Culture | 17.04.2018

Femmes et jeunesse à l’affiche du FIFOG

Texte de Marie Thiébaud | Photos de FIFOG
Du 21 au 29 avril aura lieu la 13 ème édition du Festival International du Film Oriental de Genève (FIFOG) à Genève et ses communes. Plus de 102 films en provenance de 30 pays d'Orient et d'Occident seront projetés dans 25 lieux. Les femmes et jeunes seront à l´honneur et le cinéma iranien sera sur le devant de la scène.
Affiche du FIFOG 2018
Photo: FIFOG

Le FIFOG offre à nouveau au public un programme riche et diversifié par le nombre de films, les contenus et formats cinématographiques proposés. Passant de 8 films et d’une centaine de spectateurs lors de sa première édition à 102 films et un public aux alentours de 10’000 personnes, le FIFOG a su évoluer, susciter un intérêt auprès de la population et gagner sa place dans l’offre culturelle de Genève. Le succès est également au rendez-vous quant à la participation artistique : 400 candidatures ont été reçues rien que pour les courts-métrages dont 40 ont été sélectionnés et seront présentés au public.

Vitrine des malmené-e-s

Cette édition  se focalise sur les femmes et les jeunes. Selon Tahar Houchi, fondateur et directeur général et artistique, le FIFOG est un moyen d’expression et de réflexion pour des populations souvent malmenées en Orient. Ce choix, bien que paraissant découler du contexte médiatique, a été décidé bien avant l’éclatement des scandales à Hollywood : « nous ne surfons pas sur l’actualité, l’actualité nous a rejoint ». La parole est ici donnée aux opprimés qui luttent pour leurs droits. Les femmes et les jeunes s’expriment et créent sans mesures et sans censures malgré les pressions subies. Parmi la sélection, 40 films sont produits par des femmes et 70 les valorisent. L’effort de représentation d’une des moitiés de l’humanité s’est aussi ressentie dans le jury, composé de seulement deux hommes sur 15 jurés.

Le FIFOG est également l’occasion de libérer la parole, explique le président Patrice Mugny. Là où une certaine peur s’est installée dans les discussions portant sur la culture, les artistes, partenaires et le public auront un lieu d’expression non porté sur les débats idéologiques et contraints. Sortir des discussions répétitives, notamment la question du port du voile, et donner la parole aux principales concernées les réinséreront dans les nombreux débats concernant leurs rôles, droits et revendications.

Le 7 ème art  et le Vivre ensemble

Le festival collabore à nouveau avec des classes genevoises. Trois établissements scolaires des degrés secondaire I et II ont formé des jurys après avoir bénéficié d’un projet pédagogique du FIFOG, sous la houlette d’Alba Bianda, visant l’acquisition de compétences cinématographiques et la promotion de la paix et du Vivre ensemble. Ne se limitant pas seulement aux écoles et dans un souhait d’intégration, le festival va également collaborer et projeter dans des centres accueillant des migrants. Leur volonté étant d’impliquer les nouveaux arrivants et de permettre leur rapprochement avec les habitants des communes par le biais de projections et de débats.

De plus des personnes en milieu pénitentiaire (Champ-Dollon et la Brenaz), hommes et femmes, ont été incluses en composant à leur tour des jurys. L’accent est mis sur la problématique de la radicalisation, n’étant possible que dans un espace sans discours. L’heure est à la rencontre, au débat et à la convergence des incompréhensions. La légitimité de cet élan n’est que renforcée, selon Patrice Mugny, par le contexte actuel de montée des extrémismes, dérives dogmatiques ou antisémitisme et islamophobie. Proposer des outils de réflexion, un dialogue et s’opposer aux embrigadements et aux amalgames est plus que nécessaire face à la bêtise et la violence.


FIFOG, du 21 au 29 avril

Programme

Longs-métrages, documentaires et courts-métrages

Débat le samedi 28 avril

Exposition photo « Regard d’Orient »

Ciné-brunch oriental le 29 avril

Et plus encore

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