31.10.2014

Almir Narayamoga, héros de la forêt

Texte de Raphael Fleury | Photos de © Ivan kashinsky .
Le chef de la tribu des Surui d'Amazonie du Brésil a tenu une conférence mercredi 29 octobre à  Neuchâtel, au collège des Terreaux. Retour sur l'événement.
Le chef des Surui, Almir Narayamoga.
Photo: © Ivan kashinsky .

Le chef des Surui est une personnalité atypique. L’homme d’un peu plus de quarante ans mène depuis longtemps un combat pour la préservation de la forêt amazonienne. Le lauréat du prix des Droits de l’Homme en 2008 et du prix « Héros de la Forêt » décerné par l’ONU en 2013 n’a pas manqué de recevoir des menaces de mort. La lutte qu’il mène est celle de David contre Goliath, mais Almir Narayamoga ne se décourage pas et a remporté déjà  des succès.

 

C’est dans le cadre d’une conférence organisée par l’association Aquaverde et la Web TV EcoAstro TV, et avec la collaboration des Verts du Littoral qu’Almir Narayamoga, chef des Surui, s’est exprimé face à  un public nombreux. Lequel n’a pas manqué de manifester son intérêt. En effet, les questions ont fusé après la conférence.

 

Reforestation

La déforestation de la forêt amazonienne est un problème mondialement connu. « On déforeste pour, par exemple, cultiver du soja qui sera consommé en Occident. », a expliqué Almir. Pour résoudre ce problème, la reforestation est l’une des solutions. Ainsi, ce sont déjà  quelques deux cent mille arbres que les Surui ont replantés, sur un total prévu d’un million d’arbres. A cette fin, Aquaverde s’évertue à  aider le peuple Surui. « Ce peuple, affirme l’association, est l’un des plus engagés aujourd’hui dans la sauvegarde de la forêt amazonienne et des cultures indigènes. Il est un exemple pour les autres peuples amazoniens. »

 

Hécatombe

Longtemps, le peuple des Surui a vécu en autarcie. « Cela fait moins d’un demi-siècle que nous sommes en contact avec l’Occident, a confié le chef des Surui, et notre population est passée de cinq mille individus à  deux cent cinquante individus. Une véritable hécatombe dont sont responsables essentiellement diverses épidémies apportées par ce contact. » Néanmoins, les Surui continuent à  lutter pour la forêt, pour leur culture et pour leurs droits, et ce malgré les fortes pressions exercées sur eux par différents lobbies.

 

Une université indigène

Les Surui ont bien des projets. Si la reforestation est évidemment un élément central, il n’est pas le seul. L’éducation est elle aussi primordiale. Les Surui d’aujourd’hui, d’ailleurs, sont branchés : ils utilisent des ordinateurs, outils précieux. Et Almir Narayamoga a confié qu’il souhaiterait voir naître une université indigène, ce qui donnerait à  son peuple d’autant plus d’indépendance.

 

Almir Narayamoga a su captiver son auditoire grâce à  son discours touchant et engagé, renforcé par une voix calme, sûre et posée. Sans doute aura-t-il marqué les esprits à  Neuchâtel, et, espérons-le, au-delà  également.