26.05.2015

Aux adultes de laisser la place, aux jeunes de la prendre

La fameuse participation de la jeunesse en politique: c'est le nerf de la guerre. Pourtant, l'intégration des jeunes dans la société se fait par de multiples biais. Et pour cela, il y a un mot d'ordre: la collaboration entre les différentes générations.
Lors de la Session des jeunes du canton de Vaud, les participants ont adopté plusieurs solutions sur les thématiques de la place des jeunes dans la société, de la formation et de la mobilité.
Photo: Session cantonale des jeunes

Il y a encore beaucoup à  faire pour l’intégration des jeunes dans la société. C’est le constat de Frederic Cerchia, délégué à  la jeunesse du canton de Vaud. Les 2 et 3 mai, le Service de protection de la jeunesse organisait justement la première session cantonale des jeunes du canton de Vaud. A cette occasion, des participants de 14 à  20 ans ont eu l’occasion de discuter de plusieurs thématiques, dont celle des rapports entre générations et de la place accordée aux jeunes et aux enfants dans la société.

 

« Les jeunes ont leur mot à  dire! »

S’il semble difficile actuellement pour la jeune génération de trouver son orientation professionnelle ou d’exprimer son opinion, elle n’en est pas la seule responsable. En effet, l’un des facteurs principaux de ces difficultés, affirme Frédéric Cerchia, est l’incompréhension intergénérationnelle, qui ternit l’image des jeunes et leur capacités. «-¯Ce sont aux adultes, mais aussi aux autorités, de leur laisser une certaine liberté d’expression, car les jeunes ont eux leur mot à  dire concernant les différents problèmes de société et possèdent la capacité de proposer des solutions intéressantes.-¯»

 

… Mais doivent prendre les devants

C’est pour ces raisons précises que Pierre Maudet, président de la Commission fédérale pour la jeunesse, a crée le Parlement des jeunes de la Ville de Genève dans les années 90. Cependant, ce dernier souligne un autre problème que celui des incompréhensions entre générations: les jeunes eux-mêmes ne se sentent pas toujours aptes à  donner leur point de vue et à  participer activement au bon fonctionnement de la société. «-¯Le faible taux de participation des jeunes adultes aux votations encourage le monde politique à  ne pas les considérer pas comme une clientèle électorale qu’il faudrait satisfaire-¯», avance le conseiller d’Etat. Selon lui, les jeunes devraient donc prendre les devants pour prouver qu’ils s’intéressent à  ce qui les entoure. D’après l’étude Enfance et jeunesse en Suisse, réalisée en 2009, trois-quarts des jeunes désireraient avoir plus de responsabilités.

 

Attention aux préjugés

Dans les difficultés qui s’érigent entre les générations, le regard que nous portons sur les autres peut être influencé par toutes sortes de préjugés. Ce que propose Charles-André Durgnat, responsable éducatif de la maison d’accueil Les Airelles, à  Vevey, serait de renforcer les liens entre les gens. «-¯Pour cela, il faudrait mettre en place des espaces de parole et organiser des activités médiatrices telles que des fêtes, qui permettent de mieux se connaître et de comprendre ce que l’autre peut nous apporter. »

 

C’est d’ailleurs l’objet de la proposition qui a été adoptée par les jeunes lors de la Session cantonale: soutenir plus largement le développement de projets favorisant une mixité intergénérationnelle dans les communes ou les quartiers, dans le cadre d’activités sportives et culturelles, ainsi que par des actions ponctuelles dans le cadre de l’enseignement obligatoire et post-obligatoire. Ce concept changerait le regard que portent les adultes sur les jeunes, et vice-versa. Cela permettrait de détruire les préjugés, puisque, selon Frédéric Cerchia, «-¯les adultes hésitent encore à  laisser suffisamment de place aux jeunes, par peur de leurs idées ou de perdre leur autorité .»

 

Plusieurs actions déjà  en place

Afin de valoriser les idées émises par les jeunes, des organisations sont déjà  mises en place: la Session fédérale des jeunes par exemple, a lieu chaque année depuis 1991. Sa petite soeur du canton de Vaud a vu le jour cette année ainsi que Labo24, la page jeune du quotidien 24 Heures, depuis mars 2015. N’importe quel jeune, s’il le désire, peut donner son avis sur des thèmes actuels et être entendu par toutes les générations, si celles-ci le veulent également. Bref, pour que chacun trouve sa place dans la société, l’effort doit venir des deux côtés.

 

Lien vers le dossier réalisé en partenariat avec le Congrès de la jeunesse organisé par le Service de protection de la jeunesse du Canton de Vaud.