Culture | 18.10.2014

«Les espaces d’exposition coûtent plus cher en Suisse qu’à  Paris»

Texte de Helen Berih | Photos de Helen Berih
Le Swiss Fantasy Show est un vivier de créateurs. Tink.ch y a rencontré Raphael Dubesset, artiste suisse aux multiples talents et auteur de l'affiche de la convention. As aussi bien des pinceaux que de l'art numérique, le jeune peintre s'est laissé saisir en plein travail, souriant et passionné.
Raphael Dubesset: «Les Suisses sont plutôt consommateurs d'art traditionnel, contrairement aux Américains plus friands d'art moderne.»
Photo: Helen Berih

Le Swiss Fantasy Show est à  la croisée des chemins entre science-fiction et fantastique. Certains l’apprécient par la littérature, d’autres le vivent par le déguisement et quelques adeptes s’évadent via le septième art. Raphael Dubesset, lui, a choisi la peinture.

 

L’affiche de la convention porte son empreinte. Le poster pourrait s’intégrer tout aussi facilement dans une galerie  ou encore sur les murs d’un appartement. Une contre-plongée sombre et envoûtante, créative et discrète, mais avec du caractère. Derrière ces coups de pinceaux, Raphael Dubesset, trente ans, concepteur multimédia de formation, né en Floride. L’homme se dit passionné de science-fiction, de bandes dessinées et de cinéma, une source d’inspiration parmi tant d’autres. Et l’éclectisme est pour lui une ligne directrice. «J’ai un style varié», confirme-t-il. Une envie d’être transgénérationnel? Durant la manifestation, ses coups de pinceaux, imperturbés par l’agitation extérieure, donnent vie à  un portrait. Il s’agit du personnage de Teal’c de la fameuse série Stargate SG-1, interprété par Christopher Judge. En fin de convention, l’acteur présent a même dédicacé l’Š«uvre.

 

«Durant ce week-end, je viens avant tout montrer ce que je fais», avoue le peintre avec sa passion communicative. Depuis environ une année, il vit de son art. Comment fait-il sa promotion? «Je n’ai pas fait de publicité directement, mais mon travail a reçu un écho par le biais de ONYX [un groupe de rap américain, ndlr]. L’un des membres a découvert mes Š«uvres via Internet et une commande a suivi.» Le bouche-à -oreille a fait le reste. Raphael Dubesset a par la suite réalisé l’affiche du groupe ainsi que la collection visuelle pour leur vingt ans d’existence. «Mais la plupart du temps, nous devons démarcher pour susciter l’intérêt, regrette le jeune peintre. Les médias devraient se diversifier et s’intéresser à  l’art local et novateur.»

 

Raphael Dubesset regrette d’ailleurs qu’en Suisse, l’art semble si discret, voire même confidentiel. Le manque d’intérêt et d’opportunité mène à  l’expatriation de certains artistes. «Le talent helvétique est peu connu», déplore le jeune artiste, présent sur Facebook, Instagram et Twitter. Lui a fait le chemin inverse. Français par son père et suisse par sa mère, l’artiste a vécu aux Etats-Unis jusqu’à  l’âge de huit ans pour ensuite s’installer en Suisse. Il a fait ses débuts à  l’âge de cinq au côté de son père, peintre. L’art est bel et bien dans les gènes dans la famille! Il gravite depuis tout jeune dans le domaine artistique, tant dans l’art dit pictural que digital.

 

Auprès des artistes, les terres helvétiques sont-elles dissuasives? «En Suisse, les espaces d’exposition coûtent chers, plus que les Champs-Élysées!». Un second problème semble s’y ajouter: «les Suisses sont plutôt consommateurs d’art traditionnel, contrairement aux Américains plus friands d’art moderne.» Raphael Dubesset a tout de même exposé pour la première fois en 2013 à  Lausanne, à  l’Espace des Télégraphes au Flon. Une prochaine exposition en Suisse? «Peut-être à  Zurich pour la modernité, ou à  Genève, c’est une ville avec du passage», conclut l’artiste multifacettes.