Culture | 07.07.2015

Amour et sexe à  foison

Texte de Raphael Fleury | Photos de NIFFF
Le cinéaste français Gaspar Noé a livré au NIFFF, après Irréversible et Enter the void, un nouveau film coup de poing où l'amour et le sexe s'en donnent à  cS«ur joie : Love. Une petite merveille.
Photo: NIFFF

Love, c’est du sexe, beaucoup de sexe. Mais c’est aussi et même avant tout un film sur l’amour, sur la passion. Un film fleuve plein de qualités, réservé aux adultes. Encore sous l’influence des drogues consommées la veille, Murphy reçoit un appel téléphonique de la mère d’Electra : elle s’inquiète parce que sa fille a disparu. Murphy se laisse alors happer par les souvenirs passionnels des années passées avec la jeune femme.

 

Une Š«uvre pornographique ?

Qualifier Love d’Š«uvre pornographique serait terriblement réducteur. Alors oui, il y a du sexe dans Love, beaucoup de sexe : rien n’est épargné au spectateur, pénis, seins, fessiers, vagins sont montrés sous toutes leurs coutures. Le protagoniste éjacule même sur le spectateur (le film est en 3D). Pourquoi le nier : on baise. Mais pas comme des lapins. Parce que, et n’en déplaise à  ses détracteurs, Gaspar Noé est un véritable esthète, pour ne pas dire une sorte de génie qui tient un peu de Malick, un peu de Kubrick. La comparaison est osée. Nous l’assumons. Et parce que Love porte en son sein une profonde réflexion sur l’amour, et sur la vie.

 

Des larmes, du sperme et du sang

C’est ce que lance le protagoniste : « Des larmes, du sperme et du sang ». Avant d’ajouter : « C’est l’essence même de la vie ». Des larmes, il y en a dans Love. Du sperme, tout autant. Et du sang ? Il coule si bien dans les veines qu’il n’est pas loin de les faire éclater. C’est la force de la passion. Love, il est nécessaire de le rappeler encore et encore, ne se résume pas au sexe. L’amour, en furie, se déchaîne ici.

 

Un authentique film d’art

Love peut se targuer d’être plus qu’une Š«uvre cinématographique : une Š«uvre picturale doublée d’une Š«uvre musicale. Un xylophone se fait entendre. Il laisse place au piano. Lui-même se tait, pour qu’une guitare acoustique puisse s’exprimer. On reconnaît Led Zeppelin. Une guitare électrique, soudain. Puis un synthétiseur. Tous les instruments semblent y passer. Un pur régal. Le travail photographique est époustouflant. Les jeux de couleurs, éblouissants. Et que dire de la mise en scène, tout simplement brillante ! Il y aurait beaucoup à  dire sur Love. Énormément. C’est un film fleuve comme on les aime. Une expérience sensorielle, un voyage hors du commun. Enter the void, prix Narcisse du meilleur film lors du NIFFF 2010, n’avait pas fait l’unanimité. Love ne la fera pas non plus, certes. Tous deux, pourtant, nous ont enchanté au plus haut point. Ce sont des Š«uvres qui méritent d’être défendues, ne fût-ce que pour leur audace, et parce qu’elles témoignent puissamment en faveur de l’art. Chapeau bas à  Gaspar Noé.