Culture | 04.04.2015

L’autre côté

Deuxième soirée de l'Electron festival. Les deux électrons libres de Tink.ch sont allés cette fois à  la découverte des backstage de la Fonderie Kugler. Rencontre avec une bénévole.
John Talabot illuminant l'obscurité 3 heures durant.
Photo: Lara Bernard. Frénésie mécanique à  la Fonderie Kugler. Lara Bernard.

Nous ne le savions pas à  l’avance, mais notre accréditation presse nous donne le droit d’accéder au backstage de la scène de la Fonderie Kugler. D’abord hésitante, la personne en charge de la sécurité a finalement été convaincue par une sorte de badge, en réalité un simple autocollant avec nos noms écrits dessus à  la main, qui accompagne nos bracelets.

 

Nous écartons un épais rideau et arrivons dans un backstage modeste mais confortable, un petit espace tamisé muni d’un canapé, d’un fauteuil et quelques chaises. Mais surtout de la pizza, du pain, du fromage, des chips… et des bières. Hésitantes, mais affamées après une soirée passée à  «taper du pied» comme l’a dit si élégamment un festivalier enthousiaste, nous demandons si toute cette nourriture et ces breuvages ne sont pas réservés aux artistes et au staff de l’Electron. Si nous nous posons la question, d’autres n’y vont pas par quatre chemins : certains journalistes arrivent et se servent librement. Nous avions déjà  commencé, quand un des bénévoles nous encourage vivement à  finir ce qu’il reste, puisque «les DJs ne mangent rien !». Au top.

 

Nous étions initialement venues pour prendre quelques photos de près du DJ John Talabot, qui assurait la fin de la soirée de la scène Kugler entre 2h et 5h, ainsi que de la foule. Malheureusement, il manquait de lumière autour du DJ et le flash était interdit. Alors que nous étions quelque peu déçues, une bénévole en charge de l’accueil des artistes et de l’espace backstage vient nous demander ce que nous faisons là . Malaïka est rassurée par nos bracelets et nos explications, même si nous lui répondons la bouche pleine de chips. Depuis maintenant 3 ans, elle s’occupe de l’accueil des artistes à  la Fonderie Kugler. La bénévole de 21 ans prend le temps de répondre à  quelques questions dehors, à  l’abri des basses.

 

Est-ce que les organisateurs recherchent des profils spécifiques pour un poste comme le tiens ?

Oui. On nous répète souvent que nous sommes le visage du festival pour les artistes, parfois même une des seules personnes qu’ils vont rencontrer. On a donc tout intérêt à  être professionnels et efficaces, tout en se montrant amicaux et ouverts. Pour cela, les organisateurs ont besoin de personnes de confiance qui ont déjà  fait leurs preuves dans d’autres domaines. Pour ma part, j’ai commencé à  travailler au bar du Palladium, puis j’ai connu la responsable de la scène de la Fonderie Kugler, avec qui je m’entends très bien désormais.

 

C’est ta quatrième année en tant que bénévole pour l’Electron. J’imagine que c’est un plaisir pour toi de travailler ici.

J’adore ça. C’est un moment extrêmement intense où il n’y a que ça qui compte. C’est comme entrer dans un monde parallèle. Mais il y a tant de choses à  apprendre de cette expérience, comme le travail au bar par exemple. C’est toujours ça de plus pour chercher du travail par la suite. Mais ce qui me fait vraiment revenir chaque année, c’est l’échange et les liens qui se créent entre bénévoles d’une part, et entre les bénévoles et – dans mon cas – les artistes. En trois ans, je n’ai eu qu’une seule mauvaise expérience avec un DJ qui n’a pas été content de notre accueil malgré nos efforts pour le mettre à  l’aise. Sinon, les rencontrer et partager parfois des journées entières avec eux, c’est du pur bonheur.

 

Visiblement, le visage de l’Electron est aussi beau de l’intérieur que de l’extérieur.