20.10.2014

«Les jeunes doivent apprendre à  canaliser leurs forces»

Texte de Nadine Küng | Photos de Nadine Küng
«imp!act», la formation interactive proposée par l'organisation euforia, s'est déroulée la semaine dernière à  Genève. Elle a marqué le début d'une série d'événements qui auront lieu cet automne dans toute la Suisse dans le but de donner envie aux jeunes de s'engager. Tink.ch s'est intéressé aux bénévoles qui donnent de leur énergie pour faire en sorte que le programme se déroule au mieux.
Les organisateurs de "imp!act" Genève: Melisa, Arben, Sabrina, Deborah et Giulia (de gauche à  droite).
Photo: Nadine Küng

Nadine, l’auteure de cet article, a commencé il y a quelques semaines un stage au bureau d’euforia à  Genève. Impressionnée par l’énergie déployée depuis plusieurs mois pour préparer l’évènement, elle a souhaité à  travers ce texte faire découvrir le travail de ses collègues.

 

Cinq chariots de nourriture estampillée «commerce équitable» attendent les premiers participants. Il est 17 heures à  l’Université de Genève et l’édition d’ «imp!act» 2014 vient de commencer. Pendant trois jours, une quarantaine de participants âgés de 18 à  30 ans vont apprendre à  monter leur propre projet social ou écologique. «C’est étourdissant de voir tout le monde enfin réuni», se réjouit Melisa, 28 ans, qui a spécialement pris congé de son travail dans une organisation internationale pour organiser «imp!act».

 

Si pour les jeunes, la première journée est synonyme d’inspiration avec des témoignages, côté organisateurs on marque la fin de six mois de préparation. L’équipe des six bénévoles qui organisent «imp!act» est hétérogène. Etudiants ou déjà  professionnels entre 22 et 30 ans, ils vivent en Suisse mais sont originaires de toute l’Europe. Une conviction commune les réunit: leur génération est pleine de potentiel. Ils se sont rencontrés après avoir répondu à  une annonce d’euforia qui cherchait simplement des jeunes avec une motivation déraisonnable. Ils ne savaient pas encore qu’ils allaient monter leur propre événement six mois plus tard.

 

Mais où sont les marshmallows?

Après quatre heures de sommeil, la deuxième journée commence déjà  pour les organisateurs. La formation déménage dans une salle plus spacieuse au Grand-Lancy où les jeunes forment des groupes et sont libres de dresser le projet de leur choix. Les bénévoles sont alors confrontés à  d’autres défis. Entre deux ateliers, ils se rendent compte que les marshmallows, dont ils auront besoin pour le challenge suivant, manquent à  l’appel. La discussion pour trouver une solution commence en anglais mais avec la fatigue, l’italien et le français reprennent le dessus. Sans se laisser abattre, l’équipe change le programme pendant qu’Arben part chercher ces fameux marshmallows – pas facile à  Genève après 19 heures. Même si ce n’est pas leur premier imprévu, le début n’a pas été facile: «je n’avais jamais participé à  un «imp!act» avant, raconte Deborah, 23 ans, une autre organisatrice qui dans la vie quotidienne étudie les sciences sociales à  Lausanne. On peut dire que j’ai reçu une boîte à  outils pour l’organiser, mais parfois je ne savais vraiment pas comment l’utiliser.»

 

Et après?

Les deux derniers jours de la formation sont consacrés aux huit projets retenus. Si les organisateurs motivent les jeunes à  continuer leur projet une fois l’évènement terminé, eux-mêmes ne savent pas encore ce qu’ils vont faire de leur temps libre par la suite. «Je n’avais pas d’engagement avant de me lancer là -dedans, donc pour moi cette expérience avec euforia est une ouverture vers d’autres causes», annonce Deborah. Tandis que d’autres réfléchissent déjà  à  organiser «imp!act» de nouveau: «j’aimerais bien exporter le concept au Portugal, mon pays d’origine», confie Melisa.

 

Sortir des chemins traditionnels

Au final, quelles motivations fédèrent ces jeunes bénévoles autour de l’évènement d’euforia? Ils sont là  pour apprendre à  d’autres comment organiser des événements et parler en public. Mais ce n’est pas la raison principale. «Dans notre société, nous sommes habitués à  avoir un chemin bien tracé: aller à  l’école et puis trouver du travail, explique Arben, 22 ans, étudiant tessinois en psychologie. Peu de personnes prennent l’initiative de réellement créer quelque chose. Les jeunes devraient apprendre à  canaliser leurs forces et leurs passions pour monter un projet.» Deborah va plus loin: «c’est pour donner la possibilité aux jeunes de voir ce qu’ils sont vraiment capables de faire».

 

D’ici à  fin novembre, cinq «imp!act» seront encore organisés, à  Berne, Zurich, Saint-Gall, Bâle et même Paris. Au total, ce sont une cinquantaine de bénévoles qui s’investissent pour dispenser aux jeunes ces formations euphorisantes.

 

 


L’info en +

euforia est une organisation à  but non-lucratif fondée en 2007 à  Genève. Elle a pour but de soutenir les jeunes pour qu’ils puissent agir localement sur de grands défis comme le changement climatique, le gaspillage des ressources, le racisme ou les inégalités sociales. Plus d’informations: www.euforia.org/impact