20.03.2010

Avalanches

En ce début d'année 2010, le nombre d'accidents causés par les avalanches croît vertigineusement. Est-ce une fatalité?

Depuis le 1er janvier 2010, les avalanches ont déjà  fait 24 morts. Le double par rapport à  la moyenne, à  la même période de l’année. Quelles sont les raisons d’une telle augmentation ? Le facteur humain est-il le seul responsable ou, au contraire, la faute est à  mettre uniquement sur l’instabilité du manteau neigeux ? Il faut sûrement faire la part des choses. Certes, les conditions de neige ne sont pas optimales pour faire du ski freeride mais c’est à  l’homme de mesurer les risques qu’il prend en passant outre les recommandations des bulletins d’avalanches explicites.

Les experts remarquent aussi que les skieurs sont beaucoup plus touchés que les snowboardeurs. En effet, malgré les préjugés, ces derniers semblent plus raisonnables. Ils s’équipent mieux et sont mieux conscient des dangers de la montagne. Quant à  la hausse de mortalité chez les skieurs, est-elle due au phénomène de mode qui motive la 2ème génération à  suivre leurs aïeuls ? Il est vrai que cette activité est de plus en plus pratiquée par cette catégorie de personnes. Ce n’est pas pour autant qu’ils sont moins raisonnables. Finalement, les chiffres s’équilibrent.

Il y a plusieurs choses à  faire et à  savoir avant de s’aventurer, tels des bouquetins, sur les pentes escarpées enrobées de neige poudreuse. La première est, incontestablement, le matériel. Il faut absolument posséder un DVA (détecteur de victime d’avalanche) récent. Son utilisation doit être la plus simple possible pour palier au stress des conditions d’accident. Il faut aussi une pelle pour secourir le plus vite possible les victimes sous la neige. 90% des victimes sorties de la neige dans les 15 minutes s’en sortent. Mais avant de creuser, il faut identifier précisément l’emplacement de la personne ensevelie. Une sonde (maximum 5 mètres) est alors utile pour savoir la profondeur à  laquelle il faut creuser. Passée cette profondeur, la personne est écrasée et le temps mit à  creuser lui serait fatal. La condition du matériel est nécessaire mais pas suffisante.

Il est aussi indispensable de s’enquérir de l’état de la neige ainsi que celui de la météo de la nuit passée. Plusieurs facteurs naturels entrent en ligne de compte pour évaluer l’état du manteau neigeux. Premièrement, une avalanche ne se déclenche jamais en dessous d’une pente de 30°. Cela n’empêche pas pour autant que vous décrochiez, lorsque vous êtes au plat, une avalanche en amont. La température, les précipitations et le vent sont des éléments influençant l’intensité de la force de frottement entre les différentes couches de neiges. A chaque précipitation, une nouvelle couche est créée. Par une température relativement chaude, les couches s’homogénéisent. Elles vont donc « crocher » au sol et ne pas dévaler sous le poids des personnes exerçant une forte force de pesanteur.

Une fois qu’il vous semble que vous êtes prêt, que vous êtes en condition, sur la crête de la montagne, avant de descendre, il vous reste le choix définitif à  faire. Je me prends un pied fou au risque de mettre ma vie en danger, ou je considère le risque trop élevé. Toute est une question d’évaluation du risque.

Que faire si le mauvais choix a été fait ? Premièrement, il faut toujours réfléchir aux échappatoires avant de se lancer dans la pente. Ensuite, il faut trouver le chemin le plus cours pour quitter le tapis roulant qu’est l’avalanche. Si c’est impossible – dans un couloir par exemple – il faut absolument flotter sur la neige. Il existe maintenant des airbags qui se portent dans un sac à  dos pour rester en surface de la coulée de neige. Deux inconvénients s’opposent par contre à  cette option : le prix et le poids qui peut devenir embêtant lors de la montée.

Parlons du facteur humain à  présent. Beaucoup d’accidents auraient pus être évités si les personnes pratiquant le freeride s’étaient plus remises en question. Mais il n’y a pas que cet aspect. Quelques erreurs caractéristiques sont à  éviter. Par exemple : croire que nous sommes en sécurité si nous freeridons sur une piste connue ou pourvue de marques préalables ; croire que rien ne peut nous arriver si nous freeridons avec une personne expérimentée et croire qu’aucune avalanche ne peut se déclencher dans une forêt (partout ou le freeride est possible, les avalanches peuvent tomber). Il faut aussi tenir compte du niveau du freerider ainsi que le stress qui fait perdre les moyens de toute personne.

Une journée à  ski peut donc vite se transformer en véritable expédition. Mais, si le freerider est équipé correctement (physiquement et mentalement) et que la chance est de son côté, il n’y a aucunes raisons que la sortie se passe mal. D’autant plus qu’il peut être aisé de sortir d’une petite avalanche. Je tiens juste à  préciser aussi qu’il est inutile de crier (spécialement très aigu, comme le dit la légende) pour déclencher une avalanche. Simples rumeurs sans aucun fondement !

Bulletin avalanches quotidien : www.slf.ch

Xavier Willemin

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