27.03.2010

Sites de rupture

Les sites de rupture, ou comment se débarrasser des relations qu'on n'assume même pas...

 

Plus besoin de vous prendre la tête à  trouver des solutions pour quitter votre petit/e ami/e, internet est là  pour vous ! Il regorge de sites qui vous aident à  le/la quitter !

 

 

C’est tout de même magnifique de voir que l’on peut se faire une vie amoureuse grâce à  internet. Trouver le grand amour c’est une chose, mais maintenant on vous aide même à  le quitter pour aller voir ailleurs. En fait, tous ces sites se complètent. Certains aident la création de couples et certaines de ces romances seront éternelles mais la plupart ne résisteront pas. Lorsque ce jour arrivera, il y aura aussi des sites pour vous aider. Alors oui, peut-être que tout ça est un peu caricatural, mais la réalité est-elle vraiment différente ?

 

A peine arrivé sur la page d’accueil d’un des ces sites, voilà  ce que l’on peut lire : EasyDivorce.ch est le site qui propose les documents de divorce ou de séparation par internet. Pour le divorce en suisse Fr. 790.-, pour une séparation Fr. 490.-. N’est-ce pas merveilleux ? On y trouve toutes les réponses aux questions qu’on pourrait se poser, des enfants, à  la plante verte en passant par la maison et la voiture, il y a vraiment tout. Mais n’est-ce pas inquiétant de savoir que de nos jours près de la moitié des mariages finissent par un divorce ? Alors, serais-ce à  cause d’internet qui nous fait croire qu’il est plus facile de se séparer de quelqu’un que de trouver sa moitié?

 

Dans le genre, il y a aussi Jetequitte.com qui est le site à  la mode pour les jeunes qui ont besoin d’air. En un clic, on peut larguer qui on veut, il suffit d’avoir son e-mail et d’écrire son texte de minimum 200 caractères. Une fois de plus c’est simple et efficace et ce site est même gratuit. Si vous n’êtes pas inspiré, chaque soir à  minuit, un nouveau message de rupture est affiché sur la page du site et vous pouvez consulter les ruptures des autres autant que vous le voulez.

 

Mais que deviennent tous les sites de rencontres tels que meetic et adopteunmec ? Certes, ils ont toujours la cotte mais que vont-ils devenir face à  ces sites qui prennent de plus en plus d’ampleur ?! Souvenez-vous, il y a quelques années, la révolution des sites de rencontres ! Et maintenant, tout cela peut nous paraître bien has-been. Mais après tout, pourquoi devrait-on s’embêter à  voir notre futur-ex alors que tout peut-être réglé en quelques clics…

 

Dorine Venetz

 

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Nous avons vu gleeden.com (le site des rencontres extra-conjugales) ainsi que beautifulpeople.com (le site interdit aux moches), puis, plus récemment, chatroulette (le chat aléatoire avec webcam aux tendances douteuses). Et voilà  que débarque un petit nouveau dans le grand monde du web: jetequitte.com.

 

Tout est dans le nom, il n’y a pas besoin de se lancer dans d’interminables explications sur le principe, très simple. Pas le courage de rompre irl (in real life)? Jetequitte.com est la solution. Une photo et un message de rupture suffisent à  officialiser sa rupture, on envoie ensuite le tout au super site, et notre avis de rupture est publié pendant 24h. Ah oui, évidemment, il faut aussi préciser l’adresse de celui ou celle dont on ne veut plus, histoire de l’informer au passage. Cela n’a rien de Cendrillonesque, mais chaque jour à  minuit, la rupture change. Au suivant!

 

Comme c’est romantique… Et courageux!

 

Mais visiblement, ceux qui ont testé sont très contents: plus besoin d’affronter le terrible moment de la séparation, il est maintenant possible de cacher sa lâcheté derrière un simple écran, et de mettre virtuellement fin à  une véritable relation.

Enfin, je dis véritable, mais on pourrait presque se demander si ça l’est encore vraiment. En effet, la plupart des messages se montrent si méchants, directs, cassants, et blessants surtout pour le destinataire, qu’il y aurait presque de quoi rire (si ce n’était pas tragique), tellement c’est facile et dérisoire.

 

Beaucoup des utilisateurs balancent toutes leurs «convictions» sur la nullité de l’autre, et réfugient leur culpabilité sous des critiques basses et vides.

Remarquons que les justifications données sont très variées, cela va du «je n’en peux plus de rester avec un chauve, c’est trop dur, je t’aime mais ne t’assume pas» (magnifique preuve d’amour!), au «tes flatulences et tes rots m’ont lassée» (très subtil), en passant par le «tu fais caca la porte ouverte et tu sais que je déteste ça» (encore mieux)…

On s’explique, se disculpe, s’innocente. Dans le fond, on s’en lave les mains et on s’en fout, comme le prouvent si bien les nombreux P.S:

«P.S et arrête de chialer, tu vois, même pour notre rupture il faut que tu gâches tout»

«P.S tu me rendras ma brosse à  dents et mon fer à  cheveux» et autres du genre.

Comme si ça atténuait la brutalité de la déclaration de la mettre à  la fin avec en prime un P et un S devant.

Dernier paradoxe à  relever, ces agréables lettres de rupture sont toutes décorées de petits noms donnés à  l’être (un jour) aimé, comme un sapin de Noël surchargé de boules d’un goût exécrable.

Je ne t’aime plus, je te déteste même, mais je t’appelle encore par ton petit nom.

 

Décidément, tout cela est très sympathique!

 

Bref, comme vous pouvez le constater, on ne sait plus quoi inventer dans l’univers de la cyber-décadence. A croire que cette fois, on a vraiment perdu les pédales, et que plus c’est n’importe quoi, mieux c’est.

Et on n’assume plus rien. Mais alors plus rien du tout.

 

Franchement, si c’est pour les terminer de cette manière, avec une telle honte et un tel mépris, autant ne jamais commencer de relations…

 

Clara Skupien

Dessin de Camille Spuhler

 

 

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