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José González, un folk hors du temps

L’Alhambra accueillait hier soir le chanteur suédois José González. Né de parents argentins, l’auteur-compositeur fait transparaître tant physiquement que musicalement ses origines latines avec lesquelles il a grandi. Il n’est cependant pas habituel de le voir seul sur scène. S’il débute sa carrière musicale dans les années 90 dans l’hardcore, c’est avec son groupe folk-rock Junip qu’il se fera réellement connaître – le groupe a d’ailleurs déjà joué à Antigel en 2014. Parallèlement, il se lance en solo et sort deux albums: Veener en 2003 et In Our Nature en 2007. Entre publicité, cinéma et industrie du jeu vidéo qui s’arrachent ses songwritings, il faudra attendre huit ans pour qu’il sorte un troisième album, Vestiges & Claws, qu’il a présenté ce dimanche lors de son passage au festival. Un concert qui fait du bien.

 

Un bol d’air frais

José González n’a pas besoin de grand chose pour séduire son public: sa guitare et sa voix suffisent à capter toute l’attention des spectateurs. Dès les premières notes, le chanteur nous emporte dans son univers d’une manière incroyablement simple. Sa musique indie-folk, qui se veut minimaliste, est néanmoins efficace. Dans cette majestueuse salle fraîchement rénovée qu’est l’Alhambra, José González est arrivé à créer une ambiance intimiste mêlant chaleureusement des mélodies atemporelles et une douce voix. De quoi oublier la pluie et la grisaille d’un dimanche hivernal.

 

C’est timidement qu’il se tiendra devant le public pendant une heure, alternant chansons et humbles petits remerciements. Parmi les titres joués, on distingue les plus connus comme Open Book, Stay Alive ou encore le familier Heartbeats, une reprise du groupe suédois The Knife. La mise en scène et le visuel, minimalistes eux aussi, s’accordent parfaitement avec la musique. Le public est emballé. Si au début il semble quelque peu hésitant, José González se laisse aller au fur et à mesure des applaudissements rythmiques et autres encouragements plus prononcés. Mais le chanteur se lève déjà pour annoncer la fin du concert. Ce n’est pas sans compter sur l’engouement de la salle qui ne le rappelle non pas une, mais deux fois. Impossible de ne pas rester sur sa faim lorsque le musicien part pour de bon, tant la musique est envoûtante.

 

Un succès international

En groupe ou en solo, la renommée de José González n’est plus à faire. Après son passage à Antigel, il part d’ailleurs en tournée dans toute l’Australie, avant de s’attaquer aux États-Unis. Il sera également à l’affiche de quelques grands festivals européens cet été. Nul doute qu’il saura réjouir l’ouïe du public outre-mer de ses délicates mélodies, de la même façon qu’il l’a fait dans la ville du bout du lac. Nul doute, également, que le chanteur laissera le même goût de regret à la fin de sa prestation. Regret quelque peu amer, celui de n’en avoir pas assez entendu.