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Un long dimanche de bataille

Autant dire que la moyenne d’âge a brutalement chuté ce week-end entre les murs verts du Palais fédéral. Les chewing-gums apparents, des selfies intempestifs pris sur les fauteuils des parlementaires (#Dorismaserrélamain), les rires pré-pubères résonnaient dans les escaliers du bâtiment. Mais ceci n’est qu’une apparence trompeuse : cette jeunesse à priori détendue en sneakers confortables se montre consciente des enjeux politiques actuels et témoigne d’une ferveur notable quand on en vient aux sujets qui la touchent. Ce dimanche concluait un long week-end de « parlementations » en tout genre. Malgré leur attitude toute « chill » et posée – posey même – ce sont pourtant des sujets d’actualité sérieux qu’ont abordés ces gymnasiens et apprentis, parfois même les poings en l’air.

On nous a souvent rabâché la superficialité de ceux qu’on appelle les « ados » : ils veulent tous être cool, écouter le bon son, avoir les bons potes, le dernier IPhone et déconner sur Snapchat. Ils combattent une légère acné, cachent leur appareil dentaire ou affichent leurs premiers tatouages et expérimentent au niveau capillaire… mais pas que. Certes, il y avait des jeunes comme ça mais on a aussi pu observer des individus soigneusement peignés, affichant fièrement un costard et une belle montre. Faut pas déconner, on est au Parlement quand même. Et c’est justement à travers ces décalages de dégaine que s’esquisse une certaine affiliation à des partis politiques.
L’allure qu’affichent certains s’associe également aux discours correspondants… bref, l’arène politique était loin d’être stylistiquement neutre.

Les apparences seraient-elles donc trompeuses ? Non, ces jeunes ne sont pas insouciants, ils sont conscients et souhaitent se prononcer sur les thèmes qui les affectent, de près ou de loin. Quand on les voit plaisanter et se pousser lors de la collation dans le hall d’entrée – « Mettez pas de miettes sur les tapis ! », rappelle le jeune Président de l’Assemblée au micro juste avant de laisser sortir ses collègues – on se demande d’où leur vient cet engagement. Ils ont patiemment débattu de 9h à 17h ! Quand les problématiques planifiées lors de la rencontre sont abordées, force est de constater qu’ils sont bien renseignés. L’un des participants confie qu’il a fallu beaucoup se préparer avant de pouvoir discuter avec aisance dans les groupes de travail. Où s’informent-ils? D’où tirent-ils leur engagement politique? Les parents les influencent-ils dans leurs choix ? Est- ce que les réseaux sociaux représentent aussi une plateforme qui aiguise la conscience civique de cette jeunesse ?

Ces questions attendent encore d’être éclaircies. Ce qui ressort avant tout ce dimanche, c’est la vigueur et la candeur témoignées par les jeunes, avec des moments mémorables au micro : certains apprentis parlementaires machistes expriment des propos ouvertement sexistes dans le cadre du débat sur les inégalités des revenus. Un autre se révolte contre la persistance d’une certaine «phallitocratie». En voilà un joli mot : la polémique autour des phallocrates et autres Weinstein a visiblement eu un large écho auprès des participants. La naïveté de certains se manifeste à travers des raccourcis, à l’instar des débats sur les personnes en situation de handicap, ces dernières devenant plus simplement des «handicapés» dans la bouche de quelques intervenants. D’autres s’injurient sur la situation de pays «sous-développés» dans les enjeux liés aux accords sur le libre-échange… il y a certes plus diplomatique comme langage pour aborder ces thématiques. Cependant, ce n’est pas tant la forme que le contenu que l’on retiendra de ces rencontres. Ces 200 jeunes venus consacrer du temps et de l’énergie à des débats complexes témoignent d’une conscience politique encourageante. En Suisse, la société civile a encore de beaux jours devant elle, même si ses jeunes représentants préfèrent applaudir et siffler comme à un festival plutôt que d’agiter les mains en l’air silencieusement, norme d’usage dans le Parlement fédéral lorsqu’un objet est approuvé.
Rock’n’roll.

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Cet article a été écrit pour le magazine de la Session des jeunes 2017.

Les chansons sont des objets

Nathan Baumann est avant tout un artiste proactif et surprenant. Après avoir étudié la flûte traversière à la Haute école de Musique de Lausanne, cofondé l’association indago, contribué à la création du label Hummus Records et lancé le collectif The Fawn, il revient cette fois avec un projet piano-voix créatif en solo et en français où le compromis n’a pas sa place. C’est un nouveau cycle de composition et de musique dans la mesure où c’est en français. Avant j’étais moins concerné par le texte et le langage. J’avais aussi envie de faire de la musique que j’aime, de la Pop music. C’est plus personnel que ce que je faisais avant. Je suis moins dans une dynamique de compromis comme avant avec The Fawn par exemple. Maintenant j’en fais zéro sur rien. J’ai vraiment en tête ma musique que j’ai envie de réaliser, de coucher, de lui donner la réalité que j’entends.

Plus qu’une transition, cet album est représentatif de la direction artistique vers laquelle Nathan Baumann souhaite aller. Bien qu’enregistré il y a 3 ans lors d’une session studio à Paris, le musicien s’y identifie encore. Même si ça fait 3 ans, je m’y reconnais bien, ce n’est pas toujours le cas. Par exemple, un disque sorti il y a une année peut me paraître loin. Concernant Avant l’hiver, j’ai des chansons en plus maintenant, mais globalement ça reste la même histoire. Je chante aujourd’hui un peu différemment, ma manière de chanter s’est précisée.

Cette direction se concentre notamment sur l’écriture de textes et leur signification . Nathan Baumann nous livre sa conception de l’approche poétique – un questionnement du langage – et son procédé d’écriture qui traversent les 4 titres de l’album. C’est une manière de porter un regard sur des choses. Je parle de petites choses qui en disent beaucoup. J’essaie de trouver une ambiance tout d’abord, un champ poétique autour d’un thème. Je vais par exemple partir d’un tableau que j’ai vécu pour ensuite restituer mon expérience en faisant travailler l’imaginaire de l’auditeur. Les pertes et les choses qui se répètent sont les thèmes abordés dans cet album. Cependant, ne qualifiez pas de mélancoliques ses titres lorsque vous écouterez le ton de sa voix et le piano qui l’accompagne. Ce n’est pas vraiment de la mélancolie parce qu’elle te fige et est fataliste. Je parle de choses qui sont assez difficiles, qui se brisent mais avec calme et dignité. C’est plutôt de la contemplation.

