Culture | 07.07.2015

Apocalypse Now

Texte de Raphael Fleury | Photos de NIFFF
Le dimanche 5 juillet était une journée prometteuse au NIFFF : à  l'affiche, deux cinéastes connus des festivaliers, qui avaient livré des bombes par le passé.
Photo: NIFFF

Promesses non tenues ! Deux réalisateurs de talent pour deux bides. En effet, Miike Takashi et Anders Thomas Jensen, respectivement les metteurs en scène de Yakuza Apocalypse et Men and chicken, ne sont pas parvenus à  nous convaincre, loin s’en faut.

 

Yakuza Apocalypse

Foutraque, chaotique, complètement barré, Yakuza Apocalypse perd rapidement le spectateur. Quelques scènes, certes, sont à  saluer : il y a ces hommes faisant du tricot, prisonniers dans un sous-sol, et qui constituent le garde-manger d’un yakuza vampire. Il y en a une ou deux autres encore. Mais pour le reste, lassitude et vacuité ! Y a-t-il seulement un scénario ? Le cinéaste a-t-il une autre intention que de se faire plaisir à  lui-même, au détriment des spectateurs ? Où veut-il les mener ? Veut-il seulement les mener quelque part ? Autant de questions auxquelles nous n’avons pas de réponses ! Le film a été un flop au Japon, et c’est compréhensible. On ne retrouve pas le Takashi Miike de l’année passée au NIFFF, qui avec The molesong nous avait absolument ravi (http://www.tink.ch/nouveau/article/2014/07/09/frenesie-japonaise/). En lice pour le prix de la compétition asiatique, gageons qu’il repartira bredouille.

 

Men and chicken

Masturbation, inceste ou encore zoophilie font le sel de Men and chicken. Le tout sur le mode de l’humour noir et de l’irrévérence. Mais là  où Anders Thomas Jensen avait réussi un véritable tour de force lors du NIFFF 2006 avec le génial Adam’s apples, il pèche avec Men and chicken. En cause ? Un manque de subtilité sans le moindre doute. On se bat, mais cela tourne au pugilat. On devrait rire, mais on ne rit pas, ou peu, puisqu’il y a tout de même quelques bons moments. Comme lorsque l’un des protagonistes se lance dans une critique de la bible avant de la réinterpréter à  la lumière de la science. En lice pour le Méliès d’argent du meilleur long métrage européen, gageons que, lui aussi, il repartira bredouille.