Culture | 03.04.2015

Synesthésies

Jeudi soir, sous la pluie mais dans la bonne humeur, s'ouvrait la 12ème édition du festival des cultures électroniques : l'Electron. Une soirée d'ouverture qui a donné l'eau à  la bouche des deux électrons libres de Tink.ch, Anya et Lara. La suite du festival s'annonce haute en couleurs et en émotions... mais aussi fatigante pour celles et ceux qui bravent le festival en entier.
Au pôle central, dans le passage coloré entre l'Usine et le Palladium, les électrons libres circulent d'une scène à  l'autre.
Photo: Lara Bernard Peu après minuit, SCNTST entame doucement les festivités. Lara Bernard

Il est minuit lorsque Lara et moi arrivons aux guichets pour prendre nos entrées. Bien que le festival ait ouvert ses portes depuis déjà  3 heures, la file d’attente n’a pas rétréci pour autant. Ceci même sous une pluie battante. Et pour cause : la programmation de cette 12ème édition de l’Electron festival, presque indécente tant le nombre d’artistes est élevé, promet un voyage inoubliable. Les festivaliers intrépides se bousculent, certains s’impatientent quelque peu. Mais toujours dans la bonne humeur.

 

Voyage

Un voyage. Toute personne souhaitant est présente les 4 jours de l’Electron verra sa chère Genève se transformer, se détacher un instant de la dimension spatio-temporelle qui lui est familière. Il n’y aura ni jour, ni nuit. Ni Plainpalais, ni Pâquis. L’heure se mesurera en sets ou en bpm, et la surface habitable de ce petit paradis sera répartie entre les neuf scènes de l’Electron, attirant chacune, telles des îlots magnétiques chargés d’énergie positive, leur lot de petits monstres amoureux de musique électronique. Ils sont beaux à  regarder ces petits monstres. L’euphorie se dessine sur les visages et se traduit dans les petits pas de danse inconscients.

 

 

À peine a-t-on pénétré l’enceinte du festival que l’ambiance et les sons nous captivent. Ils nous font nous oublier dans un bain de douce insouciance et de piquante intrigue, creusant l’appétit des fervents de techno. Nous vous proposons le menu de cette soirée. Entrée au Palladium en présence de toute l’équipe de Boys Noize Records, réunis pour fêter les dix ans du label. Et plat principal ensuite, servi au Zoo par Rødhåd, qui y a joué ses sons techno, lourds et envoûtants, devant un public aussi réceptif que chaleureux. Planant loin au-dessus de tous, le sourire du DJ berlinois révélé à  la scène internationale en 2014 était contagieux. Le plaisir qu’il prenait à  jouer s’est transformé en énergie vitale pour les spectateurs qui n’en avaient que faire des grosses gouttes de condensation leur tombant dessus du plafond.

 

Explosions

Comment décrire fidèlement l’ambiance de cette soirée sans mentionner les VJs et leurs installations incroyables ? Souvent dans l’ombre des DJs, ils font pourtant la moitié du set grâce à  leurs tableaux numériques. Imaginez-vous : des explosions de couleurs et de formes, combinant le visuel et l’auditif, pour créer une expérience doublement puissante, enivrant les sens jusqu’au petit matin. Le dessert arrive enfin. Une synesthésie ouvrant sur une nouvelle dimension personnelle et intérieure qui se peuple d’images et de sensations transmises par les ondes stables mais imprévisibles, à  la fois pesantes et jouissives, de la techno.

 

 

A partir de 3h du matin, nous nous voyons refuser l’entrée des scènes du pôle central (Palladium, Zoo et Rez de l’usine). Le seul bémol de la soirée. Visiblement débordés, les videurs et bénévoles se sont relayés pour essayer de limiter l’affluence dans ces salles déjà  pleines. Cette interdiction soudaine au paradis où tout semblait permis n’a pas manqué de fâcher quelques festivaliers qui ont crié au scandale.

 

 

Ce week-end, nous aurons le plaisir de visiter la scène du Silencio branchée hip-hop, ou encore la Halle W qui en fera voyager plus d’un au rythme de la goa et de la psytrance. À ne pas oublier, les scènes de jour ouvertes à  partir de vendredi. Elles mettront côte à  côte des artistes régionaux et locaux avec des grands noms de la scène internationale.