Politique | 30.04.2015

Enseignement postobligatoire : les élèves mal orientés ?

Alors que la date des inscriptions aux formations postobligatoires approche, une association de parents d'élèves s'en prend au Département de l'instruction publique. Elle dénonce le manque d'informations transmises aux élèves pour choisir leur orientation.
Les élèves du CO devront bientôt choisir leur formation postobligatoire. La FAPECO pense qu'ils n'ont pas assez d'informations à  leur disposition.
Photo: I-vista / pixelio.de

«Moyennement satisfait», ce sont les mots employés par Laurence Miserez, la co-présidente de Fédération des associations de Parents d’élèves du cycle d’orientation du canton de Genève (FAPECO). Elle fait référence à  la satisfaction des parents quant aux informations délivrées par l’instruction publique aux écoliers de l’école obligatoire pour les aider à  choisir leur future formation. Ceux-ci reçoivent dès leur 9ème année un classeur leur permettant d’explorer les métiers, de construire un projet et d’apprendre les techniques de recherche d’une place d’apprentissage. Laurence Miserez constate néanmoins que «l‘utilisation de cette méthode dépend totalement des enseignants et de leur bonne volonté». Elle craint que les élèves les moins assidus ne le feuillettent jamais. Et d’ajouter : «on sait à  quel point il est difficile pour un ado de « se bouger », même quand il s’agit de son avenir».

 

Pourtant, pour Pierre-Antoine Preti, responsable de la communication et des relations extérieures du Département de l’instruction publique (DIP), beaucoup de moyens ont été mis en oeuvre pour que tout le monde trouve sa place. Ceci grâce au dispositif d’information et d’orientation scolaire et professionnelle (IOSP).  «En plus du classeur, assure-t-il, un site Internet est à  disposition des élèves ainsi qu’une séance d’information pour leurs parents.» En outre, les jeunes ont la possibilité de consulter un psychologue conseiller en orientation pour les aider dans leur choix.

 

Plus démunis, moins informés.

Les élèves issus de milieux socio-économiques défavorisés, de cultures différentes, ou arrivés tardivement en Suisse seraient défavorisés dans le choix de leur orientation, selon la FAPECO. Pourquoi ? Car ils auraient un accès plus difficile à  l’information et une connaissance du domaine bien moins accrue, «à  moins de tomber sur un prof très engagé et dévoué pour chacun de ses élèves», ajoute Laurence Miserez. Leur orientation résultera donc beaucoup plus de leurs résultats scolaires que d’un réel choix.

 

Alors comment mieux orienter ? À cette question, la FAPECO préfère botter en touche : «nous ne préconisons rien : il n’est pas de notre ressort de dire comment les informations doivent être transmises», se justifie Laurence Miserez. Par expérience, puisque les élèves ne se déplacent pas, ou trop peu, vers ce monde d’adultes, l’association souhaiterait faire venir le monde professionnel à  eux» souligne-t-elle. Une pratique que le cycle d’orientation de la Gradelle organise depuis 4 ans grâce à  une journée atelier. Des professionnels de différents corps de métier et des élèves en études supérieures viennent au cycle témoigner devant tous les étudiants de 11ème année pour leur expliquer leur métier et leur cursus.