01.12.2014

« Le VIH occulte les autres maladies sexuellement transmissibles »

La prévention en matière de VIH, bien que nécessaire, occulte l'existence des autres maladies sexuellement transmissibles, selon Deborah Glejser, porte-parole du groupe SIDA Genève. A l'occasion de la 27ème journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre, elle fait le point sur la situation des jeunes en Suisse.
Les jeunes sont bons élèves en ce qui concerne le VIH. Par contre, d'autres IST progressent.
Photo: © Photographee.eu - Fotolia.com

Quel est l’état des contaminations en Suisse actuellement ?

Globalement, la Suisse connaît depuis 2008 une période de stabilité en matière de contamination. De toutes les personnes sexuellement actives, la catégorie des 15-30 ans est la moins touchée par le VIH. Ils se protègent mieux que leurs parents. L’âge moyen pour les nouvelles contaminations est plutôt de 35 voire 40 ans.

 

Les jeunes sont donc les meilleurs élèves de cette lutte contre le virus ?

Oui, en revanche, ils sont très touchés par d’autres infections sexuellement transmissibles (IST), comme les chlamydias pour les filles et une recrudescence des gonorrhées et syphilis pour les garçons. Ils ne pensent pas qu’il y a d’autres infections transmissibles qui potentiellement se transmettent plus facilement que le VIH.

 

Pourtant, la prévention fonctionne, au vu des statistiques ?

Le discours pèche car il est un peu incomplet. En étant trop ciblé sur le VIH, il en occulte le reste. Bien sûr le VIH reste important mais par rapport à  cette tranche d’âge on est plus préoccupés par les autres IST. Nous essayons vraiment d’être plus actifs dans la sensibilisation des jeunes à  ce niveau-là .

 

La méconnaissance de ces IST et le manque de communication à  leur sujet sont-ils les seules raisons de leur prolifération ?

Non, le problème est aussi qu’en Suisse le dépistage des IST coûte très cher. Si vous voulez dépister les principales: hépatite, syphilis, gonorrhée et chlamydia, cela tourne autour des 700 CHF. Pour les jeunes, ce n’est pas une priorité budgétaire. Donc ils attendent les symptômes pour que cela soit remboursé par l’assurance. Une grande partie des IST étant asymptomatiques pendant un moment, les personnes infectées vivent avec sans le savoir et peuvent contaminer d’autres partenaires.

 

Un changement est-il envisageable ?

Nous faisons un travail de sensibilisation auprès des politiques pour qu’ils facilitent l’accès au dépistage et baissent les prix des tests. En premier lieu celui du VIH qui n’est pas gratuit (environ 50CHF) contrairement à  nos voisins européens mais aussi ceux des autres IST qui représentent les premiers outils en matière de lutte contre la contamination.