logoType

Wo Journalismus beginnt

Où là commence
le journalisme

Dove il giornalismo inizia

Société

Les mots sont plus que des mots

Image: Sarah Blaser

« Jeunes queer ». Tel était le nominatif choisi pour le groupe de travail sur les questions LGBT+. Deux experts y ont été invités à présenter plus en détail le sujet aux jeunes. Nous en avons profité pour
les interroger concernant l’utilisation de ce terme.

Pourquoi ? Ce mot, apparu au début des années ’90 aux États-Unis, signifie originellement « étrange » ou « bizarre ». Le mouvement l’entourant questionne l’hétérosexualité, l’homosexualité, les catégories homme/femme. Il s’oppose également à l’hétéronormativité, à la croyance que l’hétérosexualité et la binarité des genres sont uniquement normales. Ce terme, tout comme le mouvement, est revendicateur et a une portée politique. Aujourd’hui, il est parfois utilisé afin d’englober toute la communauté LGBT+, tout en n’étant pas accepté par tous les membres de celle-ci. Son sens se serait-il modifié avec les années et les nouvelles générations ? Les avis des experts, Delphine Roux de la Fédération Genevoise des Associations LGBT et Mehdi Künzle de Vogay, autour de son utilisation dans ce cadre divergent.

D. R.
« En fait, je pense que cela vient de la mauvaise définition du terme, notamment dans le dossier de présentation de la Session, parce que ça regroupe effectivement plusieurs orientations sexuelles différentes et identités de genre et expressions de genre différentes. C’est surtout un mouvement politique et d’étude aux États-Unis, qu’ici nous appelons « Etudes genre », qui réunit
des personnes qui ne souhaitent pas être identifiées, pas être mises dans des cases. Donc, on ne peut pas de fait regrouper l’acronyme LGBT sous le terme queer, comme il l’a été fait à la Session. Je pense donc que si ce terme devait être utilisé, il faudrait le raccrocher à l’acronyme LGBTIQ. Ce serait moins problématique. »

M. K.
« La problématique des appellations dans notre communauté est très complexe. C’est un work in progress permanent, si on veut. Etant donné que l’on s’autodénomine, s’autoproclame, on ne peut pas tous être
d’accord. Chacun a ses propres spécificités et a construit sa propre identité. Les jeunes ne se reconnaissent plus dans ces vieilles appellations de gay, lesbienne, bi, etc. Le mot queer correspond souvent à beaucoup de jeunes, tout comme il ne correspond pas à d’autres. Cependant, je pense que c’est pertinent. J’aime ce terme et je peux très bien m’y identifier. Je ne sais pas s’il englobe toutes les communautés, mais aussi toutes les diversités. Chez Vogay, on a opté pour un autre slogan « la diversité sexuelle et de genre » pour éviter un long sigle. Ça inclut toutes les orientations sexuelles et affectives, mais ça inclut aussi toutes les diversités de genre. Donc pour moi queer est un terme qui va très bien. Il a une connotation très positive. »

Partager

Lien a été copié!

Afficher commentaires