Société | 27.06.2018

Hommes et femmes : l’égalité salariale n’est pas encore pour demain !

Nous allons aborder le sujet épineux des différences de salaires entre les hommes et les femmes, ainsi que ses causes. L'interview qui suit a été réalisé dans le cadre de l'association « SEM » (Succès Égalité Mixité), qui a ses locaux à Neuchâtel. Pour en savoir davantage sur cette inégalité et en quoi consiste leur mission, nous désirons vous transmettre nos recherches actuelles sur ce sujet.
Photo: OFS

Selon l’OFS, les écarts salariaux ont diminué entre 1994 et 2004, pour ensuite rester stables jusqu’en 2012. Dans le secteur privé, en moyenne, la différence entre hommes et femmes est de 15.1 %. Dans le secteur public, la différence atteint 12.3 % (voir graphique).

Nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Madame Églantine Jeannet, qui est la cofondatrice de l’association « SEM ». A l’origine, cette personne est docteure en sciences sociales puis a commencé à travailler sur la question du genre et de l’égalité à travers la recherche académique.

Dans un premier temps, elle était intéressée par le sujet des femmes et de la religion. Sujet qui n’avait jamais été traité et c’est cela qui l’a motivé. Par la suite, elle a aussi fait un travail sur les femmes prêtres qui ont le droit d’exercer cette fonction depuis 1992. C’est lors de cette thèse qu’elle a découvert la question du genre et de l’égalité.

Le but de l’association est de recentrer la thématique du genre et de l’égalité. Elle participe également à des manifestions publiques. Par exemple, au cinéma où ils projettent des films en lien avec les questions du genre, finissant habituellement par un débat. Ils ont aussi œuvré pour financer et mettre sur pied l’exposition « Fille ou garçon, ça change quoi ? » (avril à juin 2016 à Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds).

Selon notre interlocutrice, « pour arriver à une situation d’un salaire équitable, il faut que chacun d’entre nous regarde le monde sous d’autres angles, change de perspective. On doit se rendre à l’évidence que ce n’est vraiment pas aussi facile que l’on pouvait penser. Il y a bien plus de travail et de choses à mettre en place. Il n’est pas facile de changer les mentalités. Il faudrait que les gens comprennent qu’à travail égal, salaire égal. Les femmes font les mêmes études que les hommes et on les mêmes capacités. »

Toujours selon Madame Jeannet, « les femmes ont toujours travaillé. Mais à partir du 19ème siècle, il y a cet idéal de domestique qui prédomine. Les femmes doivent rester à la maison pour s’occuper des enfants et de la maison ! Les différences de salaires sont généralement dues aux choix de carrière et au temps de travail. »

Lors des dernières décennies, du point de vue des lois, les choses ont changé et il y a moins d’écart. Depuis 1981 en Suisse, le principe d’égalité des droits entre hommes et femmes est inscrit dans la Constitution. Or, Madame Jeannet explique : « quant à la pratique, les choses ne sont pas forcément simples. L’égalité ne se décrète pas du jour au lendemain. Depuis 15 – 20 ans, les choses ont évolué négativement par rapport à l’éducation différenciée des enfants, notamment à cause du marketing. Par exemple, les livres. Il y en a pour les filles et pour les garçons. Ce ne sont pas les mêmes. Ceci à cause des stéréotypes.»

Notre interlocutrice évoque l’avenir : « un jour, il y aura une égalité sur le point de vue salarial car il y a assez de pression politique pour que les choses s’améliorent. Cependant, selon les statistiques de l’association « SEM », il nous faudra attendre l’an 2285 pour qu’il y ait cette égalité. Il faudra donc patienter ! »

Elle poursuit : « pour que cela change, nous devons dire aux gens que tout le monde a un rôle et une responsabilité. Donc, il est tout à fait possible d’en prendre conscience, d’ouvrir les yeux, de regarder le monde avec un autre regard et se dire «moi qu’est-ce que je vais faire pour que cela change ? Comment puis-je contribuer au changement ?»», explique Eglantine Jeannet.

Aux yeux de l’association, « la sensibilisation et l’explication aux personnes devraient déjà être un commencement pour que la société masculine commence à penser autrement. Il y aurait une solution simple, c’est d’appliquer à la lettre la loi telle qu’elle est mentionnée dans la Constitution. » Le refus de la transparence salariale imposée par le Conseil des Etats (en février dernier) ne va hélas pas dans ce sens !

Selon une étude publiée par le Forum Economique Mondial (WEF) en 2016, notre pays est passé du 11ème au 21ème rang en matière d’égalité salariale. Même si ce principe est inscrit dans la Constitution depuis 1981, cette égalité est encore loin d’être vécue dans les entreprises ! On ne la voit que très peu.

Nous sommes bien conscients que l’égalité ne sera pas pour toute suite car il y a trop de changements à prévoir pour y parvenir. Mais, c’est en voie d’amélioration. Nous espérons que dans quelques années nous n’aurons plus ce problème de différence salariale !

A travail égal, rémunération égale !

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Cet article a été écrit par trois élèves d’une classes de deuxième année dans le cadre des leçons de Culture Générale de l’école Pierre-Coullery à la Chaux-de-Fonds. Tink.ch les remercie, ainsi que leur enseignant, Julien Beuret.