Culture | 20.11.2014

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Texte de Leticia Torreiro | Photos de FILMAR.
Tink.ch a assisté à  l'avant-première suisse du film "Atlántida" de la jeune réalisatrice argentine Inés María Barrionuevo. L'adolescence est à  l'honneur du long-métrage de la marraine de la 16ème édition du festival FILMAR en América Latina. Une histoire simple et touchante.
"Atlántida" met en scène trois adolescentes loin des préoccupations des jeunes de leur âge.
Photo: FILMAR.

Dimanche 16 novembre, Auditorium Arditi à  Genève. Devant les yeux des spectateurs venus à  la deuxième journée du festival FILMAR: Atlántida. Le film d’Inés María Barrionuevo suit trois adolescentes lors d’une journée d’été. Lucía, sa sŠ«ur Elena, et leur amie Ana sont les personnages principaux du premier long-métrage de la réalisatrice argentine. Un documentaire fictionnel qui nous transporte de façon touchante à  l’intérieur du quotidien des adolescentes. Pas question pour les trois protagonistes de flirter avec les garçons ou de faire des soirées entre filles: elles ont d’autres intérêts. Lucía se rend tôt à  la piscine afin de pouvoir nager tranquillement et part quand les jeunes commencent à  se réunir en masse. Elena, elle, aimerait se baigner avec ses amies, mais est cloîtrée à  la maison à  cause de sa jambe cassée. Quant à  Ana, aussi en décalage avec les jeunes de son âge, elle préfère la compagnie de Lucía à  celle des garçons.

 

La simplicité comme maître-mot

Le point fort de ce long-métrage est sa simplicité. Atlántida se situe loin des scénarios surfaits qui essayent d’embellir le quotidien des protagonistes. Ici, pas besoin d’intégrer des moments forts en action: le film s’écoule lentement et naturellement. Particularité: il n’y a pas de réelle intrigue dans ce film. Les vies de Lucía et d’Elena sont le fil rouge de l’histoire et Ana sert de lien entre les deux sŠ«urs. Amie d’Elena, elle s’intéresse aux ragots des autres adolescentes tout en s’éloignant avec Lucía en dehors du village.

 

Ignacio, l’adulte

Ignacio, médecin mobile du village, est le seul adulte présent à  l’écran. Grâce à  Elena, qui l’accompagne, le spectateur découvre une autre réalité, celle des tensions sociales. Une réalité qui concerne plus le monde des adultes que celui de l’insouciance des jeunes filles. On apprend les bouleversements politiques et économiques qui ravagent une partie de l’Argentine au travers de la radio. La sécheresse détruit les récoltes de maïs et appauvrit les agriculteurs. Même si cette réalité est illustrée au travers d’un apiculteur, entre autres, elle reste majoritairement racontée par les ragots et la radio.

 

L’orage passionnel

A la tombée du jour, une pluie diluvienne s’abat sur le village. La force du phénomène climatique fait ressortir les sentiments des protagonistes. Réfugiées dans les voitures, cachées par la pluie, les trois jeunes filles laissent leurs passions prendre le dessus. Tout le long de cette journée, une certaine tension est palpable. On devine ce que c’est, mais on attend. Une tension cachée, l’orage approche. Les distances entre les personnages s’amoindrissent et la pluie tombe.

 

Réalisation délicate

Les acteurs, pour la majorité novices, apportent naturel et sincérité à  cette histoire. Le spectateur est plongé dans leur monde et y croit. Inés María Barrionuevo suggère dans Atlántida les choses de manière subtile. Rien n’est dit, la communication passe de manière non verbale. Chaque spectateur perçoit évidemment les choses différemment, mais le dénouement ne laisse pas indifférent: il est tout simplement magique.

 

 

Info


FILMAR diffusera du 15 au 30 novembre 2014 quarante-quatre longs métrages, un moyen-métrage et douze courts-métrages argentins dans différentes salles indépendantes de Suisse romande. Plus d’informations sur le site internet du festival.