Culture | 13.07.2015

Michael Moorcock, génie de la fantasy

Texte de Raphael Fleury | Photos de NIFFF
Le célèbre auteur britannique de fantasy et de science-fiction Michael Moorcock est venu rencontrer le public jeudi à  Neuchâtel dans le cadre du forum littéraire New Worlds of Fantasy. Séance de dédicaces à  l'appui.
Photo: NIFFF

Le NIFFF, ce n’est pas que des films, c’est aussi un forum littéraire qui sait inviter de grands noms. C’était George R. R. Martin, l’auteur du Trône de fer, l’année passée (http://www.tink.ch/nouveau/article/2014/07/12/george-r-r-martin-le-tolkien-americain/), c’est Michael Moorcock pour cette quinzième édition du festival. Cité en 2008 par The Times parmi les cinquante meilleurs écrivains britanniques depuis 1945, Michael Moorcock est un génie de la fantasy et de la science-fiction. Il est connu notamment pour le cycle d’Elric et la légende de Hawkmoon.

 

De la politique à  la fantasy

C’est avenant, l’air décontracté, l’Š«il rieur que Michael Moorcock se présente face à  un public admirateur. « Je n’avais pas l’intention d’être un auteur de fantasy ou de science-fiction », lâche-t-il « j’avais de l’intérêt pour la politique, je voulais devenir un homme politique. J’ai travaillé pour le parti libéral. J’écrivais des discours et des pamphlets ». Mais l’écrivain s’est finalement détourné de la politique, et, de fil en aiguille, est devenu un auteur de fantasy et de science-fiction.

 

Vivre de l’écriture

Loquace, gorgé d’une simplicité touchante, Michael Moorcock poursuit « s’il y a un conseil que j’ai pu donner à  de jeunes auteurs pour qu’ils écrivent mieux, c’est d’arrêter de lire tout livre de science-fiction. Beaucoup sont mal écrits, il n’y a aucune ambition littéraire, aucun style ». Personnellement, l’écrivain septuagénaire aime lire Camus. Ou encore les existentialistes. On sait qu’un lien particulier l’attache à  la France. Il a passé beaucoup de temps dans l’Hexagone. Ce qu’il faut encore pour bien écrire ? « Une structure solide avant tout, lance-t-il, le reste ensuite va de soi. Il faut évidemment de l’imagination par ailleurs. J’ai toujours écrit très rapidement, j’ai eu deux enfants, il fallait que j’écrive beaucoup pour nourrir ma famille ».

 

Le Multivers

Le concept du Multivers est central dans l’Š«uvre de Moorcock. L’auteur en a eu l’idée à  dix-sept ans déjà . Elle est née d’un refus philosophique. « On parlait alors beaucoup de la théorie du Big Bang, a dit Moorcock, et de l’entropie, d’un univers mourant, s’acheminant vers le néant ». Le Multivers, c’est une révolte face à  ces vues-là . Les héros de l’auteur britannique explorent différents mondes dans différentes situations, s’efforçant de résister aux forces de l’entropie. Les héros ? En réalité, on peut considérer qu’il n’y a qu’un héros dans l’Š«uvre de Moorcock. « Dans chacun de mes livres » affirme-t-il, « il s’agit en fait du même personnage, c’est la figure du Champion éternel ». Un autre concept-clé. Le Champion éternel, c’est ce personnage qui, s’il est protéiforme, conserve une essence unique.

 

Quid de l’écran ?

« Je n’ai jamais eu l’ambition de voir mon Š«uvre adaptée à  l’écran » assure Moorcock. « Après le Seigneur des anneaux, on a vu que les effets spéciaux étaient véritablement à  même de servir l’histoire ». Chris Weitz, le réalisateur de A la croisée des mondes : la boussole d’or, voulait porter à  l’écran Elric. Cela ne se fera finalement pas. En revanche, un contrat est signé avec les créateurs de The Walking Dead. Les fans peuvent donc s’attendre à  voir dans le futur Elric dans le cadre d’une série télévisée. Et qui sait, peut-être, un jour, Hawkmoon. De quoi se réjouir.