Culture | 10.03.2015

Étape par étape

Texte de Julien Calligaro | Photos de Miguel Bueno
Mathias Froelicher est assistant au programme pédagogique du FIFDH. Il y a auparavant participé et a notamment gagné le concours de Jeunes Reporters l'année passée. Il est aux commandes pour cette édition. Portrait.
Mathias Froelicher se dit prêt à  "reprendre les armes" si la place de travail est toujours disponible pour la prochaine édition. On le voit ici au Café Babel (théâtre Pitoëff).
Photo: Miguel Bueno

«Un micro-festival dans le festival». C’est par ces mots que Mathias Froelicher, 20 ans, qualifie le programme pédagogique du Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH). D’un sourire, il nous invite dans la salle de briefing des locaux du festival, situés dans la Maison des arts du Grütli, en nous montrant son bureau en passant. Il y travaille depuis le mois de novembre sous la supervision de Dominique Hartmann, son responsable. C’est ici que tout s’organise : projections scolaires, concours de Jeunes Reporters, ainsi que des Jurys des Jeunes. Le programme pédagogique a 8 ans. Mathias en est cette année l’assistant.

 

Claque

Ca n’est pas la première fois que le jeune homme à  la barbe naissante côtoie le festival. Deux ans plus tôt, son enseignante en charge des événements culturels au Collège Madame de Staël (GE) lui propose de faire partie d’un des Jurys des Jeunes. Sans hésitation, il accepte. «Elle m’a assuré que je raterai trois jours d’école», avoue Mathias en riant. Il ne le savait pas encore, mais sa décision allait l’amener à  être stagiaire cette édition. «J’ai vraiment adoré l’ambiance du festival. Nous avons dû choisir un gagnant parmi dix films traitant des droits humains. J’ai beaucoup aimé ça, mais en même temps, c’était dur : en regardant ces films, c’est comme si tu te prenais une grosse claque.» C’est aussi à  l’occasion du festival que Mathias a rencontré sa copine.

 

Et rebelote l’année d’après. Ou presque. Cette fois-ci, après un coup de fil de Dominique Hartmann, il se lance dans le concours de Jeunes Reporters. Règles du jeu : jouer au journaliste pendant le festival et écrire un article. «Je me suis laissé pousser la moustache, se souvient Mathias. Ca me donnait un air de journaliste.» Et son audace ne s’arrête pas là . «Je voulais interviewer Baltasar Garzón (ndlr : le magistrat espagnol qui a lancé un mandat d’arrêt contre Pinochet). J’ai du attendre 40 minutes avant que les journalistes avant moi soient passés. Au final, je lui ai juste serré la main et lui a dit que j’avais beaucoup de respect pour lui». Sans interview ni inspiration, Mathias a tout de même rendu son texte (après la date limite de reddition) qu’il dit avoir écrit en jouant sur la sensibilité. Et cela a porté ses fruits.

 

Implication

Le téléphone sonne. Il doit prendre cet appel, c’est une collègue. Malgré le ton désinvolte qu’on pourrait lui attribuer, Mathias est impliqué et travailleur. «Dominique et moi gérons à  nous deux tout le programme pédagogique». Ce jour là , il a mangé en un quart d’heure. Rencontrer les intervenants, gérer les réservations des professeurs, en passant par l’encadrement les jeunes, le job est varié. «Le travail n’est par contre pas très gratifiant : personne ne sait exactement ce que l’on fait.» Après avoir gagné le concours de Jeunes Reporters l’année passée, Mathias accomplit une partie de son service civil à  la Roseraie, un centre d’accueil pour personnes migrantes à  Genève. En fin d’année, Dominique appelle Mathias pour lui proposer un stage d’assistant au programme pédagogique. Réponse immédiate de l’intéressé : c’est oui. Même si Mathias ne se voyait pas travailler plus tard dans l’événementiel, cette expérience l’a fait changé d’avis. «Si la place reste disponible l’année prochaine, il n’est pas impossible que je reprenne les armes.»