Société | 14.06.2018

Bonne nouvelle, mais je ne la partage pas

Texte de Giacomo Müller | Photos de Giorgia Bazzuri
Beaucoup d'informations circulent sur les réseaux sociaux, dont une grande partie est partiellement ou complètement fausse. Empêcher leur propagation dépend avant tout de nous. Voici trois conseils simples pouvant nous aider à ne pas finir englouti par ce vortex.
Photo: Giorgia Bazzuri

Quelques semaines en arrière, je suis tombé sur un article du NY Times dont le titre a immédiatement attiré mon attention : « Comment empêcher les gens intelligents de partager des idées stupides ». L’auteur s’appuie sur la prémisse suivante : actuellement le problème dépasse les fake news elles-mêmes, puisqu’elles affectent n’importe qui et oui, même les personnes semblant être les plus intelligentes. Puis dans son article, suit une petite liste de trois attitudes à adopter pour ne pas tomber dans le piège, et contribuer ainsi à rendre les réseaux sociaux un peu plus « propres ». Ceci a également l’avantage de nous éviter de passer pour des imbéciles.

PAS DE LIENS, PAS DE NOUVELLES

Le premier conseil expose un principe plutôt facile à respecter : si l’information publiée ne contient aucun lien vers une source crédible et surtout vérifiable, réfléchissez-y à deux fois avant de la partager. Parfois, même les journalistes font cette erreur. En cherchant à être les premiers à publier une nouvelle, il arrive qu’elle soit reprise sans qu’ils n’aient pris le temps de vérifier son origine.

SI VOUS LE SAVEZ DÉJÀ, DOUTEZ

La deuxième suggestion soulève une question très importante sur le fonctionnement des réseaux sociaux que beaucoup oublient ou ignorent complètement. Il est essentiel de particulièrement mettre en doute les informations qui correspondent exactement à notre vision des choses et du monde. Pourquoi ? La question est légitime, mais elle ne tient pas en compte le fait que les sites comme Facebook et Twitter ou les portails comme Google et Amazon analysent nos recherches, suivent nos déplacements sur le net les réseaux pour ensuite nous afficher des propositions d’informations et de publicités ciblées. Cela provoque l’absence presque totale d’une opinion contraire et de faits qui nous déplaisent, mais fondamentaux pour le développement de la pensée critique. Les gens ont donc tendance à croire une fausse nouvelle correspondant à leurs propres convictions, plutôt qu’une véritable nouvelle qui se heurte à leur propre vision du monde.

POURQUOI JE PARLE?

Le dernier conseil reste mon préféré. Il s’agit de se demander, lorsque nous participons à une discussion, pourquoi parlons-nous. Ce qui est suggéré consiste en une action simple : attendre. Si avant de partager des informations ou de se jeter dans le chaos d’une dispute, nous prenions un moment pour réfléchir à ce que nous voulons réellement dire, nous comprendrions que souvent cela n’en vaudrait pas la peine. Face à l’effervescence, nous devons donc réfléchir plus sérieusement et de façon plus réaliste à la valeur ajoutée et au fonctionnement de nos médias.

Ces trois règles simples, comme le souligne l’auteur, sont clairement en contradiction avec tous les mécanismes que Facebook et Twitter utilisent pour encourager notre comportement sur les réseaux sociaux. Être sceptique, sélectionner plus d’informations et donc moins partager, porterait préjudice au fonctionnement de l’ensemble du système actuel, mais diminuerait l’influence de ces entreprises sur la qualité de l’information et sur notre société civile.

Source: https://www.nytimes.com/2018/03/22/opinion/facebook-spreading-ideas.html

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