Culture | 18.11.2014

« Alphabrick » ou la construction des mondes imaginaires

Samedi 15 novembre, la Maison d'Ailleurs d'Yverdon a inauguré sa nouvelle exposition "Alphabrick". Tink.ch a eu le privilège de la visiter en avant-première et de rencontrer les artistes.
The Prototype
Photo: © Disney _ Benjamin Carré

Le musée de la science-fiction, de l’utopie et des voyages extraordinaires accueille sa nouvelle exposition du 16 novembre 2014 au 31 mai 2015. Avec « Alphabrick « , la Maison d’Ailleurs d’Yverdon présente une réflexion sur la construction des univers imaginaires. Pour ce faire, quoi de mieux que les mondes de J. R. R. Tolkien, George Lucas et H.P. Lovecraft  ainsi que les Š«uvres des artistes John Howe, Benjamin Carré et des membres de l’association SwissLUG.

 

Trois univers

Le Seigneur des Anneaux, le Mythe de Cthulhu, la Guerre des Etoiles, ces univers diamétralement opposés issus de la science-fiction et du fantastique ont en commun une densité rarement égalée. « Alphabrick  » est, comme l’a précisé Marc Atallah, le directeur de la Maison d’Ailleurs «une exposition qui permet de réfléchir sur ce qu’on appelle les univers étendus». Ces derniers existent et perdurent grâce aux multiples adaptations et supports, à  la manière de briques qui composent un tout. «De la même manière que l’alphabet se compose de 26 lettres permettant de générer d’innombrables mots, les univers de fictions autorisent des expériences différentes.» expliquera-t-il d’ailleurs lors de la conférence de presse. Tout au long de l’exposition, le visiteur constate que ces mondes fantastiques, horrifiques ou encore SF se déclinent au travers de multiples médias tels que des livres, dioramas LEGO, de jeux, illustrations,  jeux vidéo…

 

Deux artistes

Pour soutenir cette réflexion sur les univers étendus et leur rôle dans la fidélisation du public, deux artistes sont exposés. En premier lieu, le Neuchâtelois d’adoption de renommée internationale John Howe. Directeur artistique de la trilogie cinématographique de Peter Jackson, Le Seigneur des Anneaux, l’illustrateur présente ici ses planches et tableaux en lien avec la Terre du Milieu. Et pour couronner le tout, sont présentés en plus une vingtaine de croquis numériques inédits de « Le Hobbit: la Bataille des Cinq Armées », sélectionnés et envoyés par Peter Jackson en personne, réalisateur du film.

 

Suivent les réalisations de Benjamin Carré qui, entre autres, travaille avec les studios Disney sur des illustrations du space opera « Star Wars ». Entre ses Fan Arts, planches officielles et couvertures de comics, la notion d’univers étendus se fait plus concrète. Comme il le rapporte lui-même « avant d’être illustrateur, je suis fan » et cette passion pour l’univers de George Lucas transparaît dans chacun de ses traits.

 

Et des milliers de briques

Quoi de mieux pour prolonger une réflexion sur la construction d’univers imaginaires et l’implication de tout un chacun dans l’évolution de ces derniers que les fameuses briques de la firme danoise ? L’association SwissLUG a réalisé neuf dioramas uniquement à  l’aide de pièces LEGO reconstituant des scènes d’anthologie de films. Simplement emboîtées, sans un seul trait de colle, ces créations sont le pari un peu fou de passionnés du jeu de construction. Pour la petite anecdote, les plus observateurs pourront découvrir sur certaines constructions des Easter Eggs dissimulés par leurs créateurs. Ainsi au cŠ«ur d’un combat à  la surface de l’étoile noire, il est possible de distinguer une représentation du premier niveau du jeu vidéo PacMan.

 

Recelant encore bien d’autres ressources à  l’instar de jeux vidéo tirés de ces licences, l’exposition « Alphabrick  » offre à  ses visiteurs bien plus qu’une simple succession d’Š«uvres. Elle est un outil de réflexion sur le processus qui nous pousse à  être acteur de ces mondes imaginaires.