Politique | 21.11.2014

Face à  la politique : une jeunesse en doute

Texte de Helen Berih
Une relation distancée entre la politique et les 15-21 ans, c'est ce que révélait un sondage effectué par Gfs Berne pour le compte d'easyvote, mandaté par la Fédération Suisse des Parlements des Jeunes. Durant la Session des jeunes, Tink.ch a interrogé deux jeunes afin de comprendre les liens qu'ils entretiennent avec la politique et d'entendre leurs propositions encourageant à  s'y intéresser.
Noémie (à  gauche) évoque son rapport à  la politique pour Tink. (Photo : Omar Cartulano)

Les jeunes et la politique, un antagonisme, un éloignement ? Easyvote, portail internet abordant la politique de façon neutre auprès de la jeunesse, veut réduire ce fossé. Une étude nationale effectuée par Gfs Berne, rendue publique le 14 octobre, mentionne une absence aux urnes des 18 à  21 ans. En cause: un sentiment d’incompréhension et un jargon peu évident.

 

Selon cette tranche d’âge, les solutions varient entre: des articles de presse simplifiés, une brochure officielle à  l’égard des jeunes et le vote par internet. L’étude, réalisée sur un total de 1308 adolescents et jeunes adultes, âgés de 15 à  21 ans auprès des classes professionnelles et des lycées démontre que l’intérêt politique est suscité majoritairement par les parents, les enseignants et les amis proches.

 

Interview croisée entre Dimitri, dix-neuf ans, employé de commerce, étudiant en maturité professionnelle commerciale, entamera par la suite une HEG (Haute Ecole de Gestion) et membre du comité des jeunes UDC Fribourg et Noémie, dix-huit ans, en troisième année d’école de culture générale, Valais.

 

Comment ton intérêt politique a-t-il été éveillé ?

Dimitri: Je lisais et me renseignais au sujet de l’actualité politique par le biais des médias et regardais les débats télévisés. Lors de ma première participation à  la Session des jeunes en 2013, j’ai eu le déclic et l’envie de m’investir dans un parti politique

Noémie: Dans ma famille, la politique ne suscite pas un grand intérêt. Je suis venue à  la Session des jeunes pour discuter et échanger avec des personnes ayant des idées divergentes aux miennes.

 

Selon toi, comment susciter l’intérêt des jeunes pour la politique?

Dimitri: En favorisant les débats en classe et en abordant les sujets avec une plus grande pratique. Par exemple: une classe à  Bulle a découvert le Parlement fédéral durant une journée et a discuté avec quelques politiciens.

Noémie: Amener la discussion à  l’école et consulter Easyvote: le vocabulaire est plus adapté. L’école est bon intermédiaire. Avant d’aborder les sujets politiques à  l’école, je n’avais aucun intérêt, mais depuis que j’ai acquis les outils de base, je m’y intéresse.

 

La plate-forme Easyvote, est-ce un premier pas ?

Dimitri: Il faudrait promouvoir Easyvote en classe, inciter au début, pour ensuite favoriser l’autonomie.

Noémie: Oui, elle aide, les sujets sont plus intéressants et plus accessibles.

 

Que représente la politique pour toi ?

Dimitri: Le débat est le fait de s’exprimer. En étant présent à  la Session des jeunes, j’ai pu constater le travail en amont: être dans la peau d’un politicien et chercher des solutions.

Noémie: Je ne suis pas particulièrement intéressée. Mais depuis que je vote, je me renseigne afin de voter en adéquation avec moi-même. J’apprécie les débats et la confrontation des idées.

 

Avec ton engagement politique, est-ce que tu te sens en décalage ?

Dimitri: Dans ma classe, je suis souvent sollicité pour des conseils.

 

Selon toi, quel est le facteur dissuasif de la politique auprès des jeunes ?

Dimitri: Les termes techniques et les sujets sont moins attrayants que d’autres ! Une jeunesse dans la politique permettrait une meilleure identification.

Noémie: La société est péjorative. Les adultes manquent de confiance, ils refusent de reconnaître que la jeunesse peut avoir des idées et être capable. Plus de jeunes en politique pourrait susciter un intérêt et amener une plus grande proximité. Mais chez les politiciens de milice, il subsiste le problème du temps et de l’aspect financier.

 

La politique des jeunes rime-t-elle avec les réseaux sociaux ?

Dimitri: L’accès à  la politique est facilité par les médias sociaux. Ces derniers permettent de rapprocher les politiciens des citoyens. Par le biais de Facebook, j’ai pu entrer contact avec Lukas Reimann (Conseiller national argovien).

Noémie: Selon moi, ce n’est pas lié. A la base, je suis contre les réseaux sociaux et sur les avis rédigés sur ces médias parce que la plupart du temps, les opinions sont difficilement compréhensibles, superficielles et exemptés d’arguments.