Culture | 22.11.2014

Petits moments, grandes découvertes

Texte de Leticia Torreiro | Photos de Leticia Torreiro.
Tink.ch s'est assis un après-midi entier dans les fauteuils du Grütli pour visionner les deux séries de courts-métrages de la 16ème édition du festival FILMAR en América Latina. De jeunes réalisateurs présentent leur premier travail en format réduit. Un régal.
Les vedettes de "Despertar" ont présenté leur court-métrage jeudi 20 novembre. De gauche à  droite sur la photo: Jonathan Gonzalez (réalisateur et figurant), Daniela Pereira (actrice) et José Manuel García Casado (réalisateur principal).
Photo: Leticia Torreiro.

Qui a dit que ce qui était court n’était pas intéressant ? Jeudi 20 novembre au Grütli, les spectateurs ont eu la possibilité de visionner deux séries de ces courts-métrages. La première  reprend la sélection du Festival International de Films de Fribourg proposée au printemps dernier. Les réalisateurs sont tous jeunes et présentent leur film de fin d’études. Ils mettent d’ailleurs majoritairement en scène des individus de leur âge. Un nouveau regard, une nouvelle façon d’approcher une thématique. Cette première série de courts oscille entre fictions et documentaires.

 

Présence de la jeunesse

Le fil rouge de cette première partie ? Le voyage inter-générationnel. Le court-métrage documentaire La Reina de Manuel Abramovich a particulièrement retenu notre attention. Il suit la jeune Memi qui participe au Carnaval en Argentine. Une mère très présente et impliquée va pousser sa fille à  l’extrême. Memi parle très peu, sa mère répond aux questions à  sa place. Elle n’écoute pas quand sa fille se plaint de douleurs. Une réalisation sublime qui laisse au spectateur la possibilité de se glisser dans la peau de cette jeune fille.

 

Honneur aux femmes

A l’exception d’un seul court, tous mettent en scène des femmes. Une différence tout de même: les moyens financiers utilisés pour cette seconde série sont beaucoup plus élevés. Le solo chorégraphié il y a trente ans par Noemí Lapzeson dans le film Trace de Daniel Böhm, le quotidien d’une fille de militaire après la dictature argentine dans celui de Santiago Bou Grasso: voici une petite palette de ce que les spectateurs ont pu visionner jeudi au Grütli. Sans oublier La ventana abierta, qui en a fait rire aux larmes plus d’un. Dans ce film, Lucila Las Heras met en scène une jeune fille qui raconte l’histoire d’une fenêtre de salon qu’on ne doit jamais fermer. On se laisse convaincre par l’imagination débordante du personnage.

 

Les avantages du format

Raconter une histoire en un laps de temps imparti est le défi du court-métrage. Pour sa 16ème édition, le festival FILMAR a décidé d’insérer ce type de films à  sa programmation. Afin de faire partie de cette catégorie, le court-métrage doit durer de 1 à  30 minutes. Une fois ce temps dépassé, il passe déjà  dans le format du moyen-métrage. Néanmoins, ce dernier n’est pas encore reconnu: la catégorie des courts-métrages est donc élargie et varie entre 1 et 59 minutes.

 

Le grand atout de ces films au temps restreint est de plonger très rapidement le spectateur dans l’intrigue. Et les réalisateurs ont la place pour innover. Les opportunités pour tenter quelque chose de différent sont plus grandes car le spectateur est attentif pendant toute la durée de la projection. L’une des possibilités est, par exemple, de raconter une histoire en voix off pendant que l’on aperçoit sur l’écran une toute autre histoire. C’est le cas dans Todavía trabajando d’Esteban Argüello. Ce procédé, employé pour un film de plus d’une heure, pourrait vite perdre le spectateur. Ce qui n’est pas le cas pour ce court-métrage.

 

En mettant bout-à -bout ces courts-métrages, on arrive à  la fin à  la durée d’un film « classique ». Le spectateur découvre dès lors différentes intrigues de divers pays. Une pause de quelques secondes entre chaque court-métrage pour pouvoir digérer l’aventure, et ça repart. On ne s’en lasse pas.

 

 

 

Info


FILMAR diffusera du 15 au 30 novembre 2014 quarante-quatre longs métrages, un moyen-métrage et douze courts-métrages argentins dans différentes salles indépendantes de Suisse romande. Plus d’informations sur le site internet du festival.