Ce retour au français est notamment expliqué par deux observations faites par l’artiste : la langue maternelle parle au cœur et la Pop se veut sincère. La langue maternelle a un côté instantané. On est également plus impliqué, touché par ce qu’on raconte et touche donc plus le public. Le français reste une langue difficile à faire sonner en musique mais j’ai eu une grande révélation au niveau du langage avec cet album. Je m’intéresse beaucoup à cette langue, je m’exprime avec aisance mais je n’en suis pas un expert. J’essaie de réduire mes idées au plus simple possible. Être amoureux de la Pop britannique des années 90, ne l’a pas empêché d’être inspiré par une ribambelle d’artistes francophones. Des artistes comme Franz Treichler des Young Gods, Simon Gerber, Christophe, Gainsbourg, Benjamin Biolay et Shurik’n donnent l’envie de la langue française.


Avant l’Hiver, EP 4 titres

Disponible ici et sur Spotify

En concert le 28 octobre à la Nef

Le zéro déchet, c’est possible ?

Le but du zéro déchet, c’est consommer moins d’emballage à usage unique et privilégier les bocaux ou encore les boîtes plastique qui sont des contenants réutilisables. C’est une avancée au niveau du développement de l’écologie. A travers ce mode de consommation, il est possible de réduire l’impact de la consommation sur l’écologie que l’humain produit tout au long de sa semaine. Pour limiter cela, il est possible de se rendre dans les magasins de vente en vrac avec son propre bocal pour remplir sa farine par exemple.

Depuis plusieurs années, des magasins de vente en vrac voient le jour un peu partout en Suisse. Nous nous sommes rendus dans l’un d’eux, qui se trouve à la Chaux-de-Fonds, pour y interroger sa propriétaire. Nous sommes allés à la rencontre de Mariella Dos Santos. Agée de 33 ans, elle est présidente de l’association Le Silo ayant pour but de sensibiliser un maximum de personnes à l’impact des déchets sur notre environnement et notre santé. Son slogan concernant le zéro déchet c’est : « le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ! »

Le nombre de déchets que nous produisons en Suisse a augmenté de 47% depuis 1990, atteignant 6 millions de tonnes en 2015. Par habitant, cela représente 724 kg de déchets ! 320 kg de déchets alimentaires passent aussi au compost, ce qui représente 33% de l’alimentation environ.

On produit plus de déchet aujourd’hui. En contrepartie, nous trions bien mieux qu’avant. Chiffre à l’appui : 29 % de recyclage en 1990 contre 53 % en 2015. L’OFS nous dit que la Suisse est presque en tête du classement européen des plus grands producteurs de déchets. 724 pour le Suisse, 294 pour le Slovaque. On peut faire mieux mais comment ?

Le Suisse des statistiques recycle à 96 % le verre, à 92 % les canettes en aluminium, à 91 % le papier, à 82 % les bouteilles en PET et 11 % seulement pour le plastique. Il faut donc se tourner vers la provenance du plastique pour comprendre ces 330 kg de différence. Cette production de déchet se fait en grande partie dans les ménages, particulièrement à cause des grandes sur-faces.

Alors, pour remédier à cette problématique, ce sont les magasins en vrac et les marchés qui offrent une solution à l’heure actuelle.
Il est donc préférable d’acheter sans emballage ou en vrac, faire du tri, privilégier les emballages en carton (et non ceux en plastique). Pour éviter cela, Mariella nous conseille d’acheter nos fruits et légumes au marché, la viande dans une boucherie. Elle-même se rend rarement dans les grandes surfaces.

En achetant au Silo par exemple, on repart avec des déchets seulement s’ils sont recyclables et seulement si c’est nécessaire. Seule une dizaine de produits sont vendus emballés sur 120, contrairement aux grandes surfaces qui vendent la quasi-totalité des aliments en portion individuelle. Malgré la réduction des emballages et les efforts fournis, un aliment acheté en grande surface est égal à un déchet produit.

Pour réduire ses déchets, le consommateur peut se tourner vers des établissements comme Le Silo. Dans le canton, 12 sont déjà existants. Entre autres : Go Vrac à Neuchâtel, Chez Mamie à Corcelles et Le Silo à la Chaux-de-Fonds. Tous permettent de faire un pas vers une nouvelle consommation, facilitant grandement la tâche du citoyen qui veut se tourner vers des achats responsables. Ces magasins proposent des produits alimentaires et des produits d’entretien en vrac où le client vient remplir ses propres contenants permettant de produire qu’une infime partie de déchet en concurrence avec les grands magasins.

La majeure partie des produits sont issus d’un commerce équitable et durable. Sur les 15 partenaires du Silo, 10 sont du canton. Mue par une volonté d’acheter et de consommer différemment, l’association s’est créée en décembre 2016. Le but n’est pas le profit car l’association est sans but lucratif.

Malgré la grande production de déchet en Suisse, nous pouvons constater qu’il existe de nombreuses solutions comme la taxe au sac qui invite le consommateur à trier soigneusement ses déchets. Mais aussi : la conversion des déchets alimentaires en énergie, le recyclage important dans les domaines des métaux, du plastique et des déchets industriels. Cependant, la demande d’une consommation différente, dite « bio » est un marché toujours en pleine expansion. Les magasins en vrac vont bon train et il y en a de plus en plus en Suisse. Cela est un avantage pour le consommateur qui peut avoir des conseils pour ses achats, consommer local et ainsi modifier sa consommation pour réduire son empreinte écologique.

Nous nous réjouissons de voir notre production de déchets diminuer à l’avenir. Pour ce faire, il nous tient à cœur de rendre notre entourage (professionnel et familial) attentif à l’impact de notre mode de consommation. Voici un petit manuel non exhaustif des petites actions favorisant la consommation zéro déchet. Ils sont tirés en grande partie de l’interview et des sites mentionnés à la fin de l’article.

Réduire sa production de déchet c’est :

Alimentation
• Acheter en vrac, sans emballage
• Plannifier ses repas
• Stocker de manière optimale
• Cuisiner et servir des petites portions
• Cuisiner simplement en revalorisant les ingrédients
• Faire confiance à vos sens pour les aliments périssables
• Conserver les aliments au congélateur
• Consommer localement

Nettoyage, entretien et produits cosmétiques
• Acheter dans des contenants réutilisables (par ex. en verre) et utiliser des produits rechargeables
• Consommer localement
• Utiliser des composants issus de production naturelle (bicarbonate de soude, vinaigre, etc.)
• Limiter l’utilisation de plastiques non recyclables
• Utiliser des produits de douche en savon dur (par exemple, savon d’Alep)

Loisirs et vie quotidienne
• Réfléchir à notre façon de consommer, à nos achats automatiques
• Réduire le superflu et l’inutile
• Réutiliser et réparer ce que nous n’utilisons plus
• Recycler

Vous trouverez d’autres informations sur une consommation limitant l’utilisation d’énergie, des recettes de saison ainsi que des conseils pour les ménages sur le sites Internet suivants : WWF.ch, Foodwaste.ch, et leSilo.net.

