétiens devaient (cette pratique s’est quelque peu perdue) jeûner pendant cette durée et avaient l’interdiction de manger les Š«ufs que les poules pondaient. Ils ne servaient donc à  rien ! Il était de coutume de les décorer pour les offrir. Cette pratique est restée tout en s’étant légèrement modernisée avec l’instauration d’une chasse à  l’Š«uf. Ces dernières peuvent être organisées en famille ou en groupe mais aussi par des communes pour les adultes. Le but est d’en récolter le plus possible en sachant que les Š«ufs ne se valent pas tous ! Des lots – sur le principe des lotos – sont distribués aux gagnants. Il va de soi que l’entrée à  ces chasses-là  est payante. Voilà  un premier exemple de l’utilisation d’un fête religieuse et de ses traditions pour faire de l’argent.

Le lapin quant à  lui symbolisait la fertilité et le renouveau, tout comme le printemps… et la période de la mort de Jésus. Ce n’est donc pas un hasard si le lapin est le distributeur des Š«ufs, au même titre que les cloches d’ailleurs. En effet, selon la légende, ce sont ces dernières qui rapportent les Š«ufs de Rome le dimanche de Pâques. C’est pour cette raison qu’aucune cloche ne sonne pendant la semaine sainte: elles sont à  Rome.

Quant au chocolat, il n’apparaît qu’au XIXème siècle avec la domestication de la pâte de chocolat – qui permet l’obtention d’une masse lisse et fine une fois chauffée à  50°C puis malaxée – ainsi que l’apparition des premiers moules ad hoc. Juste avant cette invention dont Nestlé – pour ne pas la nommer – se délecte, les Š«ufs étaient en sucre candi, bien plus facile à  réaliser. Cette innovation permet deux choses. Premièrement de créer un musée du Chocolat à  Biarritz où sont exposés les tout premiers moules en argent, en cuivre ou en fer étamé. Mais elle permet aussi la vente en masse de ce chocolat que tout le monde aime. Il y en a pour tous les goûts : au lait, noir ou encore blanc pour faire les yeux du lapin !

En Suisse et dans ses pays frontaliers particulièrement, Pâques est considéré comme un deuxième Noël. En plus de la symétrie de la naissance et de la mort du Christ, deux similitudes sont notoires. Tout d’abord, l’emblème : le Père Noël et le lapin de Pâques. Ils sont les deux les porteurs des présents aux enfants et sont imaginaires. Il faut donc nourrir la légende et faire croire aux enfants que ces figures de leur enfance existent ! D’où l’achat de décorations – achetées toujours plus tôt d’années en années – et de mensonges. L’aspect culinaire des deux fêtes frappe aussi. Dans ces deux week-ends saints, il est de coutume de se goinfrer respectivement de dinde et de foie gras, et de sucreries.

Reste à  savoir si l’évolution de la société empêchera notre endettement, notre sur-poids, l’enrichissement des multinationales agroalimentaires, etc ou si ces pratiques ne seront jamais condamnées. Je pense que notre évolution va changer quelque chose mais dans le mauvais sens. Il ne reste plus qu’à  Obama de lire mon article et d’abolir ces traditions sans queues ni oreilles pour réduire – je n’ai pas la prétention de l’anéantir – l’obésité !

Image: aymerci.free.fr

Xavier Willemin

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