Société | 06.05.2018

Cup ou pas cup ?

Texte de Laura Dick | Photos de menstrualcup.com
Il y a un siècle, elle a été inventée par Leona W.Chalmers. Elle rencontre seulement aujourd'hui un grand succès. On parle de la coupe menstruelle en silicone médical.
Photo: menstrualcup.com

Discrète, écologique et sans – dit-on – de substances toxiques, comme par exemple les pesticides présents dans le coton des tampons, la coupe menstruelle se présente comme une révolution du passé destinée à changer le futur. C’est sûr qu’elle est plus écolo que les protections jetables. Ocean Concervancy déclare que plus de 27’000 tampons ont été récoltés dans les eaux marines en 2013. C’est encore peu, vu qu’on estime qu’une femme utilise 1’100 protections intimes au cours de sa vie. La coupe en silicone médical diminuera certainement cette pollution. Toutefois, certains doutes  concernant l’hygiène et le danger du choc toxique lors de son utilisation ont été soulevés.

«Une révolution pour les sportives»

Pour Taïmi, 25 ans, la coupe en silicone a été une révolution. Ayant une vie très active, les tampons n’étaient pour elle pas la solution idéale : « Ils m’ont toujours dérangé. Le grand inconvénient était le fait que je devais toujours me changer chaque fois que j’allais aux toilettes. De plus, vu que je fais beaucoup de sport, le tampon n’était pas confortable puisqu’il bougeait continuellement. » La solution est arrivée grâce au bouche-à-oreille. « Une amie l’utilisait depuis des années. Elle disait que la coupe fonctionnait très bien et elle m’a convaincue de l’essayer. Ça a été une révolution, surtout pour mes activités sportives. En ce qui concerne les expériences négatives », ajoute-t-elle, « je ne connais personne qui est contre son utilisation, mais plutôt que la coupe peut causer des douleurs ou que l’essayer fait peur. »

Silvia, 27 ans, n’utilise pas la coupe et elle a de bonnes raisons. « La première fois que j’ai entendu parler de la coupe a été chez ma gynécologue. On discutait des allergies au latex et elle m’a expliqué que la coupe, en étant en silicone, pouvait être source d’une intolérance. Je ne l’utilise pas pour cette raison. Elle est sûrement écologique, mais je ne la trouve pas sans risques et aussi pas hygiénique. Les autres protections intimes me semblent plus prudentes. »

« Ce n’est pas une révolution, mais une alternative »

L’hygiène et les allergies semblent donc rester deux les principaux problèmes dus à l’utilisation des coupes. Nous avons demandé à Irene Sandmeier, gynécologue depuis plus de 25 ans, de clarifier certains points. « Je n’avais jamais entendu parler de cette coupe jusqu’à quelques années. Actuellement, il y a une forte demande. Probablement plus de femmes s’intéressent à leur corps. L’idée de la pilule semble aussi être aujourd’hui moins en vogue. L’essor des régimes végétariens et les alternatives naturelles offrent, dans leur ensemble, un contexte beaucoup plus vert », nous explique la doctoresse. « Je ne connais pas d’effets négatifs dus à l’utilisation de cette coupe. Les distributeurs de ce produit nous ont juste dit qu’il faut faire attention lorsque la patiente utilise aussi le dispositif intra-utérin », souligne la doctoresse. « Retirer la coupe pourrait aussi faire sortir le contraceptif. C’est rare, mais il faut quand même informer la patiente. » Attention aussi aux allergies: il faut chercher des coupes sans latex si on veut opter pour cette alternative sans avoir de risques. Cependant, concernant l’hygiène, il ne semble pas y avoir de grands risques. « La coupe est faite de gomme et se lave simplement avec de l’eau », explique la doctoresse. « On a supposé des risques en relation au choc toxique, mais jusqu’à maintenant je n’ai personnellement pas entendu parler de cas. J’ajouterai aussi que ces cas sont plutôt rares. J’ai eu des patientes qui ont oublié des tampons pendant de longues périodes. Le seul inconvénient a été l’odeur désagréable ». Trouvons-nous donc devant une révolution ? « Je dirais que non », répond la doctoresse. « C’est une alternative, mais ce n’est pas la solution pour toutes les femmes ».

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