Et si pour l’avenir, on diminuait notre production de déchet ?


Cet article a été écrit par trois élèves d’une classes de deuxième année dans le cadre des leçons de Culture Générale de l’école Pierre-Coullery à la Chaux-de-Fonds. Tink.ch les remercie, ainsi que leur enseignant, Julien Beuret.

Le grand voyage pour la liberté

Le sujet sur la crise migratoire Nord/Sud est très présent depuis ces dernières années. La plupart des pays d’Europe sont touchés. En ce qui nous concerne, la Suisse a accueilli, entre 2013 et 2017, plus de 130’048 demandeurs d’asile. Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations, sur les 5 386 migrants morts ou disparus sur leur route de l’exil en 2017 dans le monde, 3 119 l’ont été lors du passage de la Méditerranée.

L’Erythrée est un pays totalitaire (pour de plus amples informations, voir Erythrée, un naufrage totalitaire de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer et Franck Gouéry) qui prive toute perspective d’avenir, en imposant au peuple un service militaire jusqu’à 40 ans. Il se trouve dans la corne de l’Afrique où chaque ethnie a sa propre langue et nourriture. Si nous nous fions aux chiffres de l’ONU, le rythme des départs a augmenté considérablement ces dernières années. En 2009, le bureau du HCR à Addis-Abeba parlait de 1 000 à 3 000 arrivées par mois de réfugiés érythréens au Soudan et en Éthiopie. En 2017, il s’agirait de 5 000.

Deux femmes, Sophie (19 ans) et Fanny (20 ans), venant d’Erythrée ont dû quitter leur pays à l’âge de 15 ans. Sans prévenir la totalité de leur famille : « je n’ai rien dit à personne parce que ma mère ne m’aurait jamais laissée partir seule. C’est dangereux de laisser partir sa fille de 15 ans », raconte Fanny. Elles ont pris la route en raison du régime politique totalitaire d’Isaias Afwerki, président depuis le 24 mai 1993. « Si on n’a pas de bonnes notes, on doit faire l’armée, qu’on soit une fille ou un garçon. Peut-être pour toute la vie. Je ne voulais pas risquer ma vie, donc c’est pour ça que je suis partie », explique Sophie. Là-bas, elles étaient écolières. En dehors de cela, Fanny aidait ses parents dans les champs et Sophie jouait du piano.

Ne voulant pas passer leur vie contrainte à ce régime, elles ont entrepris leur propre voyage jusqu’en Europe dans des conditions parfois extrêmes, pour l’une d’entre elles. La première étape fut difficile. Elles ont dû marcher durant 2 jours avec des gens qu’elles ne connaissaient pas, dans des chemins difficiles d’accès et dangereux pour atteindre l’Ethiopie. Les deux pays ne s’entendant pas, elles étaient donc contraintes de marcher la nuit, afin d’éviter de se faire repérer car les frontières sont fermées. Un passeur qu’elles ont dû payer les a accompagnées. « Les deux jours de marche pour y aller étaient vraiment durs pour moi, je n’avais encore jamais autant marché. J’avais vraiment mal aux pieds et je savais que ce voyage était dangereux, alors j’avais peur », relate Sophie. Elle a été accueillie chez sa tante, vivant dans ce pays. Durant 1 an, elle a pu apprendre le français. Fanny a pu être logée 2 ans dans un centre pour réfugiés.

Concernant le reste de leur parcours pour atteindre l’Europe, les conditions sont totalement différentes. Depuis l’Ethiopie, Fanny est partie au Soudan à pied avec d’autres personnes. A son arrivée, un camion contenant environ 70 personnes les attendait pour voyager jusqu’en Lybie. Le voyage a duré plus de 9 jours dans le désert. « Il n’y avait pas assez de nourriture, pas assez d’eau et nous ne pouvions pas nous laver, il faisait très chaud ». Elle est restée en Lybie deux mois avant de pouvoir prendre le bateau pour rejoindre l’Italie. Ce périple a duré 3 jours avant qu’elle puisse atteindre les côtes siciliennes. « Nous avons été accueillis par la police, ils nous ont donné à manger et à boire et ça c’était vital pour nous. Je ne savais pas parler italien. Je ne comprenais rien et tout était très compliqué ». Pour Sophie, son père ayant un permis C, il a pu faire les démarches pour la faire venir jusqu’en Suisse. Elle a pris l’avion depuis l’Ethiopie pour arriver à Genève. Son père l’attendait pour la conduire jusqu’à la Chaux-de-Fonds où il avait un appartement. Elle a pu acquérir un permis B grâce au regroupement familial. « En Suisse, je me sens bien, je suis en sécurité et tout est planifié. »

Pour parvenir jusqu’en Suisse, Fanny est passée par le Tessin. A la douane de Chiasso, les douaniers ont refusé de la laisser entrer sans ses papiers d’identité. Face au refus, elle décida de partir à Milan où elle resta une semaine. « Je suis restée une semaine dans la rue, je ne savais pas où aller ». Sa deuxième tentative pour venir en Suisse fut concluante. Arrivée à Zurich en train, les douaniers la laissent passer et elle rejoint son frère. Le jour qui suit, il l’emmène dans le centre de réfugiés de Vallorbe où elle est logée durant un mois. Pour obtenir le permis F, elle a dû être questionnée. Elle a été transférée à Couvet pendant deux mois, pour ensuite obtenir un studio en ville de Neuchâtel avec une autre réfugiée. Quelque temps après, elle est accueillie 2 ans dans une classe d’accueil de l’ESTER à La Chaux-de-Fonds. Aux yeux de Fanny, « cela a été difficile d’être séparée de ma famille. Cela fait 6 ans que je ne les vois pas mais je suis contente d’être là et d’avoir construit ma vie ». Désormais, toutes les deux poursuivent une formation sur deux ans afin d’obtenir une attestation fédérale de formation professionnelle « d’aide en soins et accompagnement ».

