Culture | 06.04.2015

Ambiance électrique

Texte de Anya Lindup
Samedi soir, apothéose du festival. Nos deux électrons libres, Lara et Anya, sont allés à  la rencontre d'un festivalier endurci.
Pour Esteban, habitué de l'Electron, la programmation de cette édition est "incroyable". Photo : Lara Bernard. Squarepusher a fait vibrer le Palladium de 00h15 à  1h45. Photo : Lara Bernard.

Nous avions rencontré Esteban plusieurs années auparavant. C’est un habitué. Pas de grande surprise alors de l’apercevoir gambiller au rythme de DJ Krush, au Palladium dès 22h45. Après le set de ce DJ japonais aux mélodies improbables, nous retrouvons notre vieil ami dehors.

 

Qu’est-ce qui t’a fait revenir cette année ?

La même chose que chaque année ! C’est cette ambiance électrique et la programmation incroyable que les organisateurs nous réservent d’année en année. Ce qui est difficile cette fois-ci, c’est qu’il va forcément falloir passer à  côté de certains artistes, puisqu’il y en a tellement de prévus ! Par exemple, j’aurais adoré aller voir ce qu’il se passe du côté de la Gravière (les soirées burlesque, cabaret et « torture garden »), mais tous les autres artistes que je tiens à  voir passent au même moment. Après tout, cette diversité dans la programmation n’est peut-être qu’une marque de qualité.

 

Qu’est-ce que tu vas voir ce soir ?

Après ce qu’on vient d’entendre de DJ Krush, ça va être difficile de vraiment apprécier les autres artistes ! Mais je suis principalement venu pour voir Squarepusher et Scuba. Je les suis depuis très longtemps et je me réjouis de voir ce qu’ils ont préparé pour ce soir.

 

En parlant à  Esteban, nous ne voyons plus le temps passer. Nous discutons encore quelques minutes, nous remémorant les éditions précédentes, puis, regardant son programme, Esteban s’élance soudainement vers les portes du Palladium. En courant, il se retourne et nous lance : «il y a Squarepusher qui commence ! Faut pas louper ça !»

 

Nous le suivons et arrivons ensemble à  l’intérieur du Palladium où d’autres ont déjà  peuplé l’espace, impatients de voir cette légende vivante. Difficile de décrire Suqarepusher. Sa musique puise son originalité dans des styles aux antipodes : indéniablement un enfant du jazz, il incorpore également des éléments d’acide, de jungle ou de jungle-rock dans ses productions. De plus, il est connu pour être un showman qui ne laisse jamais un public sur sa faim. Et il n’a pas dérogé à  la règle samedi soir. Un masque cachant son visage, il nous a présenté en exclusivité son tout dernier projet. Un projet qui, ce soir là , a divisé : certains sont en transe totale et ne savent plus où se mettre lorsqu’il finit son set en sortant sa basse pour s’accompagner. D’autres, plus sceptiques, trouvent le tout un peu surfait, voire décousu.

 

Celui qui a mis tout le monde d’accord, par contre, c’est KinK. Le Bulgare a littéralement ravi le public du Rez de l’Usine au point qu’il a été difficile de lancer un mouvement pour aller voir Scuba au Palladium. Son set de clôture n’a que ravivé l’appétit de nos petits monstres, demandant encore plus de basses.