La quarantième rugissante

 

La 40ème édition du Paléo Festival s’est achevée hier soir. Robbie Williams, Sting ou Johnny Hallyday sont les nombreux artistes qui ont fait vibrer les quelques 270’000 spectateurs présents au fil des jours sur la plaine de l’Asse. Retour sur la semaine écoulée.

 

 

Pour célébrer son anniversaire, le Paléo Festival a commencé un jour plus tôt que d’habitude. Ainsi, ce n’est pas loin de 280 concerts et spectacles qui ont fait danser les 270’000 spectateurs présents durant ces sept jours. Et à  Daniel Rossellat de résumer la semaine écoulée en cinq mots : émotion, affection, amitié, partage et respect.

 

 

Des légendes sur scène

 

Robbie Williams, star de cette 40ème édition, a ouvert les festivités lundi soir. Les billets se sont arrachés en 20 minutes ! Et l’artiste britannique de 41 ans n’a pas déçu les quelques 38’000 spectateurs présents devant la grande scène avec son show grandiose.

 

 

Autre artiste anglais très attendu : Sting. Avec ses chansons « Roxanne » et « Message in the Bottle », l’ancien chanteur de The Police a fait danser les festivaliers, malgré la pluie et la boue. L’english man in New-York a offert à  Paléo un magnifique concert en présentant ses plus grands succès devant une foule mouillée mais conquise.

 

 

Johnny Hallyday, tête d’affiche de jeudi soir, a quant à  lui confirmé qu’il est bel et bien resté vivant. 19 ans après son fameux « Bonsoir Genève », il a fait son grand retour sur la plaine de l’Asse et a enchaîné ses succès dans son spectacle très rock.

 

 

Finalement, samedi soir la plaine de l’Asse a pris des airs de Woodstock. Avec Joan Baez, Patti Smith et Robert Plant, les festivaliers ont replongé avec nostalgie dans les années 1970. Emotions et souvenirs ont marqué cette soirée.

 

 

Ainsi, cette 40ème édition a été riche en découverte musicale, bonne humeur et évidemment, avec beaucoup de pluie !

 

Tu sais que tu as été au Paléo si…

Chaque année au moment de l’annonce de la programmation des concerts du Paléo Festival, les critiques fusent, les gens se plaignent et sont mécontents. Et pourtant, depuis 39 ans il y a toujours plus de paléistes qui dansent sur la plaine de l’Asse. L’année dernière, il y avait près de 230’000 spectateurs ! Alors comment expliquer le succès du Paléo ? Qu’est-ce qui le rend si particulier ? Au fil des jours, les festivaliers nous répondent.

 

 

1. D’abord, il y a la météo. Un Paléo sans averse ce n’est pas possible. Après deux premiers jours de canicule et de ciel bleu, la pluie est arrivée et a détrempé la plaine de l’Asse. Des jeunes festivaliers nous expliquent leur stratégie face à  cette météo capricieuse : « Avec mes potes, nous avons tous notre paire de basket qu’on utilise seulement pour le Paléo et qu’on sacrifie dans la poussière, la boue et la pluie ! » Et lors d’un orage, nous pouvons noter le comportement typique du festivalier : chercher un abri pour être au sec, être fatalement mouillé, finir par abandonner et se retrouver sous la pluie trempé et boueux mais en profitant des concerts. « Etre au Paléo c’est avoir un goût de poussière dans la bouche, mettre des bottes de pluie quand le temps est sec est venir en basket quand il pleut » continue en rigolant notre groupe de jeunes paléistes.

 

 

2. Essayer de retrouver ses amis avec lesquels on s’était donné rendez-vous. « Je suis censée retrouver des amis vers la grande scène pour Charlie Winston, je les cherche depuis 30 minutes » répond amusé une paléiste. Entre la foule, les réseaux qui sont saturés et l’impossibilité de téléphoner tellement il y a du bruit, c’est un vrai challenge que de se donner rendez-vous au Paléo ! Alors on repart bredouille, on croise d’autres amis et on passe une belle soirée.