En ce qui concerne la crise migratoire, la problématique n’est pas résolue car elle ne fait qu’augmenter. Depuis le début de l’année 2018, déjà 81 migrants sont morts en Méditerranée centrale. En constatant le nombre de migrants qui passent illégalement en Europe, les autorités européennes mènent de plus en plus d’enquêtes, afin de démanteler les réseaux de passeurs. Les explications de ces évolutions diffèrent selon les zones de passages. Trois grandes voies migratoires traversent la Méditerranée. La première à l’ouest, conduit du Maroc à l’Espagne ; la deuxième, au centre, de la Libye à l’Italie ; la troisième, à l’est, de la Turquie à la Grèce. La route partant de la Lybie est la plus empruntée et la plus dangereuse, en raison de la longueur de la traversée et du mauvais état des embarcations. Malgré leurs parcours de vie difficiles, ces jeunes femmes ont su nous parler en restant sereines et transparentes. Sophie vit toujours avec son père à La Chaux-de-Fonds et poursuit sa formation. Pour Fanny, sa famille est maintenant au courant de son départ et des raisons pour lesquelles elle est partie.

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Cet article a été écrit par trois élèves d’une classes de deuxième année dans le cadre des leçons de Culture Générale de l’école Pierre-Coullery à la Chaux-de-Fonds. Tink.ch les remercie, ainsi que leur enseignant, Julien Beuret.

7 conseils pour la photo mobile et astuces en voyage

1. NOUVELLES PERSPECTIVES

Pour faire des photos divertissantes de la mer, du lac ou même de la rivière, un simple accessoire suffit et se trouve partout : un étui étanche pour ton téléphone.
Ainsi tu pourras prendre ton téléphone dans l’eau, prendre des photos sous l’eau et jouer avec les reflets sur la surface de l’eau.

CONSEIL : étui étanche

2. PORTRAITS ET SELFIES

Un portrait est visuellement plus beau si le sujet « se détache » de l’arrière-plan. En photographie, ceci est obtenu grâce à un flou donné par la profondeur de champ, mais un effet similaire peut être obtenu de différentes manières, même en prenant un téléphone.
Dans les modèles les plus récents (à partir de l’iPhone 7+, Huawei P9,…) il y a ce qu’on appelle le « mode portrait » qui, en utilisant la double caméra du téléphone, crée ce résultat.
Pour tous les autres, il y a des applications qui te permettent d’ajouter un flou plus tard à la photo : parmi celles-ci, la meilleure est Fore Photo mais il y en a beaucoup d’autres.

CONSEIL: arrière-plan flou

3. POST-PRODUCTION

Que ce soit pour ajouter des filtres, des grains ou faire une coupe simple, il est toujours utile de connaître de bonnes applications pour la post-production de photographies.
Voici quelques exemples : VSCO cam, Photoshop et Lightroom Express, Snapseed, After Light, Tadaa. En tout cas, une courte visite sur l’App Store suffit pour en trouver beaucoup d’autres.

CONSEIL : application pour modifier

4. LUMIÈRE

Les deux moments de la journée où la lumière est absolument la plus belle sont le matin et juste avant la tombée de la nuit. Ce sont les moments proches du lever et du coucher du soleil qui sont les meilleurs pour prendre des photos, surtout en été quand le soleil est très fort pendant la journée. Que ce soit un paysage ou un selfie, essaie de vérifier les heures du lever et de l’aube pour gagner du temps pour immortaliser les endroits où tu es.

CONSEIL : le lever et le coucher du soleil, évite le soleil de midi

5. SOLEIL ET OMBRES

Si tu veux dormir le matin et prendre un apéritif le soir, tu ne pourras pas éviter de prendre quelques photos au milieu de la journée (où la lumière est plus forte et les ombres très marquées), essaie d’utiliser le soleil pour créer des silhouettes ou éclairer le sujet différemment.
Si tu le peux, positionne-toi de sorte que ce que tu veux photographier soit entre toi et la source de lumière primaire, le soleil précisément. De cette façon, des rayons de lumière seront créés et le sujet se détachera du fond très clair.
Comme le reflet, si la lumière est très marquée, les ombres le seront aussi. Par exemple, tu peux profiter des motifs qui créent l’ombre du feuillage d’une plante pour photographier le visage d’une personne.

CONSEIL : profite des ombres « dures » pendant la journée

6. DÉTAILS

Lorsque nous sommes en vacances, il est facile de tomber dans la banalité des « cartes postales ». Pour cette raison, il est utile de se concentrer plutôt sur les détails de l’endroit qui nous frappe et de s’éloigner des circuits touristiques pour échapper aux photographies déjà prises par de nombreuses autres personnes.

CONSEIL : recherche des détails et évite les « cartes postales »

7. COMPOSITION

Même si on prend des photos avec le téléphone, il est toujours bon et juste de consacrer un peu de temps à la composition. C’est plus facile qu’il n’y paraît : il suffit de se concentrer sur la « chose » que l’on photographie, en essayant autant que possible d’éliminer les éléments perturbateurs (du fond par exemple) et de profiter des lignes qui donnent de l’importance à son sujet (ombres créées dans la rue, …).

CONSEIL : élimine les éléments en trop ; profite des lignes

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Cet article provient de la rédaction tessinoise. Clique ici pour découvrir l’original.

Médias publics ou privés : savez-vous quelle est la différence ?

Afin de bien comprendre l’enjeu de cette votation, il faut tout d’abord différencier les types de médias. D’une part, il y a les médias de service public. Sont compris dans cette catégorie pour la Suisse romande, les radios et chaînes TV : RTS Un, RTS Deux, RTS la 1ère, Espace 2, Couleur 3 et Option musique. Ce sont des médias financés par l’Etat – via la « redevance Billag » – et qui ont pour but comme nous l’a expliqué Jean, d’amener de la diversité, de l’information et de divertir.

Selon la Commission fédérale des médias (COFEM), la radiodiffusion publique est basée sur un mandat de concession, qui répond à des demandes de la Confédération. Elle doit informer, divertir, contribuer à la formation, au développement culturel ainsi qu’à la cohésion de notre Etat.

A l’inverse, les médias privés ou sociétés de médias sont principalement axés sur des buts lucratifs et sont financés pour la plupart par des publicités ou des ventes (abonnement ou au numéro pour un journal par exemple). Généralement, ce type de médias appartient à des propriétaires indépendants. Leur grandeur varie : des médias internationaux aux petits médias locaux (TF1, M6 ou Arcinfo).

Les médias communautaires ont un but non lucratif. Ils sont généralement de petite taille et ont pour but de toucher une simple communauté. Par exemple, JeWanda est un journal qui touche la population africaine principalement résidant en Europe. Nous pouvons les retrouver sur les réseaux sociaux.

