Politique | 17.11.2014

La jeunesse face à  la politique familiale

Texte de Helen Berih
Du 13 au 16 novembre 2014, le Palais fédéral a rajeuni. Des jeunes ont débattu en huis clos de sujets politiques, avec une envergure majeure sur l'avenir. Tink.ch a découvert le groupe de travail sur la politique familiale en pleine discussion. Une petite table ronde avec cinq jeunes motivés, investis et enthousiastes âgés de seize à  vingt ans ont tenté de trouver des solutions à  la conciliation professionnelle et familiale.
"Nous demandons à  la Confédération de valoriser les entreprises qui contribuent à  une politique familiale", énonce la pétition du groupe "Travail et Famille". (Crédit Omar Cartulano)

Concilier vie familiale et professionnelle: un casse-tête qui n’est pas souvent sans difficultés. Afin de pallier à  cette problématique, l’un des partenaires (majoritairement la femme) réduit son temps de travail, avec un impact direct sur son évolution professionnelle, voire cesse son activité lucrative. Les hommes ne sont pas en reste car le congé paternité demeure une exception. Un groupe de travail de la Session des jeunes a débattu de la question dans le but de fournir au Parlement fédéral une pétition notifiant leurs solutions sur la conciliation « travail-famille ».

 

Premièrement, on s’interroge: la conciliation professionnelle et familiale est-elle un enjeu politique ou économique ? Autrement dit, est-ce aux autorités de s’en charger, ou aux entreprises ? Un petit tour de table s’effectue. De l’avis de Romain, «sans l’intervention de l’Etat, nous n’aurions pas de politique familiale.» Mirielle, 16 ans, émet la proposition que «l’Etat applique des mesures minimales et que l’entreprise complète.» Alba, 20 ans, suggère plutôt qu’une base commune s’applique.

 

Un potentiel peu exploité

Les entreprises soucieuse de la politique familiale pourraient donc devenir le nouvel eldorado des employés. C’est ce qu’affirme Alexander, seize ans: «Une bonne politique familiale est clairement dans l’intérêt des entreprises.» Une firme proposant des facilités à  ses employés entre ses obligations professionnelles et familiales, telles que le job sharing, le travail à  temps partiel (avec la possibilité d’accéder à  des fonctions de cadre), le télé-travail, les horaires flexibles, valorise son image. Les retombés positives s’en ressentiront sur la productivité des employés et sur le capital parce que le collaborateur n’aura plus l’angoisse, la frustration, ou le stress lié à  sa famille. Les conséquences directes du manque d’adaptabilité envers les familles peuvent au contraire mener à  la précarité, à  l’élitisme et inclure un ralentissement économique de l’entreprise par une baisse de la productivité et une démotivation des collaborateurs.

 

Pour les PME, ces aménagements sont plus coûteux. Mais selon Romain, 18 ans, «elles peuvent quand même agir proportionnellement à  leur capital: en favorisant le temps partiel et les horaires flexibles et obtenir en contre-partie des déductions fiscales.» Il suggère par exemple que les PME se réunissent et mettent en place une caisse commune pour la création d’une crèche. «Une entreprise qui agit dans l’intérêt de la politique familiale incite les sociétés concurrentes à  suivre le flux par la voie de la concurrence», indiquent Alba et Meriam, 19 ans, étudiante de dernière année en Bachelor Business Adminstration.

 

Les solutions

Parmi les propositions du groupe de travail figurent donc une valorisation des entreprises favorisant une conciliation professionnelle et familiale (via le temps partiel, le job sharing, …) et la généralisation du congé paternité (la durée n’a pas été fixée) en échange d’une déduction fiscale. A cela s’ajoute, la mise en place d’un label dont le contenu est en cours de débat.

 

Des mesures inégales

 


Depuis 2012, la ville de Lausanne accorde un congé paternité d’une durée de deux semaines (à  répartir dans l’année qui suit la naissance) à  ses employés. Ailleurs, ce congé varie entre deux à  dix jours en fonction du bon vouloir de l’employeur. L’obligation légale, selon le Code des Obligations (CO 329 alinéna 3), est d’un jour, considéré comme «les heures et les jours de congé usuels».

 

En 2009, le canton de Vaud a accepté l’initiative de l’école à  la journée continue avec prise en charge à  midi et après l’école. Certaines communes romandes, tels que Lausanne et  Genève, proposent une offre de camps et de centres aérés durant les vacances scolaires ainsi que les APEMS (Accueil pour enfants en milieu scolaire) durant la période scolaire. Et en 2008, l’administration lausannoise a créé une garderie accueillant les enfants du personnel, de la fin du congé maternité jusqu’au début de l’école enfantine.