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« On ne peut pas râler si on ne s’engage pas »

Image: Camille Ory

Françoise Doriot naît en 1942 à Bévilard. Son rôle d’aînée d’une fratrie de 6 enfants et les tâches qui vont avec contribuent à forger son caractère volontaire. Elle quitte le domicile familial à 16 ans pour étudier l’économie familiale à Porrentruy. Sa carrière professionnelle débute le jour de ses 20 ans avec sa nomination à Delémont. Elle démissionne suite à la naissance de son premier enfant en 1966. « J’ai regretté cette décision, mais à cette époque-là, cela se faisait comme ça. On n’y réfléchissait pas. » explique l’ancienne enseignante.

Sa carrière reprend bien vite, car seulement un mois après son accouchement, Françoise Doriot est contactée par la Fédération Romande des Consommatrices biennoise, qui lui propose de participer à une conférence sur la tenue du budget familial.

UNE ASCENSION QUI DEBUTE A LA FRC…

Une invitation qu’elle accepte. C’est le début de son engagement à la FRC, dont elle créa la section delémontaine. Celle-ci s’agrandit et devint jurassienne. François en prend la présidence en 1982. « Ces activités étaient bénévoles. Si je n’étais pas rémunérée, j’étais au moins active », se souvient la septuagénaire. Elle devient vice-présidente de la FRC en 1982, puis présidente en 1986. Alors mère de trois adolescent.e.s, elle explique que cette période était mouvementée. « J’allais deux fois par semaine à Lausanne en plus de m’occuper de la vie familiale et d’effectuer des remplacements. C’était chargé, comme emploi du temps ».

… POUR CONTINUER AU PLR

Après 4 années à la tête de la FRC, François Doriot change de cap et commence son engagement politique au sein du PLR. Elle choisit ce parti surtout par tradition familiale mais aussi par conviction. « L’économie est très importante, mais j’appréciais aussi le fait qu’on puisse s’exprimer librement au PLR, même lorsqu’on est pas d’accord avec le parti », raconte-t-elle.

Elle siège au Conseil de Ville et au parlement, et devient présidente de la section jurassienne du parti en 2004. La politicienne affectionnait particulièrement de siéger à la Ville. « C’était super, parce qu’on oubliait les partis et on cherchait des solutions pour le bien de la ville, se souvient-elle. Ce n’est pas pareil au parlement, où on doit suivre la ligne du parti, et où tous les objets passent en votation. Il y a moins de liberté à ce niveau-là ».

L’ ancienne conseillère de ville crée un groupe de parole pour les femmes au sein du parti. « Le but était de sensibiliser les femmes à la politique. Nous invitions des politiciennes d’autres cantons pour échanger. Selon moi, on ne peut pas râler si on ne s’engage pas ».

LE FEMINISME OUI, MAIS PAS SOUS TOUTES SES FORMES…

Une femme doit se prouver plus qu’un homme, surtout en politique. Elle-même en a fait l’expérience au sein de son parti, où sa candidature à la présidence avait fait l’objet de débats, ce qui n’était pas
le cas des candidatures masculines. Si cela l’a énervée sur le moment, elle n’a jamais été une féministe pure et dure.

« Je n’ai jamais été une féministe à outrance. Lorsque j’étais plus jeune, je n’étais pas convaincue par les revendications de certaines femmes qui voulaient tout tout de suite pour pouvoir faire tout ce qu’elles voulaient, sans avoir de plan d’action. Mon point de vue a évolué avec le temps, mais je reste convaincue qu’on a besoin d’une stratégie pour faire des progrès.

« LORSQU’ON S’ENGAGE, ON Y ARRIVE! »

La responsabilité ne lui a jamais fait peur. Notamment parce qu’en menant de front une famille, ses engagements aux consommatrices et d’autres difficultés d’ordre privé telles que des maladies dans la famille, elle avait le sentiment de pouvoir assumer des responsabilités au niveau professionnel aussi. « Je n’ai jamais manqué de confiance en moi à ce niveaulà, explique-t-elle. Je pense que les femmes devraient oser se lancer. C’est en s’engageant qu’on arrive à être élue ». Françoise Doriot explique que son travail à la FRC lui a donné de la visibilité dans le canton, qui a grandement aidé à son élection.

ET LA POLITIQUE POUR LES JEUNES?

« Des jeunes qui s’intéressent à la politique, il y en a, s’exclame-t-elle, mais encore faut-il que les vieux leur laissent la place. Certains s’accrochent à leur siège bien trop longtemps, déplore-telle ».

L’ancienne présidente conseille aux jeunes de s’intéresser à la politique locale, là où ils peuvent avoir un réel impact sur les problématiques qui les touchent directement. « Le parlement des jeunes delémontains a, par exemple, permis la création d’un skatepark, c’est quelque chose qui les concerne, précise-t-elle. De plus, ce genre de projet permet aux jeunes d’apprendre à travailler ensemble ».

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