Société | 21.02.2018

12 femmes

En Amérique Latine, 12 femmes meurent par jour parce qu'elles sont femmes. Ces violences sont courantes et l´impunité l'emporte.
Les maux les plus communs de la violence basée sur le genre : l’exploitation sexuelle et les féminicides.
Photo: Max P Gomez

Selon la Commission Économique pour L’Amérique Latine (ONU), chaque jour 12 femmes meurent en Amérique Latine pour la seule raison d’être femme. Malgré cela, le féminicide n’est pas reconnu par le code civil des différents pays de cette région du monde et par conséquent les coupables ne sont pas punis. Envisagez cela, envisagez la gravité d’une société qui ne punisse pas la violence contre la femme, envisagez la taille de la lutte. La femme est oppressée et violentée dans de nombreuses parties du monde mais nous avons oublié qu’avant d’être femme, c’est une personne qui est violentée et abusée. Par ailleurs, l’exploitation sexuelle existe à un tel niveau qu’elle est la deuxième activité illicite ayant le plus de revenus après le trafic de stupéfiants. Avec 510 voies de transit dans le monde, l’ONU déclare qu’une fille sur trois est victime de la traite des blanches. Cent cinquante-deux nationalités, des centaines de femmes, un même destin : l’exploitation.

Nous habitons dans un monde régi par l’opportunisme et l’oppression de l’autre, où « l’autre » est majoritairement une femme. Prenons l’exemple de l’Amérique Latine où, selon l’ONU, 38% des femmes ont subi un abus au court de leur vie, signe d’une société ignorant, encourageant et normalisant la violence contre les femmes. C’est une société avec une brèche sociale entre hommes et femmes très grande, tellement grande que la femme n’est pas seulement oppressée dans le domaine professionnel mais aussi vue comme un objet de procréation par l’autorité. Étant moi-même de culture latine et ayant grandi dans un pays machiste comme le Mexique, j’ai remarqué que les femmes ont aussi une part de responsabilité en acceptant la discrimination, élevant des garçons avec des idées machistes, disant à nos filles qu’elles doivent aimer la couleur rose, disant « je ne peux pas », pensant qu’avoir des sentiments équivaut à dire « je ne suis pas assez forte ».

Comment résoudre ce problème ?, En se concentrant sur le critère du genre ou alors en le dépassant et en se concentrant sur le fait que, avant d’être femme ou homme, nous sommes tous humains : des personnes à part entière et que, pour la seule raison d’être, nous devons se respecter les uns les autres.

Ne plus considérer la femme, l’ « autre » comme objet est un point de départ. Parce que la femme est bien chosifiée dans notre société. Une étude récente de l’Université Oxford a présenté la thèse que le début de ce phénomène a eu lieu à cause du passage de la vie nomade à sédentaire, où les hommes se sont aperçus qu’il était possible d’accumuler des objets, et un de ces objets était la femme. Mais ne pas considérer la femme comme objet est insuffisant, une réflexion plus profonde sur le genre doit être faite puisque nous sommes tous masculins et féminins en même temps, nous faisons partie de sociétés avec des touches féminines et masculines, les deux sont nécessaires à une harmonie. La prémisse principale du féminisme est la reconnaissance de l’individualité des femmes. La compréhension appropriée et l’utilisation des mots corrects sont une base essentielle pour réussir ; alors je me permets de citer un écrivain, Zakarias Zafra : « La domination commence par le langage ». Par conséquent, il faut comprendre que c’est par le biais du principe de l’équité qu’il faut fonder la lutte. L’équité donne des conditions égalitaires où l’individualité de genres est conservée avec tout ce qui les définissent.

Ainsi, le féminisme doit être un outil d’apprentissage qui encourage les changements sociaux à reprendre toutes les valeurs qui nous rendent humains.

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