Il y a finalement les médias appartenant à des partis politiques ou à des politiciens. Ce type de médias est large et regroupe plusieurs catégories. Celles-ci sont créées par les différents partis politiques. Cela passe d’un simple tract visant à persuader le peuple qu’il faut voter ceci ou cela jusqu’aux médias appartenant aux magnats de la politique-business comme le journal Basler Zeitung dont l’ex-politicien milliardaire Christoph Blocher est le copropriétaire.

Il existe autant de types et sous-catégories de médias car chacun remplit une fonction bien précise et a un but bien différent. C’est pour cela qu’il est important de pouvoir bien les connaitre et les différencier afin de mieux comprendre ce qui fait malgré tout partie de notre vie quotidienne.

Selon la Commission fédérale des médias, il y a une orientation fondamentalement différente entre les médias purement privés et les médias de service public. Ces deux types de médias sont indispensables. C’est la raison pour laquelle la COFEM estime qu’un encouragement public, par l’Etat, des contenus radio et TV est nécessaire.

D’après Jean, les médias – publics ou privés – sont régis par les mêmes règles, les mêmes lois et les mêmes obligations. Les seules choses qui changent : ce sont leur portée, la qualité de l’information et le financement. Les médias privés peuvent être « politiquement orientés », leurs choix sont principalement dirigés par la recherche de profit (selon la demande, la publicité et l’audience).

A noter que certains médias privés régionaux ont un mandat de service public – et sont en partie financés par la redevance ! – à l’image de RTN, Canal Alpha ou RFJ. Les deux formes d’organisation doivent coexister, ce qui engendre une étroite concurrence. Elles permettent d’éviter la domination du « critère commercial » tout en répondant à la demande du peuple.

RÉSULTAS DE LA VOTATION

Ci-dessous, vous trouverez les résultats des votations obtenus à l’échelle suisse, du canton de Neuchâtel (résultats « officiels ») et ceux du CIFOM ainsi que de l’école Pierre-Coullery (résultats « fictifs » obtenus lors des cours de Culture Générale).

En effet, le CIFOM a mis sur pied – depuis quelques années – une plateforme permettant à tous les apprentis de voter de façon fictive (indépendamment de l’âge et de la nationalité) lors de votations fédérales ou cantonales. Cette plateforme nous donne une idée de ce que pensent les personnes en formation au CIFOM.

Concernant « No Billag », les apprentis du CIFOM ont voté non à 70.4 % (sur un total de 301 votants) alors que ceux de l’école Pierre-Coullery ont refusé l’objet à 73.3 % (85 votants en tout). Ces résultats « fictifs » correspondent de façon assez nette aux résultats obtenus dans les urnes !

Les personnes en formation au CIFOM ainsi que le peuple suisse (et de façon plus marquée les Neuchâtelois !) ne veulent pas se séparer des médias de service public !

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Cet article a été écrit par trois élèves d’une classes de deuxième année dans le cadre des leçons de Culture Générale de l’école Pierre-Coullery à la Chaux-de-Fonds. Tink.ch les remercie, ainsi que leur enseignant, Julien Beuret.

Communauté LGBT : liberté des goûts et des besoins pour tous

Les personnes interviewées sont : Madame B., étudiante dans le domaine social, actuellement âgée de 19 ans, bisexuelle. Monsieur L., étudiant en informatique, actuellement âgé de 20 ans, homosexuel. Madame M., employée de commerce, actuellement âgée de 23 ans, bisexuelle. Monsieur R., horloger et drag queen, actuellement âgé de 20 ans, homosexuel. Monsieur G., paysagiste, actuellement âgé de 24 ans, bisexuel. Monsieur Loris D’Albenzio, actuellement âgé de 21 ans, porte-parole de l’association « Togayther ».

« Il n’y avait pas d’anormaux quand l’homosexualité était la norme » (Proust dans Sodome et Gomorrhe). L’attirance sexuelle pour un congénère du même sexe est valable autant pour les animaux que pour l’être humain. Déjà existante à l’époque des Grecs et des Romains, l’homosexualité a traversé les époques où elle était acceptée ou condamnée par les religions et la société. De nos jours, il reste dix pays, en Afrique et au Moyen-Orient, où l’homosexualité est sanctionnée par la peine de mort.

Tout d’abord, nous portons à votre attention qu’il faut faire la distinction entre l’homosexualité qui repose sur un sentiment amoureux et affectif et l’identité de genre qui repose sur un besoin d’appartenance et d’identité de soi. Il existe une soixantaine d’orientations sexuelles, d’identités de genre et d’expressions de genre différents. Le genre n’attache pas à l’orientation sexuelle.

COMING OUT 

Cela signifie pour les personnes concernées de « sortir du placard », autrement dit de faire l’annonce volontaire de son orientation sexuelle ou de son identité ou expression de genre. Cela n’est pourtant pas vécu de la même manière pour tous. Rappelons-le. L’annonce de son identité propre est source d’un grand stress. M. R., personne homosexuelle drag queen (forme d’art, comédie, chant, danse, transformation physique ; une manière de rendre honneur aux femmes) nous a raconté son ressenti avant l’annonce à son père : « je me suis informé sur les réseaux, s’il existait des refuges pour homosexuels au cas où la réaction de mon père s’avérait démesurée ». Le coming out représente un moment important et intense pour les personnes. Cela demande une grande réflexion sur la manière de l’annoncer et beaucoup de ressources personnelles. Certaines personnes n’ont toujours pas franchi ce pas, à l’exemple de M. G. (bisexuel) qui ne l’a toujours pas annoncé à son père, non par peur de sa réaction, mais parce qu’il n’a toujours pas trouvé le meilleur moyen ni le meilleur moment pour lui dire.

Dans certains cas le choc des générations n’aide pas. Mme B. a pu nous confier que sa grand-maman a pris beaucoup de temps à accepter sa bisexualité. M. L (homosexuel), quant à lui, a préféré l’annoncer, comme il dit, « d’un coup sec ». Le coming out ainsi que le processus d’identification de soi est intervenu entre 12 et 16 ans, soit en pleine période de l’adolescence pour nos personnes interviewées. M. G. (bisexuel) s’est posé beaucoup de questions. « Je ne comprenais pas pourquoi je ne rentrais pas dans la norme. »  Il n’en a pas parlé tout de suite, même à ses amis. Car pour lui, c’est un milieu « secret ».

LA FAMILLE ET LE CERCLE SOCIAL

Toutes les personnes interviewées, sauf M. G., dont le père n’est pas au courant, relèvent que leur orientation sexuelle n’a pas eu d’impact irréversible sur les relations avec leur famille. Leurs relations sociales antérieures restent inchangées. Leur orientation sexuelle a néanmoins étoffé leur cercle social homosexuel et bisexuel.