 

 

 

3. Apprécier la proximité avec les autres festivaliers dans le train Nyon St-Cergue. Chaque année on se dit qu’on y échappera en arrivant plus tôt, mais il est bien difficile de changer les bonnes vieilles habitudes. « Cette année, nouvelle résolution. On part à  pied depuis la gare de Nyon » explique un groupe aux allures de rockeur et au tee-shirt à  l’effigie de Johnny Hallyday, qui s’est présenté jeudi soir sur la grande scène. « C’est Johnny ce soir ! Y’aura du monde ! Et on a plus 20 ans alors être coincés comme des sardines dans le train ce n’est plus pour nous » poursuit amusé le joyeux groupe.

 

 

 

4. Découvrir le Village du Monde, ses animations et ses stands de nourriture. Cette année, l’Extrême-Orient était l’invité d’honneur. Danses traditionnelles et nourritures asiatiques ont enthousiasmés les festivaliers. Car le Paléo c’est cela aussi, découvrir et voyager le temps d’une soirée dans d’autres pays.

 

 

 

5. Arriver au dernier jour du festival et se dire que dès le lendemain il faudra reprendre une vie normale. Terminé le champ de boue et de paille, les rentrées à  3h du matin et les oreilles qui sifflent. « Chaque année je suis un peu nostalgique une fois le Paléo terminé. Mais il reste encore un jour et je compte bien en profiter » confie un paléiste.

 

 

120 secondes présente Paléo

Hier soir à  21h30, place à  l’humour sur la grande scène. Les deux Vincent de 120 secondes proposent un spectacle unique pour plonger dans les coulisses du Paléo. Découverte de l’envers du décor du festival et éclats de rire sont au programme !

 

Le spectacle commence sous le déluge

Au début du spectacle un bref mais violent orage s’abat sur la plaine de l’Asse. Les spectateurs se cachent sous les parapluies et les anoraks et les moins courageux quittent la grande scène pour aller s’abriter. Mais cet intermède orageux ne perturbe pas les deux Vincent : « C’est que de l’eau ! Vous n’êtes pas en sucre ! » s’époumone le lieutenant-colonel Karl-Heinz Inäbnit, premier invité de ce spectacle élaboré spécialement pour la 40ème édition du Paléo. Le spectacle continu sous les éclairs et la pluie, mais cela ne décourage heureusement pas la grande majorité des festivaliers présents devant la grande scène. « Après cette journée caniculaire, la pluie était simplement une pointe d’humour supplémentaire durant ce spectacle » raconte amusée une festivalière trempée, qui n’avait prévu ni bottes ni parapluie pour la soirée.

 

Humour et musique

Pendant 1h30 les invités s’enchaînent les uns après les autres sur scène pour nous parler des coulisses du festival : sécurité, économie, nourriture, camping,…rien n’est laissé de côté. Serge Jaquet, invité de choix !, vient nous parler de ses expériences en tant que campeur. Et pendant son intervention, le public jette une pluie de gobelets consignés vers la grande scène ! A Serge Jaquet de répondre : « Merci, vous avez doublé ma rente AI ».

Coup de projecteur sur les scènes helvétiques

Si Robbie Williams, Sting ou Johnny Hallyday déchaînent les foules et font danser la plaine de l’Asse devant la grande scène, les artistes suisses sont également bien présents pour cette 40ème édition du Paléo Festival. Coup de projecteur sur les scènes helvétiques.

 

 

Diversité musicale….

