02.04.2010

L’avocat des reporters

Text by Eva Hirschi
On le sait tous, "La liberté de la presse" constitue un des fameux droits de l'Homme. Mais pas tous les pays s'y tiennent. L'organisation internationale « Reporters sans frontières » se remue quotidiennement pour le droit à  la liberté d'opinion et d'expression.

«Les citoyens jouissent de la liberté d’expression, de presse, de réunion, d’association, de défiler et de manifestation. »

Vous pensez sûrement qu’il s’agit d’un article de la constitution de la Suisse ou d’un pays voisin. Mais, vous ne savez peut-être pas qu’il compose l’art. 35 de la constitution nationale de la Chine. On constatera d’emblée la distance entre la loi telle qu’elle est écrite puis telle qu’elle est appliquée ensuite dans le pays.

Pour cette raison et parce que d’autres droits fondamentaux et libertés sont transgressés dans des nombreux pays, l’organisation non gouvernementale « Reporters sans frontières » (RSF)  s’est fondée en 1985. Les « Reporters sans frontières » se donnaient pour objectif la lutte contre la censure et les lois restrictives de la presse. Ils se remuent quotidiennement pour une sécurité plus élevée et une meilleure protection des journalistes, notamment dans les zones de conflit. L’organisation met l’accent sur l’encouragement de la liberté d’information en se basant sur la fameuse « Déclaration universelle des droits de l’homme » des Nations Unies (ONU) en 1948. (Voir l’infobox en bas)

 
201 journalistes emprisonnés

« Tout individu a le droit à  la liberté d’opinion et d’expression. » Cet article est devenu le -˜crédo’ de « Reporters sans frontières ». Avec neuf sections nationales et plus de 140 correspondants dans tout le monde ils s’investissent totalement pour défendre ce droit de l’Homme. Le travail d’un correspondant consiste à  informer ses lecteurs le plus objectivement possible sur les événements en général, le climat social, la politique et les situations spécifiques dans un pays.

La section défend les journalistes et les professionnels des médias qui sontemprisonnés ou poursuivis suite à  leurs activités journalistiques. Selon le « baromètre RSF 2010 de la liberté de la presse », 201 journalistes sont emprisonnés à  la date du 18 février 2010. Allez, je vous balance quelques chiffres, pour que vous vous rendiez compte : Rien que l’année dernière, 76 journalistes dans le monde ont été tués directement à  cause de leurs activités….

Conseiller à  l’ONU

« On peut dire que nous avons réussi lorsqu’un journaliste ou internaute persécuté sort de prison ou trouve refuge dans un autre pays suite à  nos interventions. », dit George Gordon-Lennox. Il représente les « Reporters sans frontières international » auprès des Nations Unies. La RSF y dispose d’un statut consultatif, ce qui lui permet de participer en tant qu’ONG dans les activités des Nations Unies, une représentation de l’organisation à  l’ONU et les droits de nommer et conseiller.

Comme représentant de l’organisation des « Reporters sans frontières » George Gordon-Lennox participe aux conférences du Conseil des droits de l’homme à  Genève. « Je prends la parole sur les questions qui nous intéresse, toujours dans le cadre de notre mission de défendre la liberté de presse et la protection des journalistes. », explique George Gordon-Lennox.

La liberté de la presse en Suisse

Chaque année la RSF publie le « Media Freedom Index », c’est un rapport sur l’état de la liberté de la presse dans presque tous les pays. L’index est conçu grâce à  la mesure du degré de liberté basée sur les observations et les estimations par des experts sur place. En Scandinavie et en Irlande la presse jouit des libertés les plus grandes. Par contre en Érythrée, Corée du Nord, Iran, Cuba et Chine les médias deviennent censurés et influencés le plus fort selon cet index. A l’heure actuelle, la Suisse trône “fièrement* à  la 7ème position sur 175 dans ce classement mondial.

Il faut dire que déjà  dans la Constitution de la République Helvétique de 1798 la liberté de la presse était établie… Selon l’article 7, « [l]a liberté de la presse dérive du droit d’acquérir de l’instruction. » Aujourd’hui, ce droit fondamental se retrouve dans l’art. 17 de la constitution fédérale, selon lequel « [l]a liberté de la presse, de la radio et de la télévision, ainsi que des autres formes de diffusion de productions et d’informations ressortissant aux télécommunications publiques est garantie. » 

En savoir plus : Tu trouveras plus de l’information sur l’organisation international des « Reporters sans frontières » à  l’adresse : www.rsf-ch.ch 
 

—– INFOBOX —–

Déclaration universelle des droits de l’homme 

En décembre 1948 l’Assemblée Générale de l’ONU a adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme et posait donc la première pierre pour la protection internationale des droits humains. La Charte garantie les droits fondamentaux pour tous les êtres humains, au mépris de la race, de l’origine ou du sexe. Faisant part des droits fondamentaux par exemple le droit à  la vie, le droit à  la nourriture et le droit au travail.

 
Journée internationale de la liberté  de la presse

Le 3 mai constitue la journée internationale de la liberté de la presse. À cette occasion les « Reporters sans frontières » présentent une liste avec les « ennemis de la liberté de la presse » ainsi que le nouvel album de la série « photos pour la liberté de la presse » qui existe depuis 1992. Devenir membre de RSF ne peuvent pas uniquement les journalistes mais tout le monde qui souhaite défendre la liberté de la presse. Le siège principal de l’organisation se trouve à  Paris. La section Suisse de RSF avec plus de 450 membres a vu le jour en 1990 et tient son siège à  Genève.

Eva Hirschi

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