LA SOCIÉTÉ

Pour M. G., « il y a une évolution au niveau des préjugés de la société » mais il reconnaît que « les regards des gens dans la rue sont encore bien présents ». Même constat pour M. R. qui souligne : « il y a moins d’homophobie décriée mais elle reste cachée. Exemple : “je ne suis pas homophobe mais il ne faut pas qu’il se montre devant moi ”! ». Pour Mme M. : « ces personnes jugent alors qu’elles-mêmes ne supportent pas de se faire juger. Elles ne sont pas à leur place et croient avoir une certaine importance donc un certain droit de jugement alors que nous sommes tous égaux. »

PRÉJUGÉS ET ANECDOTES 

Un jour, une religieuse a dit à M. R. qu’il était sûrement possédé par le démon.  Pour Mme B., c’est lors d’une balade avec son ex-petite amie qu’une personne âgée lui a dit que c’était génial, qu’elle-même avait déjà participé à des Gay Prides mais qu’elle était hétérosexuelle. Pour M. G., ce sont ses propres amis qui lui ont dit : « tu ne vas pas me draguer maintenant ! » Lors d’une soirée, cinq taxis ont refusé M. R. car il était en drag queen. « Ce soir-là, j’avais envie de leur péter la gueule (sic) mais je ne pouvais pas, j’étais trop belle pour me battre ! »

L’ouverture sexuelle est en pleine expansion dans notre société actuelle. Nous pouvons constater que les personnes interviewées sont partagées entre le fait de l’assumer et la peur du rejet. La clé du « secret » consiste à en parler, que ce soit avec son entourage, des professionnels et au sein de notre travail pour une meilleure intégration. Nous constatons également qu’il y a encore des efforts à faire au niveau des préjugés.

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ASSOCIATION « TOGAYTHER » : LA PAROLE À LORIS D’ALBENZIO

L’association comporte des membres, des sympathisants et des bénévoles. Les membres qui assument complétement leur orientation sexuelle ou leur identité ou expression de genre peuvent venir soutenir le mouvement. Ces personnes viennent soutenir la lutte des droits des LGBT. D’autres personnes viennent par rapport à des difficultés sur leur orientation sexuelle (Qui suis-je ? Qu’est-ce que j’aime ?). Nous nous adressons également aux hétérosexuels qui se posent juste des questions sur l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre.

Fréquentation de l’association

L’âge varie entre 16 et 70 ans. Il y a des problématiques qui concernent plus l’envie de parentalité ou les familles arc-en-ciel qui sont des familles homoparentales. Je peux dire avec des chiffres officiels que le suicide chez les LGBT est deux à quatre fois plus élevé. Il existe une soixantaine d’orientations sexuelles, d’identités de genre et d’expressions de genre différents. Ce qui est intéressant, c’est qu’une identité de genre n’assigne pas à une orientation sexuelle automatiquement. Un transgenre peut être autant homosexuel, que bisexuel.

Place de l’entourage

L’entourage a une place centrale. Si je prends l’exemple des difficultés d’un jeune, c’est très important d’avoir une famille qui comprend. La place de l’entourage dans l’association est énorme. C’est aussi arrivé que des proches nous contactent pour intervenir dans les écoles. Par exemple, pour des faits de discrimination. Nous avons déjà été refusé sur certains sites mais le minimum que l’on puisse faire c’est passer un message à la direction et leur lancer une invitation pour intervenir. Ce n’est pas parce que ta famille ne le tolère pas que tu n’as pas le droit d’être.

Réseaux

Nous nous mettons en lien avec le GSN (Groupe Sida Neuchâtel) pour tout ce qui concerne la santé. Quand le GSN en a la possibilité, ils viennent faire des tests de dépistages gratuits par exemple durant des promotions de l’aide suisse contre le Sida. Nous comptons sur un grand réseau d’alliés en Suisse romande et en Suisse en général. C’est pour ça que nous ne sommes jamais tombés dans une impasse.  De Genève à Zurich, aucune association ne laissera tomber un LGBT.

Loris D’Albenzio, porte-parole de l’association « Togayther »

Le site Internet de l’association : http://www.togayther.ch/


Cet article a été écrit par trois élèves d’une classes de deuxième année dans le cadre des leçons de Culture Générale de l’école Pierre-Coullery à la Chaux-de-Fonds. Tink.ch les remercie, ainsi que leur enseignant, Julien Beuret.

DÉFI : Une journée sans smartphone, cap ou pas cap ?

Ces questions sont sûrement devenues les questions les plus en vogue du moment, en particulier chez les jeunes. Mais finalement, pourquoi ? Parce que la socialisation et les besoins ont évolué autour des smartphones et des réseaux sociaux en ligne.

Pour une certaine partie de la population, le téléphone portable est l’outil principal qui permet de programmer la journée dans son intégralité, du réveil jusqu’au coucher. Le smartphone, selfies et réseaux sociaux jouent actuellement un rôle dans la création de l’identité. Les repères, modèles et influences ne sont que très peu filtrés sur Internet. Tout est fait pour attirer les « j’aime » ou les « tweets » qui sont des éléments valorisants. Cela a pour conséquence de créer une compétition dans laquelle il faut se mettre constamment en avant et augmenter ainsi son égo et son estime de soi. Les réseaux sociaux sont pratiquement devenus des éléments indispensables pour avoir un sentiment d’appartenance.

Il est évident que cela ne touche pas tous les utilisateurs de smartphone. Nous avons décidé, dans le cadre d’une expérience d’un cours de Culture Générale, de trouver des volontaires déterminés à s’éloigner de leur téléphone portable 24h durant. Sept candidats se présentent afin de répondre courageusement à la question de l’intitulé car ils ont accepté de se lancer le défi.

Mais avant de le faire, les cobayes de ce test se sont exprimés sur leurs attentes et ceux-ci divergent. Certains se sentent stressés à l’idée de ne pas pouvoir programmer le réveil du lendemain. D’autres affirment se sentir mal à l’idée de rater l’organisation d’une sortie entre amis ou encore de ne pas pouvoir écouter de musique. « J’aime être dans ma bulle, dans ma musique, ça me détend. Sans ça, je me sens mou », affirme un des candidats. Une autre ajoute : « ma source de détente après une journée de travail ou d’école, c’est de retrouver des potes autour d’un verre, mais comment y accéder si je ne peux pas les contacter ? Du coup, c’est possible que ça puisse me frustrer. »

Le smartphone serait donc apparemment un outil apportant directement ou indirectement le bien-être de l’utilisateur. L’art, la musique ou les rassemblements autour d’un verre se pratiquent et s’organisent autour des réseaux sociaux et des fonctions spécifiques aux téléphones portables.

