Société | 19.03.2019

Est-ce la fin ?

Ce soir Spectrum, le magazine de l´université de Fribourg, organise une conférence sur l'effondrement. Alors, à quoi devons-nous nous attendre ?
Photo: Pixabay et Spectrum

À la lecture de la dénomination « théories de l’effondrement » on ne peut s’empêcher de penser en souriant à certains scénarios catastrophes peu enviables de films hollywoodiens où des figurants tentent tant bien que mal de survire à une guerre nucléaire ou une planète traversée par une nouvelle période glaciaire. Que nenni. La collapsologie (de l’anglais to collapse ou s’effondrer) est une discipline scientifique sérieuse, dans laquelle les chercheurs étudient les facteurs et scénarios autour de l’effondrement d’une civilisation.

Si Pablo Servigne, chercheur en sciences et agronomie, a remis au gout du jour la collapsologie, elle ne date pas d’hier. Cette discipline transdisciplinaire trouve notamment son origine dans le rapport Meadows publié en 1972 par des chercheurs du Massachusetts Technology Institute à la demande du Club de Rome. Déjà à cette époque, la viabilité des modèles de société issus des Trente Glorieuses suscite l’interrogation de scientifiques, d’économistes et d’acteurs de la société civile. L’impact de la société humaine sur l’environnement est alors analysé. Des problématiques résultant des croissances démographique et économiques tels que les pénuries des ressources alimentaires, énergétiques, la diminution de la biodiversité et les effets de la pollution sont pointées du doigt.

Sommes-nous alors la première civilisation à disparaitre et ce en raison de notre environnement ? D’après Jared Diamond, dans son ouvrage Collapse : How Societies Choose to Fail or Succeed, Les Mayas, les Vikings du Groenland et la population native de l’Ile de Pâques sont entre autres des exemples d’effondrement de civilisation. Dans les différents cas de sociétés effondrées, le paramètre de l’environnement entre en compte, qu’il se matérialise sous les formes de changement climatique ou de dégradation de l’environnement.

Si une partie de la communauté scientifique a commencé à s’alerter sur l’avenir de notre société dans les années 70, nous avons vite oublié cette problématique. Serait-il aujourd’hui trop tard pour agir en apportant les changements nécessaires à une pérennisation de notre modèle ? Les différents chiffres et constations autour de la biodiversité (extinction des abeilles, diminution de 60% des populations d’espèces animales en 40 ans) et de la situation climatique (augmentations de la température et des eaux) ne laissent guère place à l’ignorance et la procrastination. Si l’avenir est incertain, une chose est sûre : l’avenir de nos sociétés est à un tournant où des changements dans nos modes de production et de consommations sont essentiels.

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Conférence Y survivrons-nous ?
Le 19.03.2019 à 18 :30 à Miséricorde (Université de Fribourg, Auditoire B)
Avec : Samuel Turpin, Anthony Patt, Virgile Perret et Alexandre Berset
Tout public, gratuit