Culture | 03.11.2014

Les défis du nouveau MEG

Texte de Anne Maron | Photos de Anne Maron
Le 31 octobre 2014, le nouveau Musée d'ethnographie de Genève a rouvert ses portes au public après quatre années de travaux de rénovation. Le MEG d'aujourd'hui n'a plus rien à  voir avec celui d'hier. Un changement qui s'est fait pour répondre à  différents défis.
Le nouveau bâtiment du MEG inauguré le 31 octobre 2014 dans le quartier de la Jonction.
Photo: Anne Maron

Le Musée d’ethnographie de Genève a su se faire désirer. Il aura fallu quatre ans de travaux, non sans difficultés, pour pallier au manque de place pour l’accueil des Š«uvres et du public de l’ancien musée. «Construire un musée, c’est quasiment une épopée!», s’exclamait le maire de la Ville, Sami Kanaan, lors de la conférence de presse de l’inauguration du musée le 30 octobre 2014. 68 millions de francs ont été investis dans le projet de rénovation afin de relever un certain nombre de défis, aussi bien architecturaux que liés à  la fréquentation des visiteurs. A l’heure de l’inauguration du nouveau MEG, il est temps de faire le point.

 

Esthétique, pratique et écologique

 

 

Un musée, c’est avant tout un bâtiment, et même une personnalité forte du paysage urbain. L’un des défis de ce nouveau MEG était de s’inscrire dans le quartier de la Jonction selon un équilibre architectural. Vu de l’extérieur, musée et immeubles voisins entretiennent des «rapports dialectiques harmonieux», d’après les mots de Marco Graber, architecte représentant le bureau Graber Pulver Architekten AG de Zürich en charge du projet. Mais la solution a été d’investir essentiellement l’espace souterrain et de conserver l’esplanade pour offrir un point de verdure qui existait auparavant.

 

 

A l’intérieur, la salle d’exposition propose une superficie de 2000 m² sans pilier porteur et entièrement modulable pour accueillir des scénographies d’expositions différentes à  chaque fois. Le projet a même été récompensé par le Prix de l’immobilier 2014 dans la catégorie «bâtiments publics», décerné par le magazine Bilan en septembre dernier. Au-delà  du design esthétique, le bâtiment répond également aux critères climatiques nécessaires à  la conservation des Š«uvres (température, humidité, lumière), tout en respectant la stratégie énergétique «100% renouvelable en 2050» proposée par la Ville de Genève.

 

 

Rendre l’ethnographie plus attractive

 

 

Doubler la fréquentation à  10’000 visiteurs par an était également l’un des objectifs du projet de rénovation du MEG. Un défi de taille lorsqu’il s’agit d’une discipline aussi peu populaire que l’ethnographie. Selon l’Association des musées suisses, les musées d’ethnographie ne représentaient que 2% des visiteurs en 2012, bien loin derrière les jardins zoologiques (26%) ou les musées des beaux-arts et arts appliqués (21%). Pour attirer les visiteurs, le nouveau MEG a misé sur une programmation pluridisciplinaire.

 

 

A l’image des trois jours d’inauguration durant lesquels se sont succédés concerts, performances, danses et autres ateliers créatifs entre le 31 octobre et le 2 novembre, le musée propose toute une série d’événements variés et de rendez-vous réguliers liés à  l’ethnographie. En plus des expositions permanentes et temporaires, le public pourra également profiter d’un cycle de cinéma, de soirées-concerts, de conférences en lien avec l’actualité ou encore d’ateliers pour les enfants.

 

 

Pour Boris Wastiau, directeur du MEG, cette stratégie n’est pas une simple multiplication de l’offre culturelle: «l’ambition est de désinhiber un certain public qui n’a pas forcément l’habitude d’aller dans les musées». Le nouveau MEG devient alors un véritable lieu de rencontre, entre les curieux qui visitent l’exposition, les passionnés qui se perdent dans la collection de plus de 45’000 livres et documents audiovisuels de la bibliothèque Marie Madeleine Lancoux, ou bien les promeneurs venus prendre leur brunch au café du musée.

 

 

En attendant le premier bilan, les résultats se font déjà  sentir: tous les ateliers et les anniversaires organisés pour les enfants sont complets jusqu’en mai 2015.