12.01.2015

Lausanne exprime sa solidarité

Texte de Manuela Paganini | Photos de Manuela Paganini
Dimanche après-midi, 1800 personnes se sont rassemblées à  Lausanne pour exprimer leur soutien au journal français Charlie Hebdo.
Photo: Manuela Paganini

Le meurtre des collaborateurs de Charlie Hebdo provoque une forte réaction, aussi en Suisse. À Lausanne, 1800 personnes se sont rendues Place de la Riponne dimanche après midi (11 janvier), pour témoigner de leur solidarité. «La demande émanait des gens», explique Guillaume Legueret, organisateur de l’évènement. «Après le rassemblement de mercredi, jour de l’attaque, beaucoup ont demandé une autre manifestation durant le weekend.»

« Pas une raison pour tuer »

La plupart des participants au rassemblement connaissaient Charlie Hebdo avant l’attaque, sans forcément le lire régulièrement. Ils n’étaient pas forcément tous d’accord avec les caricatures: «Des fois, quelques-unes sont allées trop loin pour moi», exprime Lara Martelli. «Pourtant, j’ai le droit de ne pas être d’accord, et les magazines ont le droit de dessiner. Ne pas être d’accord n’est pas une raison pour tuer. »

Hugues André, cuisinier, observe la foule rassemblée dans la rue: «C’est le boulot des journalistes de provoquer. S’ils ne le font pas, qui va le faire ?» Quand on lui demande s’il ne trouvait pas les caricatures racistes, il répond qu’il y aura toujours des personnes pour trouver du racisme partout. André lui-même a la peau noire.

« Ce n’est pas compatible avec l’islam »

«On ne peut pas tuer», est le message principal de Mahmoud et Khsem. Ces deux Arabes portent un drapeau de la Palestine. Ils ne parlent ni le français, ni l’anglais, mais avec Siri, la gentille traductrice du portable de Mahmoud, ils peuvent répondre quand même. «Moi, je suis musulman» dit Mahmoud, «assassiner des gens, ce n’est pas compatible avec l’islam.»

Les conséquences futures de cette attaque est un soucis souvent exprimé. Comme l’exprime Giacomo Cecat: «Je suis venu pour montrer ma solidarité avec Charlie Hebdo et pour soutenir la liberté d’expression. Mais aussi parce que j’ai un peu peur de la manière dont les gens vont interpréter l’attaque. En tout cas, il ne faut pas condamner toute une religion », conclut l’Italien.

À la fin de l’événement, les participants se mettent à  chanter La Marseillaise et scandent «Je suis Charlie». Tout le temps qu’a duré le rassemblement, personne n’a semblé inquiet pour sa sécurité. Il apparaît que la Suisse est toujours considérée comme un pays sûr. Et même si cela n’était pas le cas, comme l’explique Christiane Bärtschi, «il faut renverser ce que les terroristes ont voulu faire». Pour elle, leur but était de tuer Charlie et de nous faire peur: «Mais maintenant, c’est à  nous de montrer au monde que nous n’allons pas laisser cela arriver.»