Culture | 17.11.2014

De la violence sans brutalité

Texte de Leticia Torreiro | Photos de FILMAR.
«Refugiado" était au programme de la cérémonie d'ouverture du festival FILMAR en América Latina ce samedi 15 novembre. Diego Lerman, le réalisateur, a présenté son dernier long-métrage devant l'auditorium comble de la Fondation Arditi.
"Refugiado", réalisé par Diego Lerman, sera projeté trois nouvelles fois au cours du festival.
Photo: FILMAR.

Levée de rideau pour la 16ème édition du festival FILMAR. Le réalisateur argentin Diego Lerman, parrain de cette édition, a eut l’honneur d’ouvrir le bal. Son long-métrage est le premier présenté cette année. Refugiado, tourné en Argentine, raconte l’histoire du petit Matías. Le garçon de 7 ans, joué par Sebastián Molinaro, retrouve un soir sa mère, Laura (interprétée par Julieta Diaz), battue sur le sol. Après l’incident, Laura décide de fuir avec son fils loin son mari violent. Le début d’un road trip improvisé à  la recherche d’un endroit où la mère et le fils pourront se sentir en sécurité.

 

Violence hors-cadre

Refugiado est avant tout l’histoire d’un enfant pris entre deux feux. Un père violent, une mère battue. Cette dernière décide de sauver sa vie en fuyant du foyer familial avec son fils. Une violence particulière, puisqu’hors cadre. Pas besoin de la montrer, la peur de Laura suffit à  nous faire comprendre la situation. C’est le point fort du film: parler de maltraitance sans jamais la montrer. Le film est à  contre-courant des images violentes que l’ont peut voir sur les écrans aujourd’hui. Refugiado représente la violence d’une façon indirecte, presque cachée. L’état physique et mental de Laura nous fait deviner sa situation conjugale difficile.

 

Deux narrateurs, deux histoires

L’intervention de deux narrateurs désoriente le spectateur. Le film commence avec Matías, le protagoniste. On peut a priori penser que l’histoire sera racontée depuis son point de vue: la situation vécue à  travers l’innocence et la naïveté d’un enfant. Pourtant, parallèlement à  Matías, un autre point de vue ajoute des éléments nouveaux au témoignage du jeune garçon. Il s’agit de celui de Laura: un regard neuf, qui éloigne le spectateur de la perspective enfantine. Pour l’y replonger le plan d’après.

 

 

Particularité de ce long-métrage de 95 minutes, la narration est majoritairement visuelle. Le film contient très peu de dialogues, mais cela suffit. Les plans courts des visages et des regards guident les spectateurs à  travers le domaine des émotions. Parallèlement, le film contient aussi des scènes très longues qui rallongent le film et accentuent les moments d’angoisse. Ce qui contraste avec la fugue de Laura qui doit agir vite pour que les maux qu’elle a laissés ne la rattrapent pas.

 

 

 

Info


FILMAR diffusera du 15 au 30 novembre 2014 quarante-quatre longs métrages, un moyen-métrage et douze courts-métrages argentins dans différentes salles indépendantes de Suisse romande. Plus d’informations sur le site internet du festival.