A l’inverse des précédents témoignages, d’autres candidats sont enthousiastes à l’idée de faire cette expérience. Pour eux, le lâcher-prise du smartphone dans le cadre de ce cours leur permettrait d’avoir un angle de vue différent sur leur quotidien et de pouvoir exploiter d’autres façons de vivre. « Sans mon téléphone, j’imagine que j’aurai plus de temps pour réfléchir à des projets et je serai peut-être plus confronté à moi-même et je pense que cela peut faire du bien », nous expose un autre élève.

Selon ces témoignages, une certaine volonté d’indépendance face au smartphone se fait remarquer. Certaines personnes souhaiteraient alors avoir une certaine liberté sans pour autant le solliciter. Mais dans quelle mesure, si le monde évolue constamment autour de lui ? Telle est la question.

Une fois le test passé, les candidats ont de nouveau donné leurs avis. « Le test n’était pas assez long pour que je puisse voir les impacts sur mon quotidien. Mais cet aperçu m’a fait du bien car j’ai réalisé que je pouvais occuper mon temps différemment », s’exprime une des volontaires.

Une candidate ajoute : « mes parents m’ont félicitée et j’étais contente de moi parce que je pensais que ça allait être plus dur. Finalement plus de peur que de mal. »
Beaucoup étaient étonnés de voir qu’une journée sans smartphone n’a finalement pas été insurmontable et que, à l’inverse, ils se sentaient plus autonomes. L’entourage joue bien évidemment aussi un rôle.

Et vous, chers lecteurs, cap ou pas cap ?

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Cet article a été écrit par trois élèves d’une classes de deuxième année dans le cadre des leçons de Culture Générale de l’école Pierre-Coullery à la Chaux-de-Fonds. Tink.ch les remercie, ainsi que leur enseignant, Julien Beuret.

Hommes et femmes : l’égalité salariale n’est pas encore pour demain !

Selon l’OFS, les écarts salariaux ont diminué entre 1994 et 2004, pour ensuite rester stables jusqu’en 2012. Dans le secteur privé, en moyenne, la différence entre hommes et femmes est de 15.1 %. Dans le secteur public, la différence atteint 12.3 % (voir graphique).

Nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Madame Églantine Jeannet, qui est la cofondatrice de l’association « SEM ». A l’origine, cette personne est docteure en sciences sociales puis a commencé à travailler sur la question du genre et de l’égalité à travers la recherche académique.

Dans un premier temps, elle était intéressée par le sujet des femmes et de la religion. Sujet qui n’avait jamais été traité et c’est cela qui l’a motivé. Par la suite, elle a aussi fait un travail sur les femmes prêtres qui ont le droit d’exercer cette fonction depuis 1992. C’est lors de cette thèse qu’elle a découvert la question du genre et de l’égalité.

Le but de l’association est de recentrer la thématique du genre et de l’égalité. Elle participe également à des manifestions publiques. Par exemple, au cinéma où ils projettent des films en lien avec les questions du genre, finissant habituellement par un débat. Ils ont aussi œuvré pour financer et mettre sur pied l’exposition « Fille ou garçon, ça change quoi ? » (avril à juin 2016 à Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds).

Selon notre interlocutrice, « pour arriver à une situation d’un salaire équitable, il faut que chacun d’entre nous regarde le monde sous d’autres angles, change de perspective. On doit se rendre à l’évidence que ce n’est vraiment pas aussi facile que l’on pouvait penser. Il y a bien plus de travail et de choses à mettre en place. Il n’est pas facile de changer les mentalités. Il faudrait que les gens comprennent qu’à travail égal, salaire égal. Les femmes font les mêmes études que les hommes et on les mêmes capacités. »

Toujours selon Madame Jeannet, « les femmes ont toujours travaillé. Mais à partir du 19ème siècle, il y a cet idéal de domestique qui prédomine. Les femmes doivent rester à la maison pour s’occuper des enfants et de la maison ! Les différences de salaires sont généralement dues aux choix de carrière et au temps de travail. »

Lors des dernières décennies, du point de vue des lois, les choses ont changé et il y a moins d’écart. Depuis 1981 en Suisse, le principe d’égalité des droits entre hommes et femmes est inscrit dans la Constitution. Or, Madame Jeannet explique : « quant à la pratique, les choses ne sont pas forcément simples. L’égalité ne se décrète pas du jour au lendemain. Depuis 15 – 20 ans, les choses ont évolué négativement par rapport à l’éducation différenciée des enfants, notamment à cause du marketing. Par exemple, les livres. Il y en a pour les filles et pour les garçons. Ce ne sont pas les mêmes. Ceci à cause des stéréotypes.»

Notre interlocutrice évoque l’avenir : « un jour, il y aura une égalité sur le point de vue salarial car il y a assez de pression politique pour que les choses s’améliorent. Cependant, selon les statistiques de l’association « SEM », il nous faudra attendre l’an 2285 pour qu’il y ait cette égalité. Il faudra donc patienter ! »

Elle poursuit : « pour que cela change, nous devons dire aux gens que tout le monde a un rôle et une responsabilité. Donc, il est tout à fait possible d’en prendre conscience, d’ouvrir les yeux, de regarder le monde avec un autre regard et se dire “moi qu’est-ce que je vais faire pour que cela change ? Comment puis-je contribuer au changement ?”», explique Eglantine Jeannet.

Aux yeux de l’association, « la sensibilisation et l’explication aux personnes devraient déjà être un commencement pour que la société masculine commence à penser autrement. Il y aurait une solution simple, c’est d’appliquer à la lettre la loi telle qu’elle est mentionnée dans la Constitution. » Le refus de la transparence salariale imposée par le Conseil des Etats (en février dernier) ne va hélas pas dans ce sens !

Selon une étude publiée par le Forum Economique Mondial (WEF) en 2016, notre pays est passé du 11ème au 21ème rang en matière d’égalité salariale. Même si ce principe est inscrit dans la Constitution depuis 1981, cette égalité est encore loin d’être vécue dans les entreprises ! On ne la voit que très peu.

Nous sommes bien conscients que l’égalité ne sera pas pour toute suite car il y a trop de changements à prévoir pour y parvenir. Mais, c’est en voie d’amélioration. Nous espérons que dans quelques années nous n’aurons plus ce problème de différence salariale !

A travail égal, rémunération égale !

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Cet article a été écrit par trois élèves d’une classes de deuxième année dans le cadre des leçons de Culture Générale de l’école Pierre-Coullery à la Chaux-de-Fonds. Tink.ch les remercie, ainsi que leur enseignant, Julien Beuret.

