Société | 04.07.2018

DÉFI : Une journée sans smartphone, cap ou pas cap ?

L'addiction liée aux smartphones est un fléau qui touche une grande partie de la population actuelle. Sujet à de nombreuses études, principalement en Asie, le smartphone est considéré comme étant l'outil indispensable. Un must-have, certes, mais qui a beaucoup d'impact sur les relations sociales. A quel moment devient-on addict à cet appareil ? Le sommes-nous déjà ?
Photo: Pexels (pixabay)

Ces questions sont sûrement devenues les questions les plus en vogue du moment, en particulier chez les jeunes. Mais finalement, pourquoi ? Parce que la socialisation et les besoins ont évolué autour des smartphones et des réseaux sociaux en ligne.

Pour une certaine partie de la population, le téléphone portable est l’outil principal qui permet de programmer la journée dans son intégralité, du réveil jusqu’au coucher. Le smartphone, selfies et réseaux sociaux jouent actuellement un rôle dans la création de l’identité. Les repères, modèles et influences ne sont que très peu filtrés sur Internet. Tout est fait pour attirer les « j’aime » ou les « tweets » qui sont des éléments valorisants. Cela a pour conséquence de créer une compétition dans laquelle il faut se mettre constamment en avant et augmenter ainsi son égo et son estime de soi. Les réseaux sociaux sont pratiquement devenus des éléments indispensables pour avoir un sentiment d’appartenance.

Il est évident que cela ne touche pas tous les utilisateurs de smartphone. Nous avons décidé, dans le cadre d’une expérience d’un cours de Culture Générale, de trouver des volontaires déterminés à s’éloigner de leur téléphone portable 24h durant. Sept candidats se présentent afin de répondre courageusement à la question de l’intitulé car ils ont accepté de se lancer le défi.

Mais avant de le faire, les cobayes de ce test se sont exprimés sur leurs attentes et ceux-ci divergent. Certains se sentent stressés à l’idée de ne pas pouvoir programmer le réveil du lendemain. D’autres affirment se sentir mal à l’idée de rater l’organisation d’une sortie entre amis ou encore de ne pas pouvoir écouter de musique. « J’aime être dans ma bulle, dans ma musique, ça me détend. Sans ça, je me sens mou », affirme un des candidats. Une autre ajoute : « ma source de détente après une journée de travail ou d’école, c’est de retrouver des potes autour d’un verre, mais comment y accéder si je ne peux pas les contacter ? Du coup, c’est possible que ça puisse me frustrer. »

Le smartphone serait donc apparemment un outil apportant directement ou indirectement le bien-être de l’utilisateur. L’art, la musique ou les rassemblements autour d’un verre se pratiquent et s’organisent autour des réseaux sociaux et des fonctions spécifiques aux téléphones portables.

A l’inverse des précédents témoignages, d’autres candidats sont enthousiastes à l’idée de faire cette expérience. Pour eux, le lâcher-prise du smartphone dans le cadre de ce cours leur permettrait d’avoir un angle de vue différent sur leur quotidien et de pouvoir exploiter d’autres façons de vivre. « Sans mon téléphone, j’imagine que j’aurai plus de temps pour réfléchir à des projets et je serai peut-être plus confronté à moi-même et je pense que cela peut faire du bien », nous expose un autre élève.

Selon ces témoignages, une certaine volonté d’indépendance face au smartphone se fait remarquer. Certaines personnes souhaiteraient alors avoir une certaine liberté sans pour autant le solliciter. Mais dans quelle mesure, si le monde évolue constamment autour de lui ? Telle est la question.

Une fois le test passé, les candidats ont de nouveau donné leurs avis. « Le test n’était pas assez long pour que je puisse voir les impacts sur mon quotidien. Mais cet aperçu m’a fait du bien car j’ai réalisé que je pouvais occuper mon temps différemment », s’exprime une des volontaires.

Une candidate ajoute : « mes parents m’ont félicitée et j’étais contente de moi parce que je pensais que ça allait être plus dur. Finalement plus de peur que de mal. »
Beaucoup étaient étonnés de voir qu’une journée sans smartphone n’a finalement pas été insurmontable et que, à l’inverse, ils se sentaient plus autonomes. L’entourage joue bien évidemment aussi un rôle.

Et vous, chers lecteurs, cap ou pas cap ?

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Cet article a été écrit par trois élèves d’une classes de deuxième année dans le cadre des leçons de Culture Générale de l’école Pierre-Coullery à la Chaux-de-Fonds. Tink.ch les remercie, ainsi que leur enseignant, Julien Beuret.