Cette année, c’est une jolie palette musicale qui est proposée au Paléo Festival, avec 24 groupes ou artistes suisses programmés, pour la majorité d’entre eux, au Club Tent, une scène qui peut accueillir 2000 personnes. Si ce sont principalement les artistes de Suisse romande qui sont représentés, comme Olivia Pedroli, Fabian Tharin ou Duck Duck Grey Duck, les groupes de Suisse alémanique ou du Tessin sont également présents pour offrir une belle diversité durant le Paléo Festival. En effet, les styles musicaux sont variés et colorés : rock, chanson française ou électro, la scène suisse ne semble pas être teintée d’une couleur musicale particulière. « Il y a beaucoup d’artistes suisses cette année et c’est avec plaisir que je découvre certains groupes, car le Paléo pour moi c’est aussi découvrir les nouveaux talents » confie un jeune festivalier enthousiaste pendant le concert du groupe genevois « Hell’s Kitchen ».

 

 

… et humour au programme

Si la scène musicale suisse offre une belle programmation durant toute la semaine au Paléo, l’humour helvétique n’est pas en reste. En effet, après avoir fait rire la Suisse romande et une partie de la France, 120 secondes foule une dernière fois la scène pour venir taquiner les festivaliers de la plaine de l’Asse. « J’étais certaine que 120 secondes serait présent au Paléo ! J’ai déjà  vu leur spectacle, mais j’ai hâte de le revoir » raconte une festivalière impatiente. Alors ce soir sur la grande scène, le duo comique promet à  nouveau de faire rire toute la Suisse romande le temps d’une soirée.

« Let Her Go » brave la pluie

 

Une fois n’est pas coutume au Paléo Festival, les bottes de pluie et la boue ont fait leur grand retour ! Après deux jours caniculaires, c’est un déluge qui s’est abattu hier sur la plaine de l’Asse. Mais il en faut plus pour décourager les paléistes, qui malgré la pluie n’ont pas perdu leur bonne humeur. L’ambiance était au rendez-vous pour accueillir Passenger, présent sur la scène des Arches hier soir.

 

 

 

 

Une musique folk résonne aux Arches

 

Auteur-compositeur et interprète, Mark Rosenberg fonde le groupe folk rock Passenger, dont il gardera le nom pour sa carrière en solo. Il se fait notamment connaître par ses apparitions dans la rue et est révélé au grand public avec son titre « Let Her Go », véritable phénomène musical. En 2014, il sort son quatrième opus « Whispers » et entame une tournée en Australie et en Europe, s’arrêtant pour un soir au Paléo Festival. Seul sur scène avec sa guitare et sa voix mélodieuse, l’artiste anglais a offert un magnifique concert, devant un public conquis.

 

 

 

 

Pluie et bonne humeur au rendez-vous

 

Une heure avant le début du concert de Passenger, une poignée de festivaliers trépigne déjà  d’impatience devant la scène des Arches. Qu’importe la pluie et la boue, il en faut plus pour décourager les fans de l’artiste anglais. « Ce sont les minutes les plus longues de ma vie ! Le temps passe trop lentement » confie une jeune festivalière. Petit à  petit, la foule devient plus compacte et se presse devant la scène des Arches. Malheureusement, le concert est retardé de quelques minutes. Malgré tout, les festivaliers ne perdent pas leur bonne humeur : certains improvisent des chants, d’autres dansent sous la pluie et c’est en chŠ“ur que la foule entonne un « happy birthday » pour l’un des paléistes présents devant la scène.

 

 

C’est avec humour et enthousiasme que Passenger a joué près d’une heure au Paléo, s’amusant de ce public caché sous des anoraks de pluie colorés, faisant rire la foule avec sa chanson « I Hate » et faisant chanter le public sur « Holes » ainsi que sur sa fameuse chanson « Let Her Go ». L’artiste anglais a ainsi réussi à  nouer une belle complicité avec son public, qui a rapidement oublié la pluie et la boue pour chanter et danser sur ses balades folk et mélodieuses.

