Culture | 09.04.2015

Le dernier soir de l’Electron

Texte de Anya Lindup
Le dernier soir de l'Electron, il n'y a plus que le Palladium d'ouvert et plus beaucoup de têtes très fraiches - Anya et Lara sont allées voir SBTRKT - une des grandes têtes d'affiche du festival.
SBTRKT avec son masque cérémonial habituel (source : Electron)

 

Dimanche c’était SBTRKT – celui qu’on attendait tous, celui qui est décrit par le site officiel de l’Electron comme « THE event of this years Electron ». Saycet et Louis Roam qui le précédaient n’ont pas eu l’occasion de jouer leur dernière chanson parce qu’il était déjà  l’heure de mettre en place la scène pour SBTRKT. Les techniciens se mettent en route, déplacent du matériel, branchent les lumières, montent des écrans de projection, les artistes du groupe de SBTRKT font leur soundcheck, toute la procédure prend une trentaine de minutes pendant lesquels on a le temps de voir nos attentes de grandeur s’accentuer et la salle se remplir.  La scène est maintenant pleine de percussions, de synthés, de machines, de micros, de spots et d’ordinateurs – la présence de quelques instruments est vraiment rafraîchissante après ces quatre nuits mécaniques

 

 

Un final décevant

SBTRKT arrive en scène avec quelques minutes de retard, devant une foule très impatiente de le voir. Il porte son masque cérémonial comme à  son habitude et entame le live avec « Wonder where we land » de l’album éponyme sorti en 2014. Les quelques premières chansons me paraissent lourdes et pesantes. Je me joins alors au public pour vérifier mon sentiment initial, après tout, vivre l’expérience de loin n’a rien avoir avec le vrai bain de foule. Mais rien n’y fait. En bas aussi, l’énergie me semble molle et sans dynamisme. Le chanteur paraît peu sûr de lui, comme s’il s’excusait d’être là . Étrange impression quand on pense que les deux artistes collaborent et font des live depuis bien des années ensemble.

 

 

Je demande alors autour de moi pour savoir ce que les autres en pensent. Ils sont plutôt du même avis – il manque quelque chose d’organique que l’on retrouve d’habitude dans les live sets. C’est peut-être l’incroyable infrastructure qui accompagne le tout qui paraît un peu surfait, un peu plastique et artificiel. Il fallait voir les jeux de lumière – immenses mais presque enfantins – au devant de la scène qui viennent éblouir les spectateurs. Des artifices qui font peut-être plaisir à  certains, mais qui n’ont pas manqué d’en blaser d’autres. Quoi qu’il en soit, je ne pense pas être la seule déçue par ce concert.

 

 

Record d’affluence

Mais pour partir sur un bilan un peu plus positif, je ne peux pas nier que le festival dans son ensemble ait été un succès. Des artistes variés – presque trop ? – et qui ont su faire plaisir au public dans des salles bondées. Selon les statistiques, un nombre record de festivaliers ont déferlé jeudi et dimanche soir avec une affluence atteignant les 19’000 pour tout le festival

 

Si j’ai pris beaucoup de plaisir à  voir tous ces grands artistes, je regrette de ne pas avoir pris plus de temps pour découvrir de nouvelles choses aux scènes de jour par exemple, dont certaines auraient valu le détour d’après ce que j’ai entendu, notamment David August (vendredi au Cercle des Bains) et Opuswerk (samedi au Cercle des Bains). Ce sera peut-être l’objectif de l’édition 2016, éviter de manger absolument tous les grands plats, mais grignoter des petits délices par-ci, par-là  pour en faire une expérience bien plus enrichissante et révélatrice !