Smartphone, ordinateur, dépendance, enfants … pas très bon ménage !

Tout le monde fait face à la technologie un jour ou l’autre. Que ce soit en voiture, en marchant dans la rue ou même dans notre propre maison. La technologie nous simplifie la vie au point d’en être dépendant. Est-ce que vous vous sentez mal à l’aise quand vous laissez votre portable à la maison ? Vous hâtez-vous d’y retourner pour vérifier vos réseaux sociaux ? Avez-vous l’impression d’être seul à la maison alors que votre enfant est dans la même pièce que vous ? Beaucoup de parents se sentent aujourd’hui impuissants pour faire accepter un temps limité devant les écrans à leurs enfants. Et vous ?

Ces dernières années, l’évolution rapide des technologies ne nous laisse plus le temps et la liberté de choisir la façon dont nous voulons vivre et gérer notre temps. L’ère du numérique a un grand impact sur notre vie quotidienne. Et cela va s’accélérer dans les prochaines années.

Selon Olivier Glassey, les risques de l’utilisation des nouvelles technologies sont nombreux. Ces dernières « prennent de plus en plus de place dans notre quotidien. Ce qu’on peut constater aujourd’hui, c’est que souvent on utilise les réseaux sociaux (Whatsapp, Facebook) pour dialoguer avec des personnes connues de la vie de tous les jours », explique-t-il.

Ce n’est pas vraiment une coupure, plutôt une continuité de la relation en continuant d’échanger numériquement. Selon notre interlocuteur, « recourir aux nouvelles technologies pourraient nous enlever l’envie de se rencontrer face à face ce qui est un des premiers risques. Les technologies créent une dépendance. Tout est à portée de mains. Mais nous devenons paradoxalement paresseux physiquement. Elles nous donnent aussi l’habitude de tout avoir dans l’instant. Elles nous obligent à être réactif dans l’immédiat. Cela provoque du stress et donne l’impression de n’avoir plus de temps pour soi. »

D’ailleurs, de plus en plus de personnes utilisent Internet pour faire leurs courses et quasiment tous les actes de la vie quotidienne, créant ainsi, un manque d’activité. Elles nous donnent « l’impression » d’avoir des contacts avec nos amis, avec le monde. Mais, seules, assises devant leurs écrans, on peut se demander si les personnes se rendent compte qu’elles s’isolent de leur environnement. Olivier Glassey dit d’ailleurs que l’utilisation excessive (plus de 2 ou 3 heures par jour) des nouvelles technologies nous empêche de faire des choses qui nous rendent réellement heureux que ce soit au niveau des loisirs, du travail ou des relations humaines. Cela peut mener à la dépression et à l’isolement social, entraînant parfois des problèmes au travail et au niveau familial.

Selon notre expert, « les plus exposés à ces conséquences sont les enfants et les jeunes d’aujourd’hui. Certains ne connaissent rien d’autre de la vie qu’ils voient sur les écrans. Sans contact physique et émotionnel, ils sont coupés de ce qui fait la réalité de la vie. Créant ainsi des problèmes de comportement et de manque d’énergie. »

Olivier Glassey nous fait d’ailleurs un petit comparatif entre la vie d’avant où le dialogue existait, où les enfants allaient jouer dehors. Selon lui, à cette époque, il y avait beaucoup moins de violence et plus de respect. « Maintenant, dit-il, les jeunes vivent dans un monde virtuel où la violence tient une grande place. Il n’y a plus de dialogue. La vraie communication a disparu. Les enfants passent plus de 3 heures et demie par jour devant les écrans. Le temps passé à l’extérieur s’est considérablement réduit. »

Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, travaille depuis des années sur les effets des images violentes sur les enfants. Il conseille qu’avant l’âge de 3 ans, l’enfant ne devrait pas du tout être en contact avec les écrans. Cela nuit à son développement cognitif.

Pour un bon développement psychomoteur, l’enfant a besoin d’expérimenter les choses de la vie avec ses 5 sens : la vue, l’odorat, le toucher, l’ouïe, le goût. Devant les écrans, seuls les yeux et les oreilles sont sollicités. Ce temps passé devant les écrans l’empêche surtout d’avoir d’autres activités et interactions avec les personnes qui l’entourent.

D’ailleurs, Madame B. – maman d’un adolescent que nous avons interviewé – se souvient. Lorsque son fils avait 10 ans, elle a dû se battre pour enlever la télévision car le dialogue entre eux n’existait plus et cela devenait invivable. Elle dit aussi que le temps passé devant les écrans coupe justement les jeunes du monde extérieur. Et qu’elle a dû diminuer l’utilisation des écrans par jour. Maintenant, il a le droit à 40 minutes durant la journée et cela facilite la vie de famille.

Serge Tisseron déconseille la console avant l’âge de 6 ans. C’est l’âge où l’enfant appréhende les 3 dimensions de l’espace. A cet âge, il vaut mieux privilégier le bricolage et les manipulations. C’est avec les mains qu’on apprend à penser et à créer.

Dès 9 ans, l’enfant peut gentiment commencer à surfer sur Internet. La présence d’un adulte est recommandée pour l’aider à différencier le virtuel du réel. A 12 ans, il devient difficile d’empêcher l’enfant d’utiliser seul Internet. Il est important de lui faire comprendre que l’écran est un support de communication qui permet de rester en contact. Surtout, avec des personnes de sa vie réelle. Dans le cadre scolaire, Serge Tisseron préconise d’alterner l’utilisation de l’écran avec le papier et le travail en groupe.

Apprendre à gérer son temps passé devant les écrans, tel est l’enjeu pour les enfants et les adolescents. Garder le contact avec le monde réel qui l’entoure. Ne pas s’isoler.

Pour conclure, tout le monde est d’accord. Psychologues, chercheurs, pédagogues, enseignants, parents : l’enfant doit passer moins de temps devant les écrans et y avoir accès le plus tard possible ! Mais, pris par une vie trépidante, les parents s’avouent souvent vaincus. L’arrivée de la technologie a créé des dépendances. Elle nous facilite la vie, mais en même temps son utilisation constante n’est pas le meilleur choix. C’est à chacun de gérer son temps passé devant les écrans, et à l’école de sensibiliser les enfants.

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Cet article a été écrit par trois élèves d’une classes de deuxième année dans le cadre des leçons de Culture Générale de l’école Pierre-Coullery à la Chaux-de-Fonds. Tink.ch les remercie, ainsi que leur enseignant, Julien Beuret.