Le Paléo se déchaîne pour Robbie Williams

C’est sous un soleil radieux que la première journée de la 40ème édition du Paléo Festival a commencé. La chaleur caniculaire n’a pas empêché les milliers de festivaliers de fouler la plaine de l’Asse et de se presser vers la grande scène pour assister au show spectaculaire de Robbie Williams, véritable star de la soirée. Devant plus de 38’000 spectateurs, l’artiste britannique a tenu toutes ses promesses.

 

« Let Me Entertain You »

Avec plus de 70 millions d’albums vendus à  travers le monde, Robbie Williams a enchaîné les succès au fil des années et nous promet un concert spectaculaire pour la soirée d’ouverture du Paléo. Promesse tenue! Au début du show, des lettres se dessinent sur les écrans géants, avec une requête envers le public : « Let Me Entertain You ». C’est donc devant une foule hystérique que le chanteur de 41 ans débute son concert. Véritable bête de scène, Robbie Williams aime divertir et amuser la foule par ses facéties, son charme et ses danses. Tous les moyens sont bons ! Et entre les chansons, ses interventions sont ponctuées d’une bonne dose d’autodérision. En quelques secondes, il résume sa carrière, des Take That à  la scène du Paléo, en faisant la part belle à  son passé de chanteur de boys band, à  ses extravagances et ses tatouages. Par ses frasques, il fait rire et sait captiver la foule, passant en un éclair de l’humour à  l’émotion.

 

Entre émotion et musique rock

L’artiste britannique, grâce à  la diversité de sa musique, séduit les cŠ“urs des festivaliers. Ses chansons sont douces et emplies d’émotions, tout autant que sa musique est rock et puissante. Robbie Williams sait conquérir les paléistes, il charme et caresse d’une main, tandis que l’autre entraîne et harangue la foule à  le suivre dans ses extravagances.

La pop-star enchaîne les succès et seules quelques notes suffisent pour entraîner les festivaliers à  danser sur « Rock DJ » ou à  ce que la plaine de l’Asse chante en chŠ“ur sur « Feel » ou « She’s The One ». Belle séquence émotion également lorsque le père de l’artiste britannique monte sur scène pour interpréter avec lui, tout en douceur, « Better Man ».

 

Mais Robbie Williams nous surprend également en interprétant avec brio quelques grandes chansons pop-rock. L’enchaînement de ses tubes n’est pas linéaire et il aime casser le rythme en faire voyager le public dans l’univers rock des dernières décennies, à  l’instar de « I love Rock’n’roll » de Joan Jett ou de « We will rock you » de Queen. Entre ses deux chansons, « Better Man » et « Supreme », il glisse une reprise de Wonderwall de Oasis. Il entonne « Royals » de Lorde et chante avec les festivaliers « My Way » de Frank Sinatra.

 

 

Et pour laisser la part belle au public, le concert se termine sur les dernières notes de la ballade « Angels », où le refrain a été entonné seul par les festivaliers: « et j’ai trouvé ça très beau que ce soit le public qui termine le concert en chantant » nous confie une paléiste. Effectivement, beau moment d’émotion, pour un show grandiose de Robbie Williams qui a offert la première soirée du Paléo Festival

 

Les Caraïbes s’invitent à  Montreux

Accompagné de son groupe «The indignation» ainsi que de deux choristes, le chanteur jamaïcain a débuté le concert en interprétant “Rasta Man”, un de ses classiques. Initialement accompagné de Ky-Many Marley, benjamin du mythique Bob Marley, sur cette chanson, Protoje avait pour doublure sa choriste pour interpréter le morceau.  Sont venus ensuite des moments de partage ou Protoje a choisi d’interagir avec le public en tendant régulièrement le micro vers eux. La présence du public s’est faite ressentir tant on pouvait entendre la foule chanter par cŠ“ur les titres de l’artiste, et ceci régulièrement.

