Politique | 17.11.2014

Dans la même salle, un gauchiste et un UDC…

Texte de Alexandre Babin
Chaque année la Session des jeunes réunit 200 jeunes qui, à  défaut d'avoir les mêmes convictions, partagent un intérêt commun pour la politique. Rencontre avec deux d'entre eux que tout semble opposer.
Dimitri (à  gauche, UDC) et Alessio (à  droite, communiste) ont collaboré dans le cadre de la Session des Jeunes. (Crédits : Zellweger/Hochstrasser)

Ils ont trois ans différence, l’un est jurassien et l’autre fribourgeois, l’un se situe à  l’extrême gauche tandis que l’autre est membre de l’UDC. Si tout semble les séparer, Alessio et Dimitri ont pourtant travaillé ensemble pour rédiger une pétition qui vise à  mieux concilier la vie de famille et la vie professionnelle.

 

Faire primer le bonheur sur l’argent

Alessio Vitalba a fait le chemin entre Vicques (JU) et Berne pour la deuxième fois notamment pour «débattre avec des personnes qui ont d’autres opinions que moi». En effet, dans son groupe de travail « Famille et travail » il y a de tout : des anarchistes, des hippies, des jeunes de droite, des sans opinions et des communistes. Le jeune homme de 16 ans se place lui-même à  la « gauche de la gauche », tout en regrettant que le terme «communiste» ait une connotation négative. Pour lui être communiste c’est «faire primer le bonheur sur l’argent».

 

De milieu modeste, ses parents penchent à  gauche mais ne sont pas très engagés. A contrario, Alessio a toujours été intéressé par la politique. Il s’est un temps engagé auprès des CS-POP (alliance entre Combat Suisse et le Parti ouvrier et populaire jurassien)et a déjà  pris part à  la Session des jeunes 2013. Une expérience qu’il a «adorée» et qui l’a convaincu de revenir cette année. Son engagement est plutôt bien perçu par ses camarades de classe, même si certains, par dérision, le surnomment « Blocher ».

 

Au taquet pour 2016

Quant à  Dimitri Pages, il est justement membre du parti du milliardaire Zurichois. Le jeune fribourgeois de Marly âgé de 19 ans est secrétaire de l’UDC Sarine et membre du comité des jeunes UDC Fribourg. Depuis toujours intéressé par la politique, c’est lors de sa première participation à  la Session des jeunes, en 2013 aussi, que s’est produit le déclic. C’est là  qu’il s’est fait «recruter» et que de «simple observateur» il est devenu militant.

 

Pour lui la Session des Jeunes constitue un moyen idéal de se mettre dans la peau d’un parlementaire et de découvrir le travail de fond qu’accomplissent les hommes politiques lorsqu’ils préparent des projets de lois. Il ajoute également que ce rassemblement est un moyen précieux d’acquérir de l’expérience et de «donner son avis, tout simplement». Le jeune homme compte mobiliser tout ce qu’il a appris très rapidement, lui qui veut faire carrière dans la politique. Première étape: les élections de 2016 qu’il prépare déjà  avec sa section communale.

 

Le miracle de la Session des jeunes

Alessio et Dimitri, malgré des divergences idéologiques certaines, sont parfaitement d’accord sur un point: la bonne ambiance qui a régné durant les réunions de leur groupe de travail. Pour eux, c’est l’un des aspects les plus remarquables de la Session des jeunes. «On est dans la même salle, un gauchiste et un UDC, et pourtant on arrive à  sortir un projet de loi commun. On est peut-être pas d’accord lorsqu’on débat mais on est les premiers à  aller boire un verre après», conclut le militant UDC.