 

L’un des moments forts du concert était lorsque le synthétiste, lui aussi entrainé par le rythme, a quitté son poste pour rejoindre Protoje. Tous les deux dansaient passionnément sur la chanson I&I, Les deux rasta-man ne se sont pas fait prier pour être suivis par les nombreux fans du Lab. Un moment inédit, peut-être pas prévu, mais qui n’a fait qu’amplifier la bonne ambiance qui régnait déjà  dans l’espace.

 

L’engagement social que prônent les Rastas dans leurs chansons s’est fait ressentir sur scène. Protoje, les poings fermés s’écriait «fight, fight!». Le public l’imitait les poings fermés et en l’air. Un geste qui va dans le sens de la chanson «Rasta-Man». Le chanteur y dénonce le regard péjoratif porté sur le mode de vie et la culture rasta. Une culture assumée, mais pas toujours bien vue aux yeux des pères, comme il le chante dans son titre.

 

Le seul bémol de la soirée fut de ne pas avoir pu entendre sur scène plus de chansons de son nouvel album. Mais l’artiste et son band, se sont assurés durant un peu plus d’une heure, de prouver pourquoi le reggae est un style musical qui ne fait que se découvrir de nouveaux fans et cela même au-delà  des Caraïbes.

Michael Moorcock, génie de la fantasy

Le NIFFF, ce n’est pas que des films, c’est aussi un forum littéraire qui sait inviter de grands noms. C’était George R. R. Martin, l’auteur du Trône de fer, l’année passée (http://www.tink.ch/nouveau/article/2014/07/12/george-r-r-martin-le-tolkien-americain/), c’est Michael Moorcock pour cette quinzième édition du festival. Cité en 2008 par The Times parmi les cinquante meilleurs écrivains britanniques depuis 1945, Michael Moorcock est un génie de la fantasy et de la science-fiction. Il est connu notamment pour le cycle d’Elric et la légende de Hawkmoon.

 

De la politique à  la fantasy

C’est avenant, l’air décontracté, l’Š“il rieur que Michael Moorcock se présente face à  un public admirateur. “Je n’avais pas l’intention d’être un auteur de fantasy ou de science-fiction”, lâche-t-il “j’avais de l’intérêt pour la politique, je voulais devenir un homme politique. J’ai travaillé pour le parti libéral. J’écrivais des discours et des pamphlets”. Mais l’écrivain s’est finalement détourné de la politique, et, de fil en aiguille, est devenu un auteur de fantasy et de science-fiction.

 

Vivre de l’écriture

Loquace, gorgé d’une simplicité touchante, Michael Moorcock poursuit “s’il y a un conseil que j’ai pu donner à  de jeunes auteurs pour qu’ils écrivent mieux, c’est d’arrêter de lire tout livre de science-fiction. Beaucoup sont mal écrits, il n’y a aucune ambition littéraire, aucun style”. Personnellement, l’écrivain septuagénaire aime lire Camus. Ou encore les existentialistes. On sait qu’un lien particulier l’attache à  la France. Il a passé beaucoup de temps dans l’Hexagone. Ce qu’il faut encore pour bien écrire ? “Une structure solide avant tout, lance-t-il, le reste ensuite va de soi. Il faut évidemment de l’imagination par ailleurs. J’ai toujours écrit très rapidement, j’ai eu deux enfants, il fallait que j’écrive beaucoup pour nourrir ma famille”.

 

Le Multivers

Le concept du Multivers est central dans l’Š“uvre de Moorcock. L’auteur en a eu l’idée à  dix-sept ans déjà . Elle est née d’un refus philosophique. “On parlait alors beaucoup de la théorie du Big Bang, a dit Moorcock, et de l’entropie, d’un univers mourant, s’acheminant vers le néant”. Le Multivers, c’est une révolte face à  ces vues-là . Les héros de l’auteur britannique explorent différents mondes dans différentes situations, s’efforçant de résister aux forces de l’entropie. Les héros ? En réalité, on peut considérer qu’il n’y a qu’un héros dans l’Š“uvre de Moorcock. “Dans chacun de mes livres” affirme-t-il, “il s’agit en fait du même personnage, c’est la figure du Champion éternel”. Un autre concept-clé. Le Champion éternel, c’est ce personnage qui, s’il est protéiforme, conserve une essence unique.

 

Quid de l’écran ?

“Je n’ai jamais eu l’ambition de voir mon Š“uvre adaptée à  l’écran” assure Moorcock. “Après le Seigneur des anneaux, on a vu que les effets spéciaux étaient véritablement à  même de servir l’histoire”. Chris Weitz, le réalisateur de A la croisée des mondes : la boussole d’or, voulait porter à  l’écran Elric. Cela ne se fera finalement pas. En revanche, un contrat est signé avec les créateurs de The Walking Dead. Les fans peuvent donc s’attendre à  voir dans le futur Elric dans le cadre d’une série télévisée. Et qui sait, peut-être, un jour, Hawkmoon. De quoi se réjouir.

 

Le créateur de X-Files à  Neuchâtel

Un titre qui donne la chair de poule. Une série télévisée des années nonante tout simplement phare. Un générique à  la bande sonore culte. Plus de deux-cents épisodes faisant frémir de peur et de plaisir. X-Files : aux frontières du réel, c’est tout cela, et le NIFFF peut se targuer d’avoir reçu son célèbre créateur, Chris Carter, dans une salle pour le moins enthousiaste.

 

La mythologie X-Files

Chaussé de baskets Nike grises, vêtu de shorts et d’un polo rouge, la silhouette fine, Chris Carter avait les allures d’un sportif au Théâtre du Passage. “On vit dans Citizenfour (ndlr : film documentaire sur les révélations d’Edward Snowden au sujet de l’espionnage mondial de la NSA), on est sous le régime de Big Brother”, a-t-il lancé, et la mythologie X-Files s’inscrit bien dans un tel monde”. C’est que six nouveaux épisodes sont en préparation, comme on le sait. Six nouveaux épisodes que les fans attendent impatiemment. “Le monde a beaucoup changé depuis les années nonante, surtout depuis les attentats de 2001″ a-t-il poursuivi. Et il y a une recrudescence de la peur du surnaturel”. Les nouveaux épisodes, semble-t-il, arriveront à  point nommé. A quoi s’attendre ? On ne peut rester dans la même veine. Il y aura de la matière nouvelle. On a essayé de recréer l’esprit de la série. On s’est efforcé d’être originaux. Bref, quitte à  frustrer le public, Chris Carter est resté langue de bois sur le sujet.

 

X-Files, de la science-fiction ?

“Enfant, j’étais un fan de science-fiction” a confié Chris Carter. La science fiction est pleine de mystère, et “on peut tous aimer le mystère parce que le monde est un mystère”. L’une des séries ayant marqué son enfance ? Night Gallery. Les séries qu’il regarde aujourd’hui ? Breaking Bad, Mad Men, The Fall. Un film l’ayant profondément marqué ? Birdman, Oscar du meilleur film et Oscar du meilleur réalisateur 2015. Ces derniers – Night Gallery mis à  part – ne tiennent pourtant rien de la science-fiction, contrairement à  X-Files. Contrairement à  X-Files ? “C’est drôle, a avancé Chris Carter, je ne voulais pas qu’on dise que X-Files est de la science fiction. Pour moi, c’est de la science de spéculation”.

Le cinquantenaire californien, après sa rencontre avec le public, devait encore, le soir venu, présenter au cinéma Bio quatre anciens épisodes de X-files. L’occasion pour les fans de voir la série culte sur grand écran, en attendant la saison dix qui doit paraître dans quelque deux-cents jours.

 

«Les enfants ont un avis à  exprimer»

Interview de Frédéric Cerchia, délégué cantonal vaudoise à l’Enfance et à la jeunesse sur la participation des jeunes.

Interviews, réalisation et montage: Joëlle Misson